Innover oui, mais sans se tuer!

On parle beaucoup en ces temps de crise de la nécessité d'innover! oui mais on se rend compte que parfois l'innovation n'est pas bonne à commercialiser...sous peine d'être la cause de la fin de son business model !

Après le paradoxe du pharmacien, celui des industriels.
Nous ne le savons peut-être pas tous, mais nombres de brevets, d'inventions, de produits dorment dans des cartons, parfois rémunérés à coup de millions pour ne surtout jamais sortir.
Pourquoi ?
La réponse est simple: pour ne pas se tirer une balle dans le pied, tuer un business qui nous fait vivre, qui parfois est au coeur de notre métier.
Exemples:
- Mesdames, vous rêvez toutes d'un collant qui ne file pas, qui ne casse pas.... Il existe! La fibre incassable et infilable a été inventée il y a déjà plusieurs années, presque au tout début de l'invention des collants.
Mais quid du business model alors des DIM, WELL et autres si une fois un collant vendu, il l'était à vie?

- Le pneu increvable et inusable: quelle serait la raison d'être de Michelin ?
C'est pourquoi, il faut savoir pour toute entreprise innovante, distiller ses inventions et innovations, savante alchimie entre ce qui va booster mon business et ce qui va le tuer.
Évidemment, certaines marques n'ont pas ce genre de problème, tant ils ont de brand advocate derrière eux: Apple bien sûr et globalement tout le domaine de l'électronique grand public mais aussi le sport....

On peut ici distinguer 3 catégories:
1- Ceux qui apportent un vrai plus, une innovation: le verre incassable (ou inrayable, ou anti-reflets...) pour les lunettes, la clim pour la voiture....
L'image de la marque dans ces cas est renforcée, avec une empreinte de leader sur son marché, d'entreprise innovante, à la pointe...
2- Ceux qui créent le besoin: Nespresso, Iphone,...les exemples sont légions ces dernières années.
On est souvent dans le luxe technologique ou tout du moins le confort superflux, avec souvent une nuée de précurseurs accros qui se ruent sur le produit dès qu'il sort avant de le jeter ou le laisser de coté qq mois plus tard pour se jeter sur la nouvelle nouveauté.
3-
Ceux qui n'apportent rien mais par leur seule image ont leurs suiveurs: on retrouve ici toutes les marques de cosmétiques et de prêt-à-porter du luxe (les DIOR, DG, CC et autres...). C'est dans cette catégorie que l'on retrouve les collectionneurs.
Pour tous les directeurs marketing et R&D de ces entreprises, à la vitesse où sortent les brevets, les innovations, les inventions...et face à cela, les besoins des consommateurs, leurs attentes, et la nécéssité de les satisfaire ou de les surprendre, de sérieux casse-tête sont à prévoir!

Surtout si on prend en compte la courbe de vie du produit

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On pourra dans un premier temps exiger un prix élevé mais après, peut-être pas. Ceci lié à un déclin des volumes, et c'est la clé sous la porte assurée !
Entre l'envie et le besoin d'innover, de prendre de l'avance sur son concurrent, de rendre le coût du ticket d'entrée sur un marché élevé, et les nécessités de pérennité de l'entreprise si on sort le produit qui va la tuer, le curseur est subtil à manier.

 

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