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LA TRIBUNE DE JEAN-PIERRE CHAMPION
L'AUTEUR
JEAN-PIERRE CHAMPIONPrésident Directeur Général, The Phone House MEME THEME
Le projet de loi Olivennes : un marché de dupes ?
Le rapport Olivennes avait deux objectifs : "désinciter l'offre illégale" et "inciter au développement de l'offre légale sur internet". La loi Création et Internet permet d'atteindre le premier, tandis que de simples promesses servent le second.
(27/10/2008), modifié le 27/10/2008
Le rapport de la mission Olivennes, qui a servi de base à l'élaboration de la future loi "Création et internet", recommandait aux pouvoirs publics d'avancer simultanément dans deux directions :
- "Inciter au développement de l'offre légale sur internet"
- "Désinciter l'offre illégale"
Rien en effet dans les articles de la future loi sur la facilitation des offres légales mais tout ou presque sur la "désincitation"... avec force détails sur la composition et les pouvoirs de sanction de la Haute Autorité pour le développement des oeuvres et la protection des droits sur internet, la déjà célèbre Hadopi.
Depuis la publication du projet de loi, le débat se focalise sur la conformité du dispositif de sanctions proposé avec les principes généraux de notre droit. Rien ou presque en revanche sur le déséquilibre de la réforme et le renoncement aux objectifs de départ.
Pourtant, le Président de la République, Nicolas Sarkozy, en recevant le rapport de la mission Olivennes le 23 novembre dernier, avait lui-même insisté sur la nécessaire réciprocité des mesures et promis la fin des brimades imposées aux acheteurs de musique numérique: "Fini, les musiques achetées sur une plateforme A et qu'on n'arrive pas à lire sur un lecteur B ou sur son téléphone portable, alors qu'on pouvait le faire sans problème pour un fichier piraté (ce qui est quand même le comble)..."
Réciprocité sans doute mais pas dans la loi : d'un côté, de simples promesses de démantèlement des freins techniques au développement de l'offre de musique légale - les fameux DRM - (ou, du côté du cinéma, un "engagement à entamer rapidement des négociations") et de l'autre, des mesures répressives très précises, inscrites dès cette année dans le marbre de la loi.
Pourquoi un tel déséquilibre ? Et comment croire à la concrétisation des promesses des majors de la musique dont certains dirigeants continuent aujourd'hui à proclamer haut et fort, leur hostilité à tout démantèlement des DRM ?
Pourquoi ne pas garantir dans la loi, au nom du respect des intérêts du consommateur, l'interdiction de "tous les verrous techniques qui empêchent de copier et de transporter la musique achetée légalement", comme le demandait haut et fort le Président de la République.
Car oui, il y a de la place pour un vrai développement d'une offre de musique légale sur les nouveaux canaux de distribution numérique mais à condition qu'on n'entasse pas les obstacles sous les pieds des consommateurs. A condition qu'on puisse acheter en ligne de la musique à télécharger avec la même liberté d'usage que si l'on achetait un CD !
A défaut, ce serait une nouvelle occasion ratée dans une histoire déjà longue ...
ESPACE AUTEUR
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Le projet de loi Olivennes : un marché de dupes ?
(jacques)Je laisse volontiers Jean-Pierre Champion apprécier selon ses convictions le déséquilibre entre les deux objectifs du projet de loi Olivennes. J'aimerais cependant que l'on m'explique pourquoi il semble nécessaire de légiférer sur des incitations à faire respecter la loi. Si copier illégalement une oeuvre quelconque est un délit, les sanctions existent déjà dans notre droit et il suffit (ou il faut avoir le courage) de les faire appliquer. Il me semble également malsain d'entretenir l'idée que copier illégalement une oeuvre numérique serait moins grave ou plus acceptable que de voler une montre ou une voiture, au prétexte qu'il s'agit d'une chose immatérielle ("qui vole un oeuf vole un boeuf" dit le dicton populaire). Les grandes disparités qui existent entre pays dans le taux de piratage d'oeuvres numériques montre qu'il s'agit davantage de questions d'éducation ou de faits culturels que de questions juridiques. "Marché de dupes" dites-vous ? mais alors le respect du droit se marchande donc dans notre belle démocratie ? (04/11/2008)