Le handicap : un atout dans la réussite d’un projet informatique

Aujourd’hui, le concept de handicap est bien loin de sa signification originelle de moins-value commerciale et s’inscrit paradoxalement au cœur des préoccupations marketing de l’entreprise.

C’est dans l’Angleterre du XVIIe, que nait le concept de handicap. A l’époque, il était de coutume de pratiquer le troc à l’aide de chapeaux : les participants introduisaient chacun un objet dans leur chapeau, qu’ils échangeaient ensuite pour en examiner le contenu.
Un maître de troc assistait à l’échange et pouvait parfois demander au propriétaire de l’objet le moins onéreux, d’ajouter dans son chapeau quelques pièces, pour compenser la plus faible valeur de son bien : il fallait alors mettre la « main dans le chapeau », en anglais : « hand in cap ».

Il est ainsi devenu une composante projet incontournable car aussi bien endogène qu’exogène. Le handicap concerne bien sûr en premier lieu des problématiques RH et organisationnelles : les entreprises se doivent légalement de faciliter l’accès aux infrastructures et aux outils de travail aux salariés handicapés.

Le sujet est en outre devenu un argument marketing de poids et l’entreprise aura tout intérêt à travailler et à faire connaître de tous son éthique vis-à-vis du handicap. Enfin, dans une logique purement mercantile, rendre ses produits ou services les plus accessibles possible permet de toucher un maximum de consommateurs.
Ainsi, les systèmes d’information des entreprises se doivent d’intégrer ce paramètre et tout chef de projet, de l’appréhender. Le handicap doit être envisagé et pris en compte parmi l’ensemble des parties prenantes : les clients, les fournisseurs et les utilisateurs finaux mais également à tous les niveaux du projet.

Sur le plan organisationnel, on veillera par exemple à ce que les infrastructures adéquates soient disponibles, la communication au sein de l’équipe projet emprunte plusieurs formes afin d’être intelligible par tous les participants, des binômes soient éventuellement constitués pour la participation à certains comités et les indicateurs de suivi soient universels, remontés et communiqués à tous. S’agissant de l’utilisateur final, qu’il soit client ou non de l’entreprise, on parle d’accessibilité. On peut ainsi citer plusieurs exemples illustrant cette prise en compte comme l’installation de lecteurs d’écran [1] et plages braille [2] dans le cadre de la mise en place d’un nouvel outil SI ou encore la conception d’un site web intégrant un label d’accessibilité.

Le handicap de l’utilisateur final, et principalement la cécité qui reste la cause majeure d’inaccessibilité aux systèmes d’information, est donc de mieux en mieux pris en compte. Cependant les autres protagonistes du projet demeurent bien trop souvent en reste. La présence de handicap n’y est que trop rarement recherchée alors qu’elle pourrait constituer une aide précieuse dans l’élaboration d’outils et services destinés à des utilisateurs dans une situation similaire. Pourtant, qui serait le plus à même d’exprimer un besoin, de réfléchir à la conception d’une réponse, de l’homologuer, d’enseigner et évangéliser ses pairs à son utilisation qu’une personne en situation de handicap ?

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[1]
 Lecteur d’écran : application qui retranscrit via synthèse vocale ou par affichage braille sur une plage braille des informations présentes à l’écran.
[2]
Plage braille : dispositif capable de traduire en temps réel une information restituée à l’écran sous forme de braille.

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