Entrepreneurs : trouvez votre "mentor"

La Chambre de commerce et d'industrie de Paris vient de lancer l'Institut du mentorat entrepreneurial, à partir d'une pratique québécoise. Le point sur ce dispositif à destination des PME à forte croissance.

"Lorsqu'on est dirigeant, on est souvent seul face à ses questions", observe Michel Valache, directeur de Veolia Propreté Ile-de-France et mentor à ses heures perdues au sein de l'Institut du mentorat entrepreneurial, lancé le 15 avril par la Chambre de commerce et d'industrie de Paris (CCIP). Dans le cadre de ses services aux entrepreneurs, la Chambre de commerce a souhaité s'adresser aux PME à forte croissance afin de les aider à se développer. Comment ? En profitant de l'expérience et des conseils d'un professionnel aguerri.

 

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Michel Valache, directeur régional de Veolia Propreté © E. Garault / CCIP

Qui peut intégrer le programme ?

Pour postuler au rang des mentorés de l'Institut, il faut remplir certains critères : être propriétaire ou actionnaire significatif d'une entreprise, connaître une croissance importante de son chiffre d'affaires, compter entre 10 et 250 salariés et avoir un réel potentiel de développement.

Munis de leur CV, de leurs deux derniers bilans, d'une présentation de leur projet de développement, les candidats suivent un processus de sélection sur entretien et dossier. La dizaine d'entreprises élues rencontre ensuite le groupe de mentors. Les binômes se forment par affinités ou centres d'intérêt. Michel Valache soutient pour sa part La ronde des crèches, société de création et de gestion de crèches pour les entreprises et les collectivités.  "Mon travail avec le secteur public m'amène à remarquer des manques dans les services aux habitants, notamment pour les familles. Cette entreprise y apporte une réponse sensée et originale. Je peux, de plus, lui apporter mon expérience et ma connaissance des collectivités locales."

 

Le principe

Une fois les groupes formés, les entreprises ont 18 mois pour tirer bénéfice de cette relation de proximité. Les rencontres programmées par l'Institut, une demi-journée par mois, assurent un cadre formalisé. Mais la première promotion compte s'émanciper de ce cadre. "L'état d'esprit dans lequel se se construit cette relation prévoit que le mentoré puisse appeler son mentor quand il en a envie pour demander un conseil",  précise Michel Valache.

La frontière que les mentors s'interdisent de franchir : interférer dans la gestion de l'entreprise. Leur rôle ne concerne pas la prise de décision qui reste à l'entière responsabilité du dirigeant. "Je ne dois pas rentrer dans son business afin de garder un peu de hauteur. Je suis là pour lui faire profiter des recettes acquises par l'expérience. C'est de la transmission de savoir", explique Michel Valache.

 

La relation mentor / mentoré

Suivre une jeune pousse pendant un an et demi, cela demande du temps et de la disponibilité. L'échange est pourtant gagnant-gagnant, aux dires de Michel Valache. "On se fabrique avec des rencontres. La présidente de l'entreprise que je mentore va me renvoyer une bouffée d'air frais par son questionnement. Et puis, j'ai toujours été admiratif des gens qui montent leur boîte", avoue-t-il.

Et à la fin du dispositif, de belles relations entrepreneuriales peuvent s'être nouées. Michel Valache le concède : "si le mentorat a bien fonctionné, je ne pourrai pas me désintéresser de cette entreprise."

 

 En savoir plus : CCIP

 

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