Entrepreneurs en surcharge mentale, passez de l’ownership au leadership !

Dans votre quotidien professionnel, tout ce dont vous êtes responsable devient votre charge mentale. Apprenez à répartir le boulot, en développant le leadership de vos collaborateurs

 

Depuis ce printemps, la charge mentale est revenue à la mode. Au-delà de la question des tâches ménagères (sujet hautement sensible s’il en est) ce concept est très utile pour saisir les logiques de répartition du travail dans un collectif.

Comme "ces femmes épuisées de devoir penser à tout", les fondateurs grillent souvent leurs neurones et leur énergie à essayer de garder sous contrôle leur entreprise. Mission rendue encore plus impossible par le fait qu’une start up est, par essence, en changement constant.

Après un été qui aura encore vu trop peu de fondateurs prendre des vacances bien méritées, étudions quels sont les moyens pour se libérer d’une part de votre charge mentale…

C’est quoi en fait la charge mentale ? Et l’ownership ?

La charge mentale, c’est le poids des pensées autour de l’exécution d’un travail donné. Tout le temps où on y réfléchit, où on s’inquiète des problèmes, où on imagine des solutions, qu’on planifie et organise. Cette charge va au-delà du temps de travail ; c’est elle qui vous empêche parfois de dormir ; et le matin, en vous rasant, bien sûr que vous y pensez.

En entreprise, chaque ownership et chaque responsabilité génèrent une charge mentale. Chez nous, on appelle même les owners des "porteurs" (en français dans le texte), qui subissent pour le groupe le poids de leurs responsabilités. Porter un résultat critique de votre startup, ça charge forcément un peu ! Les fondateurs en surcharge mentale doivent donc apprendre à répartir les responsabilités, et un ownership clairement identifié peut les y aider.

Répartissez le job, au quotidien, et dans votre projet !

D’abord, attaquez-vous à l’opérationnel. Tout au long de vos process principaux, qui est en charge de quoi ? Nominativement, qui gère le client avant et après la signature du contrat ? Et le candidat, qui est en charge de son recrutement, son intégration, son développement, son départ…?

Mettez-en place des process d’allocation, clair et précis. Ceux-ci définissent justement les responsabilités en cas de nouveaux clients, et les règles de transfert entre différentes responsabilités. En B2B, par exemple, l’entretien de passage entre le commercial et le customer success se doit d’être structuré, afin que les responsabilités soient claires.

Pensez aussi à assurer une redondance pour les sujets critiques, avec des suppléants. La suroptimisation des process génère souvent de la non-qualité, car, en cas d’aléas, il n’y a pas de marge de manœuvre. Pourtant, quand on regarde le corps humain (machine infiniment complexe, optimisée par des milliers d’années d’évolution) on voit bien que nos deux poumons ou nos deux reins évitent la défaillance par redondance.

Un ownership ne se partage pas, mais il peut se redoubler. 100% de la charge mentale est alors dévolue au porteur, et 20% au suppléant. En cas de souci ou d’absence, le suppléant peut prendre le relais. 

La répartition des ownership sur votre se fait de manière similaire. La construction de votre entreprise fonctionnera mieux si chacun est responsable d’une partie du travail, et que vous n’êtes pas le seul à en porter toute la charge mentale.

Afin d’y voir plus clair, séparez d’abord les territoires. Quels sont les grands axes de travail pour faire de votre startup un succès ? Qui souhaite porter la cohérence et l’organisation de ce sujet ? Au-delà de votre organigramme un peu figé, construisez de manière dynamique l’organisation de votre projet d’entreprise. La charge mentale de la cohérence de votre entreprise revient alors aux porteurs d’axes.

Ensuite, identifiez les résultats pour chaque axe. Que devez-vous obtenir pour assouvir vos ambitions ? Pour chacun de ces résultats, on s’attachera à trouver un porteur volontaire, qui s’engagera devant le groupe à l’obtenir. Il ne décidera pas forcément de tout, il ne sera probablement pas le seul à produire pour obtenir ce résultat. Son rôle, c’est de porter la charge mentale du sujet, et d’agir en conséquence, en coordonnant les actions de tous.En résumé, pour répartir la charge mentale d’une entreprise, il faut que chacun s’en attribue une part.

Pour cela, il y a une règle de base à respecter : un seul porteur par sujet. On préférerait tous pouvoir partager la charge avec un collègue… Mais en cas de rush, chacun oubliera cette charge, en se reposant sur l’autre. Avoir deux porteurs, c’est comme ne pas avoir de porteur.

Alléger la charge mentale, de l’ownership au leadership

Une fois l’ownership réparti, vous ne devriez plus avoir la charge mentale des sujets que vous ne portez pas. C’est tout l’enjeu d’une méthodologie comme la nôtre ! Pourtant, on constate que nombre de fondateurs ont du mal à lâcher prise. Quoi d’étonnant à cela, leur startup est un peu comme leur enfant, et chaque minuscule activité semble les concerner directement…

Le leadership, c’est la capacité à engager d’autres personnes, vers une direction commune. Si toute votre équipe est owner de tous les sujets nécessaires à ce que votre entreprise soit successful, alors votre rôle de leader n’est plus que de maintenir ce niveau d’engagement. Combattez votre envie de micro-manager, et laissez-les faire…

Vous opérerez alors un transfert de charge mentale. Au lieu de vous préoccuper de l’activité réalisée par vos collaborateurs, vous allez vous intéresser à leur état. Sans les couver, mais en leur proposant réellement votre aide quand ils sont en difficulté.

Devenir un grand leader, c’est avant tout apprendre à faire confiance à ses équipes, et à les servir. Ce genre de charge mentale peut être ingérable pour certains types de personnalité. Mais, en tant que fondateurs, vous n’avez pas le choix. À partir d’une dizaine de personnes dans votre équipe, vous serez de toute façon incapable de porter efficacement la charge intégrale de votre entreprise.

Que ce soit pour votre vision, vos valeurs, vos réalisations ou vos compétences, ceux qui vous suivent croient en vous. Ils ont la capacité d’alléger votre charge mentale. Alors à vous de croire en eux !

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