Les enjeux de la transition numérique pour les écoles de comptabilité

Les écoles de comptabilité doivent former de futurs diplômés qui sauront tourner à leur avantage les changements de la transition numérique.

Au sein des professions habituées à manipuler des chiffres, les prochaines années seront numériques ou ne seront pas. Les métiers de la comptabilité sont confrontés à une évolution extrêmement rapide des usages digitaux et apprennent à s’adapter non sans difficultés. La solution ? Faire en sorte que les futurs comptables et experts-comptables soient déjà formés à ces outils. Pour cela, il est nécessaire de favoriser la transition numérique dans les écoles de comptabilité.

Tsunami numérique

Dans un avenir pas si lointain, tout le travail de comptabilité pourrait être entièrement robotisé, automatisé. Intraitable, l’évolution numérique force à modifier les usages dans des métiers traditionnels qui partent en quête de nouvelles prérogatives pour pouvoir se réformer et, in fine, survivre.

Les experts-comptables, réunis en Congrès début octobre (lire ici un résumé des échanges), se sont attachés à montrer comment ils se préparent, avec confiance et assurance, au tsunami du numérique et notamment à la déferlante de la Déclaration Sociale Nominative (DSN) que le gouvernement rendra obligatoire au 1er janvier 2016 – bien que son instauration soit prévue pour être progressive.

Confrontés à une dématérialisation future d’une partie de leurs attributions, les experts-comptables sont poussés à s’affranchir des vieilles habitudes pour développer leurs services dans de nouvelles directions, par exemple du côté du conseil.

Le rôle des écoles de comptabilité

Si des établissements prestigieux tels que l’ESCG (à Paris) ont commencé à paver la route qui mène au tout-numérique, c’est parce que les écoles, sans doute plus encore que les universités, ont pris depuis quelques années conscience du progrès technologique qui innerve tous les secteurs professionnels. Elles n’ont pas l’intention de se couper d’une population étudiante qui, elle, grandit désormais aux côtés de ces enjeux numériques.

D’abord, et ceci est valable pour toutes les filières de l’enseignement supérieur, les établissements n’ont pas d’autre choix que de s’adapter, et d’apprendre à régler de plus en plus vite leur pas sur celui du développement numérique. Les classements mondiaux prennent en compte les évolutions digitales et, plus déterminant encore, l’attractivité d’une école dépend désormais de sa capacité à intégrer les nouvelles technologies au cœur de son enseignement. Les étudiants cherchent à retrouver, au cours de leur apprentissage, les outils qui sont déjà les leurs en dehors des heures d’instruction.

Ensuite, l’acquisition de compétences digitales est devenue un facteur de réussite majeure sur un marché du travail toujours plus compétitif. Ici, les écoles de comptabilité sont au premier plan, puisque les évolutions technologiques qui sont en train de modifier profondément les usages des métiers du chiffre imposent aux établissements l’obligation de les intégrer, non seulement dans leur cursus (apprentissage des logiciels de comptabilité et de gestion), mais également dans leur pédagogie (mise à disposition d’ordinateurs connectés à Internet et d’outils numériques divers, instauration de campus digitaux, pourquoi pas développement de procédés issus de la gamification (serious game, Mooc, Cooc).

C’est d’autant plus vrai lors des formations en alternance. Transplantés directement au cœur du monde professionnel, les étudiants des écoles de comptabilité apprennent à utiliser les outils informatiques qui sont ceux des entreprises dans lesquelles ils passent une partie de leur temps.

ESCG, ESCP Europe… Les écoles sont bel et bien forcées d’agrandir leur empreinte digitale et de regarder résolument vers un avenir dématérialisé. C’est le prix à payer pour que les futurs diplômés soient préparés aux enjeux d’un métier qui, dans quelques années, aura changé de visage.

Transition ou basculement ?

En attendant, la profession, elle, s’est installée aux postes de combat. Ainsi qu’on peut le lire sur cette page que 64% des experts-comptables ont conscience de la nécessité de développer leur structure à travers la transformation numérique. Les 36% qui restent ? Ils l’ont peut-être déjà fait, ou rechignent à s’y engager tout en sachant qu’ils ne pourront pas y échapper encore très longtemps.

Cette transition numérique passe essentiellement par la dématérialisation des données : édition de documents (devis, factures et autres), automatisation des opérations, etc. Si 64% des personnes interrogées comprennent cette nécessité, c’est sans doute aussi parce que cette transformation apporte avec elle des avantages non négligeables, comme toute procédure d’automatisation : elle diminue les risques d’erreur et pousse au développement de la relation-client.

Le terme de  "transition" numérique, toutefois, est un euphémisme qui dissimule mal une réalité plus brutale. Une transition implique, en effet, un glissement d’une certaine douceur.

Mais face à une évolution technologique si rapide qu’elle s’insinue dans tous les domaines d’une profession et impose son rythme, on pourrait parler plus légitimement de "bousculade" numérique. C’est bien à un basculement, sévère et potentiellement douloureux, que la profession doit faire face. Et, avec elle, les écoles de comptabilité qui forment les prochains acteurs du métier.

N’oublions pas une chose : les logiciels de comptabilité sont nés bien avant que l’ordinateur ne devienne le compagnon indispensable du quotidien des foyers français. Les professions du chiffre se sont édifiées sur l’innovation technologique et électronique parce qu’elles ont toujours su en percevoir le potentiel. Nul doute qu’elles sauront atterrir du bon côté lorsque le basculement numérique aura lieu.

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