Allemagne : Lidl espionne ses salariés

L'enseigne de discount Lidl a avoué établir des dossiers sur ses salariés afin de "détecter les manquements professionnels". Constitués à partir de vidéos filmées à l'insu du personnel et de rapports de détectives privés, ils compilent informations sur la vie privée des employés et jugements arbitraires sur leurs comportements.

"Mme T. téléphone avec son ami, ils parlent du repas du soir. Bien qu'elle sache que le magasin est plein et qu'il y a encore de nombreuses choses à faire, elle lui promet de partir à la fin de son service, ce qu'elle fait à 15 heures", peut-on lire dans un rapport. Dans un autre, un informateur relate la conversation de deux employées. Apparemment, elles n'ont pas la moindre envie de se rendre à une formation interne dont elles ne comprennent pas le sens "et à laquelle elles refusent d'emblée de participer activement". Le mouchard ? Une caméra de surveillance installée, à l'origine, contre le vol. Mais les détectives engagés par l'enseigne vont encore plus loin. Ainsi, le cercle d'amis de telle salariée est "constitué de drogués", une autre employée est "au bord de la faillite personnelle"…

C'est le magazine Stern qui a soulevé le scandale la semaine dernière, après être entré en possession de plusieurs centaines de pages de protocoles internes. Naturellement, ces pratiques contreviennent à la législation allemande ; une enquête officielle a d'ores et déjà été annoncée. Mercredi soir le discounter, déjà connu comme le loup blanc pour son opposition acharnée à toute représentation des salariés dans ses filiales, s'excusait de ses pratiques sur le site Internet du magazine. Selon toute vraisemblance, cela ne lui évitera pas des actions en justice.

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