Green IT: véritable pilier du développement durable

L'informatique consomme de plus en plus des parts importantes de la production énergétique nationale. En France, elle est passée de 15 % en 2010 à 20 % en 2012.

Le recours aux énergies renouvelables a un double avantage : l'énergie consommée est faiblement polluante, et elle permet de faire des économies considérables.
D’ici à 2.100, la Terre devrait ainsi pouvoir héberger 10 milliards de personnes disposant de niveaux de vie convenables.
Le développement durable se définit comme étant « La satisfaction des besoins actuels sans compromettre les besoins des générations futures » [1]. Le concept n’est pas né du vide ni du hasard. S’il occupe une place au premier plan des organisations internationales et de la société civile; s’il fait la une des médias, c’est qu’il a émergé du grand besoin de la préservation d’une planète en péril. Remettre les choses sur les rails est une responsabilité qui incombe entièrement à la génération présente.
L’expansion rapide des technologies informatiques nécessitant des centres de traitement de données (data centers) fabuleux, tel que le Cloud Computing [2] ou les Big Data [3], soulève plusieurs points d’interrogation autour de leurs effets néfastes sur l’environnement, notamment chez les associations de protection de l’environnement et tout particulièrement pour Greenpeace. Et pour cause, la consommation de l’énergie (alimentation et climatisation) par ces data-centers ne cesse de croître et surtout de peser lourd sur la production énergétique du monde.
Le rapport du ministère français de l’écologie, portant sur les TIC [4] et le développement durable, met l’accent sur la difficulté que rencontre la France pour atteindre son objectif de réduire sa consommation énergétique de 20% à l’horizon 2020 [5]. La consommation fortement croissante de l’informatique serait une entrave à la réalisation de cet objectif puisque sa part de la consommation énergétique nationale a été estimée à 20% en 2012 contre 15% en 2010.

De sa part, Greenpeace plaide pour une informatique verte (Green IT) en appelant vivement les acteurs concernés à utiliser les énergies renouvelables. Elle publie régulièrement un classement des entreprises informatiques jugées les plus écologiques [6]. Ce nouveau concept semble porter ses fruits puisque de nombreuses entreprises ont commencé sérieusement à remettre en cause leur mode de consommation de l’énergie. Force est de constater que, finalement, le recours aux énergies renouvelables permettrait de faire des économies considérables.          
Plusieurs exemples méritent d’être cités. Google est parmi les entreprises qui ont mis en place une politique « Green IT ». Elle déclare avoir réduit sa facture énergétique d’un milliard de dollars [7] grâce à  ses propres data-centers qui utilisent 50% d’énergie moins que les autres. Concrètement, cette politique consiste à opter pour une utilisation massive des énergies renouvelables, notamment solaire et éolienne [8], mais aussi la construction d’un data-center en Finlande refroidi à l’eau de mer [9] . Autre exemple, Facebook. L’augmentation de ses membres et la croissance de sa facture énergétique l’a obligée à construire un nouveau data-center en Suède. La nouveauté n’est autre que le fait que l’alimentation et la climatisation de celui-ci se fera à 100% par une énergie renouvelable [10].
L’informatique verte est un véritable pilier du développement durable dans la mesure où elle contribue à éviter d’exposer les générations futures à un manque aigu d’énergie. C’est un exemple qui met en évidence la possibilité de faire converger les intérêts de tous les acteurs de la société.

[1] « What is sustainable development? », UNESCO. Cf http://portal.unesco.org/fr/ev.php-URL_ID=3994&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html
[2]
Système qui permet à une entreprise de conserver des données informatiques sur un serveur géré par un prestataire externe.
[3]
Grandes quantités de données qui ne peuvent, vu leur volumétrie, être traitées par les outils informatiques classiques de gestion des bases de données.
[4]
Technologies de l’Information et de la communication.
[5]
Page 3 du rapport. Consultable sur http://www.cgedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/005815-02_rapport_cle2aabb4.pdf
[6]
Agir pour la planète. http://www.agirpourlaplanete.com/actualite-ecologique/22-divers/1187-greenpeace-dirty-data-informatique-polluante.html
[7]
Google Green http://www.google.com/green/bigpicture/
[8]
Google Green. http://www.google.com/green/bigpicture/#beyondzero-grid
[9]
Data-center de Google en Finlande refroidi à l’eau de mer. http://www.youtube.com/watch?v=VChOEvKicQQ&feature=player_detailpage
[10]
« Facebook à la conquête du pôle nord. » http://www.greenit.fr/article/acteurs/hebergeur/facebook-a-la-conquete-du-pole-nord-4012

Développement durable