Pour alimenter le leadership

Tout manager n'est pas leader. Si l'autorité qu'il détient est une condition nécessaire au développement de son leadership, elle ne suffit pas. Il doit s'appuyer sur deux autres aptitudes.

La majorité des observateurs reconnaît que leadership et management ne recouvrent pas la même réalité. Si le management fait davantage appel au savoir et au savoir faire du manager, le leadership le renvoie explicitement à son savoir être et à sa capacité d'être, dans la tourmente, le phare auquel l'on se réfère pour ne pas perdre de vue la vision de l'organisation.

Pour le manager, soucieux de bien développer et entretenir son leadership, il est possible de tirer profit d'un éventail de sources différentes pouvant influer sur l'intensité de son leadership. Encore faut-il qu'il sache non seulement les identifier mais aussi les utiliser et les intégrer en un tout cohérent. Ces sources sont les suivantes : le pouvoir qui lui est imparti, la puissance que sa situation génère et la persuasion dont il peut faire montre dans son action au quotidien.

Le pouvoir imparti

Cette première source pourraît être qualifiée de nécessaire mais non suffisante pour l'exercice d'un véritable leadership ! Elle est particulièrement alimentée par le rôle d'autorité que lui confère le poste occupé. C'est la source la plus évidente aux yeux de tout manager mais qui, en même temps, ne dépend pas de lui. L'autorité qui lui est donnée est reliée à la fonction et ne dépend pas de l'individu mais de la place relative qu'occupe le poste dans la structure hiérarchique. Ce poste recouvre une fonction dans la mise en œuvre de la mission de l'entreprise et c'est à cet égard que l'autorité est déléguée.

Cette source est généralement bien exploitée par tout bon manager mais un leader ne saurait s'en contenter. Se faisant, il se retrouverait strictement cantonné dans un rôle bien déterminé, avec des règles précises, des processus et des procédures explicites, dans un univers rassurant certes mais qui le placerait en équilibre stable, donc vulnérable, dans l'environnement turbulent qu'est le management actuel.  

La puissance générée
Cette seconde source fait déjà appel à plus de flexibilité. Elle est alimentée à la fois par les habiletés politiques que tout bon manager se doit de développer mais aussi par les valeurs qui le portent et portent son organisation. On entre ici, contrairement à la source précédente, dans un univers où il y a place à l'improvisation. L'habileté du manager y trouve toute la latitude à s'exercer. Dans cet univers, les règles sont peu écrites, lorsqu'elles le sont ! Leur utilisation dépend beaucoup de l'expérience du manager et de sa plus ou moins grande facilité à mettre à profit son sens politique.

Cette source vient atténuer l'effet limitatif du pouvoir et lui donner plus de couleurs. Elle fait tranquillement passer le manager du management au leadership. Elle lui permet d'avoir une plus grande palette dans son jeu et une plus grande capacité à se sortir de l'équilibre stable du pouvoir pour entrer dans l'équilibre instable de la gestion en période de turbulence. 

La persuasion démontrée
Le manager qui peut compter sur cette source se retrouve en forte position pour exercer un véritable leadership. Cette source s'alimente à la vision que le manager a su développer tout en favorisant sa mise en œuvre auprès de ses employés. En effet, la capacité de persuader, au-delà du rôle qu'il détient et de l'influence qu'il peut posséder, amène le manager à disposer d'un véritable arsenal pour laisser, au sein de son organisation, une véritable marque de son passage. Dans ces conditions, l'incertitude ambiante ne représente plus un obstacle mais une opportunité pour être celui par qui le changement arrive, pour être le phare auquel on se réfère en mer agitée, et pour être celui auprès duquel on peut trouver une certaine sécurité.

La capacité de persuader, qui provient de la possibilité de séduire à partir d'une vision mobilisatrice, permet au manager de s'élever au-dessus des contraintes inhérentes au pouvoir, d'enrichir l'influence qu'il détient et de faire ainsi de l'équilibre instable un état qui offre une large marge de manœuvre, plutôt qu'une situation déstabilisante.

Conclusion
Management et leadership ne vont pas nécessairement de pair ! Mais il est de plus en plus souhaitable qu'ils se complètent. Les organisations, dans la turbulence actuelle, ont de plus en plus besoin de ces managers, capables par leur vision et leur sens politique, d'échapper à l'utilisation étroite du pouvoir et ainsi mobiliser les individus non seulement à se dépasser mais à les amener à percevoir la période d'incertitude actuelle comme une vaste opportunité. L'apprivoisement de ces trois sources distinctes permet au manager d'exercer un véritable leadership au sein de leur équipe et, partant de là, d'être mieux à même de la conduire là où il souhaite l'amener.

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