Recrutements en Comptabilité et Finance : la fin de la culture du diplôme ?

En France, de nombreux recrutements se font sur la base du diplôme, établi comme critère de pré-sélection des candidats. La détention de tel ou tel sésame peut alors vous ouvrir les portes de certaines entreprises. Sur les métiers de la comptabilité et de la finance, on constate aujourd'hui qu’un changement s’opère.

Vers la fin de la culture du diplôme à l’embauche ?

Sans aller jusque-là, il est en tout cas bon de souligner certains faits. Ce que l’on observe est simple : de nombreux profils se sont formés au fil du temps en entreprise et ont ainsi approfondi leurs connaissances et acquis de nouvelles compétences. Un comptable aura par exemple pu participer à l’implémentation de SAP dans son entreprise et se spécialiser, un autre aura travaillé d’abord sur un logiciel, puis sur un autre, et ainsi acquis la maîtrise de plusieurs outils, ce qui pourra jouer en sa faveur en termes d’employabilité. Les profils comptabilité-finance se forment de manière autodidacte pour certains, par la pratique même des outils au quotidien ou grâce à des formations réalisées à partir de supports disponibles en ligne ou en librairie spécialisée, et par le biais de formations proposées par l’entreprise pour d’autres (formations techniques sur des logiciels & ERP, programme d’introduction aux normes comptables internationales (IFRS), …).

Les profils expérimentés, mais pas nécessairement hautement diplômés à l’origine (bac pro pour les profils 10-20 ans d’expérience, BTS pour les profils 2-9 ans) -, intéressent beaucoup les PME. Ils se démarquent entre autres sur la personnalité : investissement fort, envie d’apprendre, confiance en soi et bon relationnel. On retrouvera les plus expérimentés à des postes de Directeur Comptable dans les petites et moyennes entreprises.

Les grandes entreprises plus frileuses

Les grands groupes et multinationales se tourneront plus facilement vers des profils type diplômés d’écoles de commerce et d’université (Master 2 CCA par exemple) ainsi que vers des professionnels en possession d’un DCG ou DSCG. Au sein de ces structures, au poste de Directeur Administratif et Financier, on trouvera d’ailleurs le plus souvent des profils ayant évolué dans l’un des cabinets du Big 4, qui recrutent eux-mêmes le plus souvent à niveau Bac+5.

Les profils de jeunes diplômés de 3ème cycle partent auprès de ces entreprises avec un avantage non négligeable : la connaissance, sinon la maîtrise, de l’anglais. Une compétence nécessaire lorsque l’on souhaite intégrer une structure implantée à l’international ou présente à l’export.

Reprendre une formation sur le tard : se poser les bonnes questions

Le savoir-faire, la technicité et l’expérience terrain priment dans de nombreuses structures. Il en va ainsi pour le recrutement, nous l’avons vu, mais aussi pour l’évolution professionnelle, une fois une entreprise intégrée. Les profils expérimentés souhaitant évoluer professionnellement choisissent parfois de reprendre des études pour accéder au grade Master par exemple. Mais la reprise d’études dans cette optique n’est pas toujours une bonne idée. Outre des coûts de formation élevés – parfois financés en cas de perte d’emploi-, certaines formations impliquent un éloignement de l’emploi pendant des durées pouvant aller jusqu’à 2 ans, sans garantie de réussite. Par ailleurs, les entreprises qui se montrent élitistes dans leurs recrutements et qui continuent d’entretenir la culture du diplôme se focalisent en général sur les profils nouvellement diplômés. Il est donc très important de peser le pour et le contre et de bien comprendre la complexité du marché avant de se lancer dans une formation complémentaire sur les métiers de la comptabilité et de la finance. Avant toute chose, je recommande par conséquent l’échange avec des professionnels du recrutement ou des ressources humaines afin d’évaluer si votre évolution est, ou non, conditionnée par la détention d’une certification ou d’un niveau de diplôme spécifique.

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