Choisir de vivre en fonction du futur...et pas seulement en fonction du passé !

Amusons-nous à renverser un paradigme, en envisageant que notre passé est peut-être tout aussi déterminé par notre futur que l'inverse. Examinons deux stratégies pour dépasser des "résistances" et mieux aller de l'avant...

Et si les conséquences étaient les causes des causes ?
Chercher à comprendre consiste parfois à repérer les causes qui ont généré des symptômes désagréables, parce qu’on espère ainsi pouvoir retrouver le fil logique de ce qui survient, donc pouvoir le classer, et mieux l’accepter. Par exemple, quand certaines personnes se sentent indisposées, elles passent en revue tout ce qu’elles ont mangé précédemment, comme pour repérer ce qui les a empoisonnées. Et quand elles trouvent, c’est comme si elles se sentaient déjà mieux… (à moins que l’évocation de tous les aliments suspects n’aient provoqués davantage de malaise ?).
En admettant qu’on parvienne à isoler des facteurs déclencheurs au sein de la complexité  des causes interagissant entre elles (où tout est tellement lié, que tout est finalement un peu la cause de tout), qu’est-ce qui nous dit que les causes que nous trouvons dans le passé ne sont pas elles-mêmes des conséquences du futur ? Cela paraît absurde, et pourtant le futur donne autant de sens au présent que le passé. Et si paradoxalement, les clés pour résoudre le passé depuis le présent, se tenaient aussi dans le futur ?

Expliquons-nous : Et si la situation douloureuse était en elle-même porteuse d’une résolution que je recherche en faisant “habilement mais inconsciemment” les “erreurs” qu’il faut pour la provoquer, afin de mieux en sortir, grâce aux ressources que la crise me permet de mobiliser ? Autrement dit : j’aurais fait ce qu’il faut pour me trouver dans cette situation inconfortable (non par maladresse, mais par une intention profonde dont je ne serais pas conscient) pour pouvoir y vivre une expérience qui va m’aider à grandir. Se pourrait-il que l’unité (ou l’écologie) d’un système soit telle (son ADN incluant non seulement son passé mais aussi son potentiel d’avenir), que le passé ne suffise pas à tout expliquer de son présent ? Et si c’était ainsi l’avenir autant que le passé qui déterminaient le présent ? Dans ce cas, ne rechercher les causes que dans le passé serait une démarche analytique tronquée, et donc partiellement vouée à l’échec.
Et si à chaque instant, le présent était comme un cadeau (un “présent”), permettant de résoudre positivement le passé et l’avenir ?

Orientation de l’énergie
Comment réagir face à une difficulté, une contrariété, une contrainte, une douleur ?
Envisageons plusieurs stratégies classiques de réponse à une difficulté :

  • Une tactique d’évitement bien répandue consiste à “refouler”, c’est-à-dire nier comme on peut  la réalité  des faits (ou la minorer), tout en essayant de réprimer en soi les réactions induites, au point de parvenir un jour à ne plus en être conscient...Vue de l’extérieur, on voit bien que cette approche ne résout pas le problème, le reporte tout en le déplaçant, lequel ressortira plus tard : masqué et amplifié ! Quoi que très classique, reconnaissons que cette manière de réagir est assez peu efficace en profondeur et sur le long terme.
  • Bien sûr, on peut aussi ne pas réprimer ses émotions et s’intéresser à la frustration (la peur, et/ou la colère, et/ou la tristesse) que la situation douloureuse déclenche en soi. Mais, comme notre énergie se déplace là où nous plaçons notre attention, en focalisant celle-ci sur ce qui fait mal, sans le savoir on lui confère de l’énergie, on l’alimente, et on l’entretient à notre insu. De même qu’on n’éteint pas un feu en jetant des buches dedans, cette concentration intense sur la douleur ne suffit pas à la calmer, si on ne fait pas en plus quelque chose d’autre avec. Il y a alors plusieurs choix possibles. En voici deux :
  1. Soit, quand c’est possible : concentrer son attention sur autre chose. C’est ainsi qu’on peut soigner une grippe « par le mépris », sachant bien que soignée ou non, cette dernière durera une huitaine, et qu’il existe des thèmes plus stimulants sur lesquels se concentrer.
  2. Soit, au contraire, observer attentivement les contenus qui traversent le mental, mais sans s’y arrêter, sans s’y identifier, en restant le plus neutre possible, comme un témoin non impliqué. On sera parfois surpris de constater que les sensations, les émotions associées, les pensées à ce propos apparaissent… puis se dissolvent progressivement comme des nuages dans le ciel… Mais pour suivre mentalement un contenu sans se laisser embarquer par le flot, il faut  prendre appui sur autre chose, quelque chose de fixe : comme un sens que nous pourrions attribuer à cette expérience à vivre, et qui permettrait de ne pas se perdre. Un peu comme si nous étions debout dans un torrent, bien que nous ne contrôlerions pas le courant, nous pourrions rester nous-même, sans nous identifier à toute l’eau qui fait pression. Rester conscient de soi, même si ce qui se passe nous déborde…c’est cela l’ingrédient de base supplémentaire qui permet de ne pas se confondre avec une douleur intense, ou de ne pas s’identifier à une situation difficile au point de se laisser décourager…

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