L’émergence du DAF 3.0

Le DAF, simple garant de la véracité des comptes et gestionnaire de la trésorerie, a vécu. Les exigences d’optimisation des processus, d’amélioration de la productivité, le contexte de crise, l’évolution des technologies de l’information et l’émergence de l’entreprise numérique transforment et élargissent les missions du DAF.

Le périmètre d’intervention du DAF se trouve démultiplié, de nouvelles compétences s’avèrent indispensables, la maîtrise et l’usage de nouvelles solutions technologiques s’imposent, en particulier la dématérialisation.
De fonction support centrée sur l’expertise et l’ingénierie comptables, la Direction financière participe désormais activement à la création de valeur et à la performance économique. Et devient un DAF 3.0... En ce sens, de nombreux facteurs vont influer pour transformer en profondeur le métier de DAF
. Nous allons, de notre côté, nous attarder sur l’usage de nouveaux outils et plus particulièrement de la dématérialisation pour bien comprendre cette mouvance.

La dématérialisation, l’arme fatale du DAF

La transformation de la fonction Finance est réelle, profonde et durable. Pour le DAF, cela introduit un certain nombre de contraintes : il faut, en particulier, être plus performant, parce que les Directions métiers le sont, et que le DAF doit montrer l’exemple. Le DAF doit aussi être plus agile, donner une image de modernisme auprès des clients et fournisseurs de l’entreprise et gérer de nouveaux risques.
Pour répondre à ces challenges, la dématérialisation constitue une approche privilégiée. En effet, elle accélère la productivité de la fonction Finance – ce qui permet de réduire les coûts – et les collaborateurs gagnent un temps précieux. La dématérialisation, par l’optimisation des processus qu’elle facilite, participe aux exigences de fluidité et d’agilité de l’organisation. De même, dans un monde où la transparence, la traçabilité et la gestion des risques deviennent des exigences, y compris de la part des clients, la dématérialisation y contribue largement et devient un élément positif de l’image d’une entreprise vis-à-vis de son écosystème.

Par ailleurs, une lame de fond est en train de bouleverser la donne sur le marché de la dématérialisation : trois tendances lourdes ont transformé l’adéquation de ces offres aux contraintes des entreprises.

- D’abord, les offres se sont considérablement simplifiées et adaptées à tous types d’entreprise, en particulier les PME, qui y voient un avantage économique évident et à court terme. Le temps où la dématérialisation était réservée aux grands donneurs d’ordre qui brassaient d’énormes volumes de factures est révolu.
- Ensuite, l’approche intégrée proposée par les éditeurs de logiciels rend beaucoup plus aisées les interfaces avec les systèmes d’information existants. Par exemple, en matière de dématérialisation des factures fournisseurs, des connecteurs packagés avec l’ensemble des outils comptables du marché (Cegid, JDEdwards, Navision, Sage, SAP...) permettent l’intégration automatique des factures et des écritures dans le système d’information de l’entreprise. C’est un point crucial car il supprime les traditionnels coûts d’intégration.
- Enfin, il n’y a plus de véritables barrières financières, notamment avec la montée en puissance du SaaS (Software as a Service), qui permet de payer à l’usage (au lieu d’investir dans des licences logicielles) et de s’adapter aux variations de volumétrie. Cet atout est particulièrement intéressant pour les PME.

Plus personne ne conteste le fait que les composantes numériques des entreprises vont former les socles fondamentaux de leur performance. Si la dématérialisation est la première brique pour avancer vers l’entreprise numérique, alors elle constitue l’arme fatale du DAF pour y jouer un rôle de premier plan.

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