11 qualités que Google recherche chez ses candidats

Qualités des postulants chez Google Avez-vous le profil idéal pour être engagé dans cette société qui offre des conditions de travail rêvées à ses employés ?

Google reçoit entre 2,5 et 3,5 millions de candidatures par an. L'entreprise ne recrute que 4 000 personnes environ.

Laszlo Bock, vice-président chargé des RH, dirige cette procédure hyper sélective. Dans des interviews au  New York Times, à The Economist et à des étudiants sur Google+, le patron du recrutement révèle comment le géant de la recherche en ligne évalue ses candidats.

Nous avons passé au crible ces entretiens et avons découvert les caractéristiques les plus surprenantes. Les voici.

Google ne recherche pas des experts

"Nous préférons employer des gens intelligents et curieux, plutôt que des personnes très expérimentées dans un domaine ou un autre", déclare-t-il, tout en faisant remarquer que les individus qui ont de fortes capacités d'apprentissage parviennent généralement à trouver des réponses aux questions insolites. "Mais ceux qui ont exercé le même emploi toute leur vie reproduiront forcément ce qu'ils ont fait jusqu'ici."

Google recherche des gens à fort "potentiel cognitif"

"Si vous embauchez une personne brillante, curieuse et capable d'apprendre, elle sera plus susceptible de mettre au point une solution inédite pour le monde entier", explique Laszlo Bock sur Google+ Q&R. "Cette recherche d'esprits cognitifs vient du souhait de trouver des individus qui réinventeront leur façon de travailler plutôt que de reproduire ce que tout le monde fait. Nous recrutons les gens pour leurs aptitudes, leur capacité à apprendre de nouvelles choses et à les assimiler."

Google recherche des gens qui ont du cran

Pour le Times, Laszlo Bock a évoqué la fois où il a discuté avec un étudiant spécialisé en informatique et en mathématiques. Cet étudiant envisageait d'abandonner l'informatique, mais c'était trop compliqué.

"J'ai expliqué à cet étudiant qu'il valait bien mieux d'être un bon étudiant en informatique plutôt qu'un excellent étudiant en anglais", se souvient-il. Choisir l'informatique "indique de la rigueur dans votre réflexion et annonce un parcours plus stimulant. Cet étudiant sera l'un de nos stagiaires cet été."

Comme en témoigne l'essor des recherches sur l'éducation, la détermination – cette capacité à travailler dur malgré les difficultés professionnelles – est plus importante pour la réussite qu'un simple quotient intellectuel.

Google veut savoir si les candidats sont capables de s'atteler à des projets complexes

La société a fait parler d'elle parce qu'elle posait des questions épineuses, telles que "Quelles sont les probabilités de briser un bâton en trois morceaux pour obtenir un triangle ?" Mais il s'est avéré qu'elles n'étaient pas aussi utiles que ça et ont été abandonnées depuis.

Aujourd'hui, les entretiens chez Google comprennent des questions qui portent sur les expériences concrètes du candidat, et démarrent par des interrogations comme "Donnez-moi un exemple où vous avez résolu un problème d'analyse difficile."

"Nous ne transigeons jamais sur nos exigences"

D'après Bock, si l'on demande aux gens de parler de leurs propres expériences, on récolte deux types d'informations : "Vous constatez de quelle façon ils ont réellement interagi dans un vrai milieu professionnel et vous repérez ce que le candidat considère comme vraiment complexe."

Google souhaite des candidats qui ont des capacités analytiques

Bock assure que des compétences basiques en informatique sont suffisantes, puisqu'elles manifestent "votre capacité à comprendre et utiliser des informations" et à penser de façon formelle, logique et structurée. Mais il existe des alternatives à l'informatique. Bock affirme que ses cours de statistiques en école de commerce ont transformé sa carrière.

"S'entraîner à l'analyse vous apporte une compétence qui vous distingue de la plupart des gens présents sur le marché du travail", soutient-il.

Google s'attend à ce que les gens se conforment à des exigences extrêmement élevées

"Nous ne transigeons jamais sur nos exigences", déclare Laszlo Bock. C'est pour cette raison que, chez Google, le processus de recrutement dure plus longtemps que ce que vous pourriez imaginer : il leur faut tester de nombreux candidats avant de trouver le bon.

