L'éthique professionnelle et sa mise en oeuvre dans l'entreprise

Imprégné des fondamentaux de l'éthique et notions associées (morale, valeurs, culture...), il convient de zoomer sur l’éthique professionnelle. Elle détermine l'image, le positionnement, les priorités de toute entreprise au travers de règles écrites ou implicites.

L'éthique sert au moins implicitement au moment de la création de l’entreprise et peut être amenée ensuite à évoluer dans le temps. C’est le dirigeant qui impulse les « valeurs morales initiales » de l’entreprise, qui vont se transformer en « culture d’entreprise ».
Après, c’est bien l’environnement, le marché et la rudesse de l'économie qui va interférer avec les valeurs de l’entreprise. Survivre peut nécessiter  au moins pour un temps de sacrifier certaines valeurs.

NB : les [Qx] font référence aux questions de l'ouvrage de JP. Madoz sur l'Éthique professionnelle (cf. fin de l'article).

L'éthique professionnelle, c'est quoi ?
« Tout comme il ne sert à rien d’être en bonne santé si l’on est mort, une entreprise non profitable et donc sans capacité de développement, est vite hors jeu et ne sera pas éthique bien longtemps » (Philippe Caner, président fondateur d'Ethicum).

Éthique professionnelle :

* ensemble des règles écrites ou implicites, qui régissent en priorité les relations internes à l’organisme [Q1];
* vise à donner une « image » de l’organisme, par exemple : innovante, percutante, sociale, juste, …autour des valeurs qui l’ont fondé (Q1);
* tient compte de trois dimensions : celle de chaque acteur au sein de l’organisme, celle de l’organisme, celle de ceux qui sont externes à l’organisme (Q5).

Éthique d'un organisme (Q11) : se retrouve implicitement dans son nom, dans la façade, dans la relation, dans les produits et service associé et chez les fournisseurs.

L'éthique intervient de façon positive sur toutes les dimensions du management :
gestion des objectifs, aide à l'analyse/décisions, résolution des conflits, intégration du point de vue des différents acteurs, responsabilisation, réduction des coûts, culture d'entreprise... (Q15).
L'éthique professionnelle peut être abordée par les valeurs ou par les vertus que l'on peut qualifier de cardinales (justice, prudence, tempérance, courage) (Q16).
L’éthique professionnelle apparaît notamment lors de dilemmes (Q 21) et pourrait se traduire en termes « d’obligations » vis à vis de la société. Exemples : sang contaminé, Erika, Tchernobyl, plateforme DeepWater, prothèse mammaires PIP,  « obèses jeunes » …

L'éthique professionnelle est elle indispensable au développement d'un organisme ?
« Je ne crois pas au « pouvoir de l'éthique, par contre oui à l'interrogation éthique ! » (L'alibi éthique, Didier Sicard) [Q44].
L’éthique bénéfique, formalisée ou non, aboutit à une maturité relationnelle enrichissante pour l’ensemble des acteurs.
L’éthique formalisée (traduite sous forme de valeurs professionnelle formalisée par exemple au travers de codes de déontologie), sert à son tour de support à sa diffusion, tant en interne qu’en externe.  Une entreprise qui ne se préoccupe pas de son image et qui ne voit que le profit direct peut par contre s’exposer à une érosion de sa notoriété, de ses parts de marché. C’est le risque de non éthique (Q 18 & Q 26 à 31).

En mettant en œuvre une démarche éthique, l'organisme y gagne :
crédibilité, pérennité, qualité du climat social, fierté d'appartenance, positionnement sur des marchés, cohérence de comportements, image, notoriété, confiance des parties prenantes, motivation et créativité, résultats économiques, solidarité … (Q 20). L’éthique professionnelle participe aussi aux profits, à condition que l’argent généré soit propre (Q 53).

L'éthique et le management de l'entreprise
L’éthique dans l’entreprise correspond à une véritable prise de conscience par chaque acteur de sa propre responsabilité et de la signification de ses actes.  Peu de dirigeants d’entreprises, grandes, moyennes ou petites ont déjà compris que faire ce « grand écart » apparent entre démarche éthique et profits indispensables, entre morale sans moralisme et développement nécessaire, n’était ni douloureux ni dangereux mais au contraire un exercice bénéfique de réflexion et un challenge [Avant-propos].
Vis à vis des dirigeants. La gouvernance impacte la vie de tous les jours et tous les actes qui impliquent un comportement éthique en entreprise en affichant des valeurs éthiques définies et reconnues ! (Q43)
Vis à vis des produits et des clients. Plusieurs leviers permettent d'inciter les entreprises à produire « éthique » : avant tout, les consommateurs mais aussi les branches sectorielles et professionnelles, les formateurs, les médias, les organismes de labellisations et leurs référentiels éthiques existants ou à venir (Q 76)
Vis à vis des fournisseurs. Au travers de relations mutuellement bénéfiques c'est à dire en constituant « l’organisme élargi» (organisation d’organismes ou système d’organismes participant à la chaîne d’approvisionnement projet) ayant décidé de se donner par consentement mutuel un objectif commun, des règles partagées de fonctionnement et de production et des principes éthiques (Q77).
Vis à vis des projet. L'éthique est caractérisée, selon le « tétraèdre projet », par l'éthique  du résultat du projet (mission, qualité, performances..), des ressources (capital humain, management, finances...), des risques , des délais (Q 17)

La compétence éthique d'un organisme peut être évaluée de façon simplifiée et interdépendante par un degré de maturité en 6 niveaux (Auditer la qualité et l’éthique, JL Joing, AFNOR Editions, 2002) : Intuitif/ sensitif (humeurs...), Esthétique (image, rites...), Engageant/ Transparent (chartes, codes...), Clarifié/ Méthodique (Prix, conformité à des normes....), Éthique (trophées, labels...), Durable (Responsabilité sociétale)  (Q 85).
Des pistes d’amélioration peuvent être identifiée grâce à « l’attitude interrogative éthique » de chaque acteur de l'entreprise par le biais du questionnement éthique selon les quatre points cardinaux de la boussole éthique : éthique du management (valeurs, label...), éthique des fournisseurs (partenariat, RMB...), éthique des ressources humaines (déontologues, formations...), éthiques des besoins/ clients (éthique du produit, écoute client...) (Q 93).
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Sources (et pour en savoir plus) :
.    Ouvrage « 100 questions – Ethique professionnelle », Jean-Pierre Madoz, Afnor Editions,
.    www.beeznet.org, les entrepreneur modernes et durables

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