Les concepts de street-vending se multiplient

Street-vending Lecointre, Vélissime, Eaty... Depuis trois ans, la restauration nomade se développe en France. Et outre-Atlantique les restaurateurs traditionnels se convertissent de plus en plus au commerce dans la rue.

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A Paris, Vélissime a déjà déployé une douzaine de vélos-cantines comme celle-ci en quelques mois. © Vélissime

En France, la restauration rapide est un business florissant. Selon Gira food, le chiffre d'affaires généré par cette activité aurait été de 31,2 milliards d'euros en 2010, en progression de 60% depuis six ans. De quoi convaincre les grandes enseignes et les entrepreneurs d'affuter leurs armes pour séduire le consommateur. Et à ce petit jeu, le street-vending pourrait bien se tailler la part du lion. Depuis trois ans, on assiste au retour de ces commerces ambulants, qui se multiplient pour proposer des alternatives aux travailleurs en quête d'un déjeuner sain, équilibré et abordable.

Les premiers à dégainer furent des marchands de café à emporter. Dès 2008, Lecointre et Alto Café ont décroché des autorisations pour installer des points de ventes ambulants dans des quartiers de bureaux. D'abord timide, le succès s'est amplifié. Et au fil des mois, cadres pressés, hommes d'affaires et étudiants se sont habitués à avaler un café sur leur chemin. Aujourd'hui Lecointre compte plus de 30 points de vente et dépasse le million d'euros de chiffre d'affaires. Alto Café, bénéficiaire dès 2009, se lance pour sa part en franchise. Des restaurateurs nomades ont ensuite fait leur apparition, à l'instar de Vélissime. Cette jeune entreprise francilienne sert en triporteur des repas "faits-maisons" à des salariés d'entreprises qui ne disposent pas de cantine avec sa douzaine de vélos-cantines. A Rennes, Eaty propose le même concept. Ses trois triporteurs s'installent tous les jours sur les parkings des zones d'activité et vend sandwiches, salades, plats et desserts aux employés de bureau.

Au premier abord, tout le monde y gagne. Pour les entrepreneurs, ne pas payer de loyer allège considérablement la facture. Plus la peine non plus de se battre pour obtenir à prix d'or les meilleurs emplacements, il suffit de déterminer son stationnement le plus finement. Et puis ces restaurateurs nomades peuvent décider de déplacer leurs centres de profits du jour au lendemain sans se faire trop de soucis. Pour les consommateurs, c'est la facilité. Ce n'est pas lui qui va au restaurant, c'est le restaurant qui va à lui. En revanche, commerçants et restaurateurs traditionnels ont des raisons de faire la tête, surtout quand un chariot se plante devant chez eux.

" A Washington, Fojol Bros of Merlindia sert des spécialités indiennes et à Los Angeles, Nom Nom Truck, des plats coréens."

Mais peut-être suivront-ils un jour la dernière mode aux Etats-Unis ? Outre-Atlantique, le street-vending est banal. Mais depuis quelques mois, on voit de plus en plus de restaurants qui ont pignon sur rue descendre dans la rue avec des foodtrucks, des camionnettes ambulantes en somme. Ainsi à New-York, Van Leeuwen vend des crèmes glacées à différent endroit de Soho. Un autre établissement, Dessert Truck, se déplace dans les quartiers les plus fréquentés pour écouler ses desserts. Même le triple étoilé Alain Ducasse a pris la route le temps d'une journée à Manhattan ! Le concept s'est répandu à travers tout le pays et étendu à toute forme de gastronomie. A Seattle, Skillet sert du canard braisé à la coriandre. A San Francisco, c'est la cuisine française que met à l'honneur le camion de Spencer on the Go ! : au menu, cuisses de grenouilles et salade de homard. A emporter bien sûr. A Washington, Fojol Bros of Merlindia sert des spécialités indiennes et à Los Angeles, Nom Nom Truck, des plats coréens. Autant de déclinaisons qui pourraient bientôt voir le jour dans nos rues. En attendant la création d'un prix récompensant la meilleure idée et le meilleur cuistot, à l'instar des Vendy Awards, un trophée dédié aux vendeurs de rues, qui existe depuis 2005 outre-Atlantique.