Mais Google ne s'intéresse pas aux bulletins de notes

Les bonnes notes ne sont pas forcément synonymes de réussite dans l'entreprise. "Les environnements académiques sont artificiels. Les personnes qui réussissent sont bien entraînées mais elles sont conditionnées pour réussir dans ce type d'environnement", affirme Bock.

Pendant leur scolarité, les gens sont habitués à donner des réponses spécifiques. Selon Laszlo Bock, "il est bien plus intéressant de résoudre des problèmes qui n'attendent pas de réponses évidentes. Nous recherchons des individus qui apprécient de découvrir des situations pour lesquelles il n'existe pas de solution manifeste."

Google veut savoir ce qu'ont réalisé les candidats par rapport à leurs pairs

Lorsque Laszlo Bock expliquait à Thomas Friedman du Times comment rédiger une candidature, il a fait remarquer que la plupart des postulants passaient à côté de la règle simple qui permet d'écrire des CV de qualité : "J'ai réalisé X, ce qui est lié à Y, en faisant Z." Laszlo Bock a cité en exemple qu'un grand nombre de gens écriraient simplement : "J'ai rédigé des articles pour le New York Times."

Mais un CV qui sort du lot correspondrait mieux à ce qu'ils ont réalisé et les positionnerait par rapport aux autres. Bock nous donne encore un meilleur exemple : "J'ai rédigé 50 articles comparés aux six de moyenne publiés par la plupart des auteurs, reflet d'une profonde implication dans ce milieu depuis trois ans."

"Le problème pour être un dirigeant efficace dans cet environnement, c'est qu'il faut accepter de renoncer au pouvoir."

Google recherche des employés qui savent quand passer la vitesse supérieure pour endosser un rôle de meneur

Bock ne s'intéresse pas aux dirigeants "classiques". Avez-vous pris un raccourci pour devenir président du club d'échecs ou vice-président chargé des ventes ? "On ne se soucie pas de ça", insiste-t-il.

"Ce qui nous intéresse, c'est de savoir si, en tant que membre d'une équipe qui rencontre un problème, vous intervenez et prenez les commandes. Ou, si dans une situation tout aussi critique, vous vous retirez et passez les rênes à quelqu'un d'autre. En effet, pour être un dirigeant efficace dans cet environnement, il faut accepter de renoncer au pouvoir."

Google veut des employés qui s'approprient des projets

Avoir le sens de la propriété vous rend responsable de l'aboutissement d'un projet et prêt à résoudre n'importe quel problème. Mais vous devez aussi faire profil bas lorsque les autres ont de meilleures idées. "Votre objectif, explique Bock, est de trouver une solution à plusieurs. J'ai participé et à présent je m'efface."

Google recherche également l'humilité

"L'humilité intellectuelle" est nécessaire pour réussir chez Google, affirme-t-il. "Sans humilité, l'apprentissage est impossible." C'est un problème courant parmi les individus cultivés, le niveau des écoles de commerce a tendance à se stabiliser.

D'après Laslo Bock, le succès peut devenir un obstacle parce qu'ayant connu la réussite, les employés de Google ne font que rarement l'expérience de la déconvenue. Ainsi, ils ne savent pas comment tirer les leçons de leurs échecs. Au lieu de saisir l'opportunité d'apprendre, ils rejettent la faute sur les autres.

"Au contraire, développe Laszlo Bock, ils commettent une erreur fondamentale d'attribution, à savoir que si un évènement positif se produit, c'est parce qu'ils sont des génies mais si un évènement négatif survient, c'est à cause d'un idiot ou parce qu'ils n'ont pas eu les ressources nécessaires ou que le marché a évolué... Ce que nous avons constaté, c'est que les personnes qui ont le plus de réussite ici, les gens que nous voulons embaucher, occuperont un poste difficile. Ils discuteront comme des forcenés. Ils défendront leur point de vue bec et ongles. Mais à ce moment-là vous direz : "Voici un fait nouveau", et ils répondront : "Ah, bien, cela change la donne; vous avez raison."

Article de Drake Baer. Traduction par Floriane Wittner, JDN
Voir l'article original : 11 Qualities Google Looks For In Job Candidates

 

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