La fraude n’a rien d’inéluctable

Pour faire face à la fraude, les banques doivent dans le même compter sur le management et les équipe et mettre en place des procédures adaptées.

Les banques, dont le premier métier est de manipuler des actifs, sont des cibles de choix pour les réseaux internationaux de fraudeurs. Ces réseaux parviennent à faire embaucher des "taupes" qu’ils activeront au bon moment, lorsque leur cible sera vulnérable. Par exemple lors d’un pic d’activité, la veille d’un pont, lorsqu’un service est en  sous-effectif...

La prise de conscience :  première étape de la lutte anti-fraude
Le plus difficile pour tous est la prise de conscience : d'une part car on se croit toujours plus fort qu'on ne l'est vraiment, d'autre part car elle implique une remise en cause profonde. Les faits montrent que les fraudes les plus importantes sont internes ! C'est pourquoi l'audit externe est préférable pour identifier les pratiques frauduleuses conduites par des employés.

La clé d'une bonne lutte anti-fraude : capitaliser sur les équipes
Il va de soi que les processus et les outils doivent être sécurisés. Mais c'est principalement auprès des hommes que les efforts doivent se porter. Les agents sont les premiers et les derniers remparts contre la fraude. C'est par eux que peut survenir une fraude. Mais surtout, ce sont eux qui détecteront une bizarrerie. le "truc" qui cloche dans une procédure et qui alertera sur une possible fraude. Car les fraudes les plus difficiles à repérer sont celles qui ressemblent à une situation normale.

La méthodologie pour freiner les agissements des malveillants
La personne mal intentionnée doit être dissuadée par des règles strictes et appliquées relevant de l'organisation (séparation des pouvoirs, contrôles de second niveau...) et de l'informatique (automatisation, piste d'audit...).
Tous ces process évitent à la personne d'être tentée. Cette stratégie est complétée par une active communication sur les risques qu'elle encourt en cas d'écart à la règle. Et... par des sanctions réelles en cas de fautes détectées.

Un management approprié
L'immense majorité (99,99% !) des honnêtes gens doit quant à elle bénéficier de toute l'attention de son management. Les moyens ne manquent pas. Des actions permettent de rappeler les valeurs de l'entreprise, notamment collectives comme la solidarité des équipes, la proximité du management, la considération réciproque...
Des actions de communication sensibilisent le personnel sur le fait que les sommes engagées ne sont pas que des zéros alignés : les victimes sont bien réelles, l'impact d'une fraude interne est un séisme à l'échelle du service... Des outils sont créés et mis à disposition comme le code de déontologie, des guides de bonnes pratiques, la conduite à tenir en cas de fraude...
D'autres actions de management permettent d'échanger sur les mauvaises expériences et les bonnes pratiques pour assurer la montée en compétence des personnes en matière de lutte anti-fraude.
Après une première phase de sécurisation et de responsabilisation des agents, le management devra trouver le bon équilibre pour entretenir la flamme sans étouffer le souffle des affaires.

Pour accompagner les banques, des cabinets de conseils se sont spécialisés. Au delà du diagnostic des activités sensibles et des remédiations coup de poing, certains proposent d'accompagnemer la transformation culturelle des agents et de leurs managers, de mettre en place d'une véritable conduite de programme anti-fraude jusqu'à créer une cellule anti-fraude.

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