La « Domenechose » témoigne d’une dégradation du middle management

L'échec de l'équipe de France à la Coupe du monde de football est symptomatique des erreurs de management. Ses enseignements sont utiles pour le monde de l'entreprise.

Est-ce que, grâce à cette Coupe du Monde en Afrique du Sud, nous ne venons pas d’effectuer une découverte médicale majeure permettant de résoudre la plupart des problèmes de management dans nos entreprises ? En effet, est ce que  le syndrome Domenech ou « Domenechose » n'est pas en fait le mal principal de notre management français ? Est-ce que les salariés ne sont pas des Anelka en puissance, les syndicalistes des Patrice Evra qui tentent de faire changer les choses ?
Grâce à la Fédération Française de Football qui a mené pendant 4 ans cette expérimentation Domenech II, nous sommes en mesure de mettre a plat les particularités du management infecté par la « Domenechose ».

Les signes annonciateurs de cette maladie
1. Une accession au poste sans vague, avec opportunisme et sans justification « objective » et qui ne laisse ni chaud ni froid. Les premiers symptômes peuvent rapidement être identifiés. En effet, le manager contaminé arrive à prendre un poste clé à forte dominante managériale sans pour autant avoir dans son palmarès suffisamment d'éléments qui permettent de dire si oui ou non cette homme est légitime à son poste. On analyse son parcours et on voit sa présence dans le système depuis longtemps, on voit un top management qui pilote la structure et avec qui il entretient de bonnes relations. Il n'a jamais fait de vague et l'accession à son poste est un véritable compromis mou. On le positionne plus pour gérer que manager.
2. Des premiers actes managériaux qui n'en sont pas : la non-décision comme mode de management.
3. L'utilisation des résultats issus de l'ancienne dynamique du groupe comme justificatif de sa compétence et la demande d'une confiance sans faille. Là commence la prise en otage du top management 
4. Faute d'avoir construit son autorité, il use de ses capacités à communiquer. On remarque rapidement qu'il maitrise des circuits de décision et de communication.
 
Les actes managériaux spécifiques
5. Un management qui confond pouvoir et autorité : une application « bête et méchante » des grands principes managériaux sans les avoir compris, digérés et adaptés à sa personnalité et son nouvel environnement. Ce symptôme pose le problème de l'évaluation des compétences intrinsèques d'une personne à occuper une fonction managériale. Il pose également le problème de la formation et du développement personnel des managers qui s'ils se retrouvent mal encadrés appliquent par mimétisme et artificiellement des pratiques qui ne leur correspondent pas.
6. Une prise en otage de la hiérarchie qui se trouve en partie affectée par le syndrome Domenech. En effet, La « Domenechose » dans le cas présent, est comme la fameuse blague de l'automobiliste qui entend a la radio qu'une voiture roule à contre sens sur l'autoroute et qui dit « mais ils se trompent à la radio, ils sont tous à contre sens ». Le top management est alors contaminé et n'a plus aucun levier, il est hors jeu ! Privé des réalités du terrain, le top management fait preuve de solidarité et se convainc que, de toute façon, il y aura bien un lendemain.
7. Un management par injonction paradoxale qui permet de mieux casser le groupe. Commence alors la phase d'isolement et de mise sous pression de ses équipes en montrant bien que le top management le soutient et que malgré les résultats chiffrés, ce sont les chiffres qui se trompent. Les membres de son équipe, de son service, perdent leurs repères, leur système de valeurs. L'équipe oublie alors l'objectif opérationnel commun.
8. Apparait alors la résignation des cadres du même niveau qui laisse faire car ils constatent (même si c'est incohérent) que ni le top ni le down ne bouge. De mon point de vue, ils sont également responsables car ils oublient leurs propres valeurs collectives.
 
Les capacités de rebond
9. Avant même d'imaginer réussir sa mission, le manager atteint de « Domenechose » crée et prépare toutes les conditions de l'explication d'un potentiel échec. Sa préoccupation n'est pas la réussite mais seulement la survie. En parallèle, étant conscient de ses limites de compétences, le manager doit préparer « l'atterrissage ». Il provoque un ensemble d'événements pour expliquer que la cause de l'échec est un manque de chance.
10. Maitrise parfaite du « lacrymo-management ».  Il s'agit d'une tactique qui permet de mettre en place un écran de fumée lorsque les faits sont trop évidents pour simplement les contester et que sa place est en jeu.  Dans ce cas précis, si seule l'excuse du hasard ne suffit pas, il n'hésitera pas à sacrifier un ou des éléments de son équipe. Une des recettes consiste à utiliser l'isolement de son équipe pour la faire bouillir et exploser en plein vol (perte des valeurs).  
11. Absence d'éthique et d'amour propre, qui dans son cas, est une force. En effet, sans prise de conscience de ses actes, le manager avance sans se poser de question. De plus, plus il avance, moins son entourage pourra le « délégétimer ». Son manque totalement de conscience collective et son rôle sociétal est inexistant. Il ne mesure pas les conséquences en dehors de son cadre professionnel.
 
Si vous aussi vous avez identifié ce type de symptômes, il est temps de réagir. Il est temps de vous poser les bonnes questions. Il est temps de prendre conscience que l'entreprise n'est que relations humaines, que l'entreprise est là pour porter un projet collectif et que c'est ensemble, en se basant sur des valeurs d'humanité que le groupe portera ses dirigeants et leur entreprise.
Le management n'est pas une fin en soi.  La seule chose est que le management doit permettre d'emmener des Hommes ensemble vers un objectif commun.
Top management, définissez des stratégies long terme qui permettent à vos salariés de croire en votre projet et l'objectif commun !
• Middle manager, ne limitez pas votre apport à la gestion mais utilisez les leviers du dialogue social, construisez des relations seines avec vos équipes, portez les et avancez ensemble !
L'entreprise n'est pas en dehors de la société. Elle en est constituante. Les relations entre les hommes en sont sa principale richessee...

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