Ross Douglas (Autonomy) "J'ai voulu créer un évènement qui rassemble les acteurs des mobilités"

Le fondateur de ce salon de la mobilité urbaine explique pourquoi les villes et les entreprises doivent collaborer entre elles.

Le salon Autonomy, dont le JDN est partenaire, se tiendra du 19 au 21 octobre dans la grande halle de La Villette à Paris. Cet évènement dédié à la mobilité urbaine est l'occasion pour les entreprises et les décideurs des villes de discuter du futur des transports via des tables rondes, keynotes et ateliers.

JDN. C'est la deuxième édition d'Autonomy, qu'y aura-t-il de de différent par rapport à la première ? 

L'entrepreneur sud-africain Ross Douglas a lancé Autonomy à Paris en 2016. © Autonomy

Ross Douglas. Nous avons mis l'accent sur le B2B et le B2G (business to government, ndlr), avec la présence de plus de 40 villes cette année. Il y a une forte demande de leur part car elles ont besoin de trouver de nouvelles solutions de mobilité. Elles sont habituées aux infrastructures de transport traditionnelles, mais réalisent désormais qu'elles peuvent utiliser des vélos ou véhicules partagés pour remplir la même mission sans avoir à investir autant.

Les nouvelles mobilités font déjà l'objet de discussions lors de conférences plus générales sur les transports ou l'automobile, pourquoi avez-vous jugé nécessaire de créer un événement dédié ?

Lorsque j'ai commencé à m'intéresser à ce secteur, j'ai regardé ce qu'il se faisait au sein des salons automobiles et ailleurs. Ce qui était clair, c'est que les mobilités sont un phénomène urbain. Les salons auto sont bons pour ramener des politiciens nationaux, mais n'ont aucune relation avec les villes. Elles ne se rendent pas dans ces salons car elles détestent la congestion et la pollution qu'apportent les voitures. Je suis allé en septembre au salon automobile de Francfort, où il y avait une section dédiée aux nouvelles mobilités. Aucune ville n'était représentée à part Francfort. Les collectivités cherchent des solutions multimodales. Il faut une diversité de mobilités, y compris les voitures. J'ai voulu créer un évènement qui rassemble tous les acteurs de cet écosystème qui proposent des manières de se déplacer alternatives à la voiture individuelle et au moteur thermique. Ils ont besoin de se parler, car ils ont un projet commun.

Quel rôle joueront les villes dans ce nouvel écosystème qui se structure autour d'elles ?

On voit que depuis quatre ou cinq ans, les villes ont acquis un énorme contrôle et se sont réapproprié leurs rues. Elles ont le pouvoir de prendre de lourdes décisions, comme lorsque l'autorité des transports londonienne retire sa licence à Uber. C'est une entreprise qui vaut 70 milliards de dollars, et Londres leur a dit 'non'. De nombreuses villes veulent bannir les véhicules au diesel, ce qui était impensable il y a cinq ans. Même en France et en Allemagne, où l'on fabrique des véhicules au diesel. Les villes prennent des décisions sans tenir compte des intérêts nationaux. Elles deviennent puissantes et indépendantes.

Quelles grandes tendances voyez-vous se dessiner dans les mobilités cette année ?

L'un des gros mouvements se passe en Chine, avec des entreprises qui développent des ambitions internationales. Elles se développent incroyablement vite, en particulier dans la mobilité partagée, qu'il s'agisse de vélos, scooters ou de véhicules électriques. Nous avons cinq de ces entreprises à Autonomy, et beaucoup d'autres nous ont déjà contacté pour venir l'année prochaine. C'était difficile d'imaginer des villes européennes intéressées par un service chinois il y a quelques années. Il est aussi intéressant de voir les constructeurs auto se placer très rapidement sur les nouvelles mobilités en lançant leurs propres services. L'Hyperloop, qui pourrait tout changer, est en train de se structurer avec quatre entreprises concurrentes, dont Hyperloop Transportation Technologies, qui sera présente à Autonomy. Il y a aussi bien sûr le véhicule autonome. Le secteur avance vite, mais pas les régulateurs. Laisser le secteur privé faire ce qu'il veut pourrait entraîner d'énormes problèmes de congestion dans les villes car les véhicules autonomes rouleront en permanence. Il y a de nombreuses réflexions et négociations à mener.

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