Confidentiel : Karos offre le covoiturage aux clients Navigo pendant l'été

La start-up française entend promouvoir les trajets multimodaux et son offre de covoiturage de courte-distance auprès des usagers franciliens de transports en commun.

Les travaux d'été du RER ne seront pas forcément synonymes de galère pour les Franciliens. De début juillet à fin août, Karos expérimente l'intégration de son réseau de covoiturage de courte distance dans l'offre de transport du passe Navigo. Objectif : faire tester aux usagers les trajets multimodaux sans surcoût et ainsi les pousser à prendre le réflexe du transport partagé. "Entre les travaux d'entretien du réseau ferré, les fermetures de certains tronçons sur les RER A et C et sur le Tram 2, et l'entrée en vigueur de l'interdiction des véhicules datant d'avant 1997 dans Paris, c'est le moment idéal pour montrer aux usagers, mais aussi au Syndicat des Transports d'Ile-de-France (STIF), que le covoiturage fait partie de l'avenir du transport en commun", affirme Olivier Binet, cofondateur et PDG de Karos.

""Nous ne savons pas combien cela nous coûtera et nous ne nous sommes pas fixé d'objectif"

La start-up prendra donc à sa charge la totalité de ce que devrait verser les passagers, soit 10 centimes d'euros par kilomètre parcouru, avec des parcours en moyenne de 22 kilomètres, c'est-à-dire 2,20 euros par usager. Un chiffre qu'il faudra multiplier par le nombre de voyageurs qui se laisseront séduire, mais pas de quoi effrayer le jeune entrepreneur : "Nous ne savons pas combien cela nous coûtera et nous ne nous sommes pas fixé d'objectif. Ce serait de toute façon très difficile car aucune agglomération dans le monde ne l'a fait, il n'y a donc aucun retour d'expérience. Mais plus cela nous coûtera, plus ce sera bon signe pour l'avenir du court-voiturage."

"Nous imaginons qu'à l'avenir le coût du covoiturage pourra être couvert par la vente additionnelle de forfaits"

Grâce à cette expérimentation menée en partenariat avec le STIF, Karos entend ouvrir la voie à la démocratisation du covoiturage de courte-distance et se positionner sur ce marché selon elle en devenir : "Le but de cette expérimentation est de susciter le débat et de pousser les autorités et le STIF à imaginer de nouvelles solutions. Nous relions les habitants des zones blanches aux transports en commun, qu'ils ne pouvaient pas prendre jusqu'à maintenant. Cela élargit la zone de chalandise du STIF et nous imaginons qu'à l'avenir le coût du covoiturage pourra être couvert par la vente additionnelle de forfaits, sachant qu'une voiture partagée coûte 3 à 5 fois moins cher qu'un bus en kilomètre passager", explique Olivier Binet.

Fort de ces arguments, le cofondateur de Karos se montre confiant quant à l'avenir du court-voiturage : "Le STIF est ravi à l'idée de désengorger ses transports. Nous avons bon espoir qu'à l'avenir il finance ce genre d'initiative sur certains axes, voire à termes, sur tout son réseau. Il faudra alors faire face à la concurrence mais nous sommes prêts."

 

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