Le coworking, la coloc des travailleurs indépendants

Le coworking, la coloc des travailleurs indépendants Dans les grandes villes françaises, de nouveaux espaces proposent des bureaux à louer aux freelances, entrepreneurs et télétravailleurs.

 

"Depuis que suis coworker, j'ai tous les avantages du travail de bureau... sans les inconvénients." Développeur web en freelance, Sylvain Gourvil, 30 ans, se réjouit de sa nouvelle organisation de travail. Après 8 mois de travail à domicile, il découvre le Lawomatic, un "coworking space". Depuis, il loue chaque mois 350 euros hors taxe l'un des 30 bureaux disponibles sur les deux étages du site du 10e arrondissement parisien. Il vient y chercher un environnement de travail distinct de son logement sans avoir à louer un bureau par l'intermédiaire d'un long bail. Ses voisins de bureaux sont architectes, journalistes ou éditeurs. Mais contrairement à une entreprise classique, aucun chef ne lui impose d'y mettre les pieds chaque jour.

"Notre objectif est de mutualiser les savoirs et les connaissances en facilitant les collaborations, les rencontres, les échanges"

Pionnière du coworking en France, La Cantine a ouvert ses portes à Paris dès février 2008. Elle propose elle aussi des bureaux à louer, mais la formule est un peu différente. La location se fait à la journée (10 euros) ou à la demi-journée (7 euros) et le lieu est destiné aux seuls professionnels des nouvelles technologies : consultants, graphistes, développeurs, créateurs de start-up... Contrairement au Lawomatic, on n'y laisse rarement ses affaires passer la nuit. Résultat : La Cantine brasse davantage de monde, accueille des coworkers réguliers et de passage et ambitionne de multiplier les coopérations. "Notre objectif est de mutualiser les savoirs et les connaissances en facilitant les collaborations, les rencontres, les échanges", explique Nathanaël Sorin-Richez, le responsable du lieu.

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La Cantine, à Paris. © Cécile Debise / JDN

Plus qu'une simple table et une imprimante, les coworkers cherchent un environnement de travail plus stimulant que le canapé de leur salon. "Alors que je n'ai pas d'esprit d'entreprise particulier, côtoyer d'autres travailleurs indépendants me motive énormément, je progresse beaucoup plus vite", souligne Sylvain Gourvil. Son activité elle-même en bénéficie : il décroche des contrats avec ses voisins graphistes, apprend des expériences des autres et ne reçoit plus ses clients dans un café.

La collaboration est encore plus évidente à La Cantine où tous les utilisateurs évoluent dans le secteur du numérique. "Récemment, l'une des coworkers a rencontré une difficulté technique sur un de ses projets, se souvient Nathanaël Sorin-Richez. J'ai sollicité un développeurs présent à ce moment-là : il a débloqué la situation en 5 minutes, là où elle aurait pu y passer 6 heures !"

Rompre l'isolement, partager les connaissances et faire fructifier ses affaires, les avantages du coworking séduisent de plus en plus. Des espaces se développent un peu partout en France. Le secteur des nouvelles technologies, précurseur et toujours prépondérant dans ces initiatives, dénombre déjà une petite vingtaine de lieux et commence à s'organiser. "Un réseau national permet à un coworker de La Cantine numérique de Rennes de passage à Paris de venir travailler chez nous", explique Nathanaël Sorin-Richez. Une même initiative se développe à l'échelon international, preuve que le coworking a déjà conquis un certain public. "Aujourd'hui, il serait difficile de faire demi-tour pour retourner travailler chez moi", conclut Sylvain Gourvil.