Les fonctions de la communication non verbale

La communication non-verbale (le langage du corps) repose essentiellement sur des gestes, des attitudes, des mimiques. Les travaux d’Ekman et Friesen, de Von Cranach et d’Abric* nous montrent qu’elle remplit trois fonctions principales.



Le langage corporel est plus parlant que les mots prononcés eux-mêmes. Les interlocuteurs réagissent sans s'en rendre compte aux messages non-verbaux pour s’évaluer mutuellement. En ce sens, la communication non verbale remplit trois fonctions principales :
  • une fonction d’information,
  • une fonction d’étaiement,
  • et une fonction linguistique.

Une fonction d’information

C’est la plus importante des fonctions du comportement non verbal, qui permet ici d’appréhender l’état émotionnel de l’émetteur mais aussi son attitude par rapport au récepteur et à la situation. Le non verbal donne ainsi des informations sur le vécu affectif de l’émetteur communicant et sur le degré de congruence entre son corps et ses dires.
Le langage corporel diffuse également des informations sur l’image de l’émetteur : il offre au récepteur les éléments constitutifs de la représentation ; la posture de l’émetteur (de l’orateur) permet ainsi au récepteur de se créer une première impression et d’imaginer le type de relation qu’il est prêt à engager.

Une fonction d’étaiement du langage

Les comportements non verbaux qui accompagnent le langage (mouvement des yeux, gestes, mimiques) vont jouer ici un double rôle :
  • Ils vont ponctuer, renforcer, confirmer les propos de l’orateur;
  • Ils vont permettre de faire passer directement une information complémentaire, parfois importante : la direction du regard, par exemple, indique immédiatement à qui le message est d’abord adressé.
Les comportements non verbaux servent de régulateurs à l’interaction entre émetteur et récepteur; ils sont souvent les éléments essentiels du feedback nécessaire à l’efficacité de la communication.

Une fonction quasi linguistique

Le langage corporel a parfois une correspondance directe avec le langage parlé : on peut, par exemple, très bien dire « oui » par un comportement non verbal en basculant la tête de haut vers le bas (tout dépend de l’environnement culturel dans lequel s’inscrit cette pratique). Ces gestes dont la signification peut se traduire par des mots, correspondent aux « emblèmes ».

On distingue deux grands types de codes emblématiques :
  • Les codes emblématiques naturels : qui correspondent aux mouvements spontanés (comme le fait de dire oui de la tête), dont la signification peut varier en fonction de l’aspect culturel.
  • Les codes emblématiques construits, qui sont aussi considérés comme « artificiels » ; c’est le cas par exemple du langage des sourds et muets.
Notre langage corporel peut ainsi se concevoir comme une somme de signaux, représentatifs de notre être autant que de notre paraître ; il renseigne le récepteur sur l’état émotionnel de l’émetteur; il favorise « l’expression silencieuse » et peut de cette façon renforcer l’impact d’un message.


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*Jean-Claude ABRIC (2012) : Psychologie de la communication, Ed. Armand Colin.
     

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