Non, le content snacking n’est pas la roue de secours de vos contenus

Trop souvent activé une fois seulement le projet achevé, le content snacking (ou reshaping) représente pourtant un vrai levier d’engagement pour les contenus.

Une vidéo animée qui a demandé des semaines de storyboarding, une web série dont chaque phrase de dialogue a été soupesée, un témoignage obtenu à grand renfort de réassurance auprès du client. Pour quel résultat au final ? Entendez : pour quelle audience ? Soyons francs : de trop nombreuses productions de contenus sont encore lancées sans un réel plan d’engagement. Comme si le simple fait de les publier sur un site web suffisait à faire venir. Pas étonnant du coup de voir les pratiques de « content snacking » ou de « content reshaping » se multiplier. Sauf que, pour l’heure, la pratique relève plus de l’incantation que de l’anticipation.

A quoi renvoient exactement ces notions ? Tout simplement au fait de décliner un contenu pour un ou plusieurs supports de publication afin d’en assurer la promotion. D’un témoignage vidéo de trois minutes seront ainsi extraites des citations clés de quelques secondes, d’une vidéo animée des illustrations clés, d’un livre blanc les infographies principales.

Bref, le principe est bien plus simple que ne le laisse entendre le jargon et son efficacité a été prouvée sur le terrain. On a ainsi vu des témoignages clients vidéo retrouver un second souffle via la simple publication sur Linkedin d’une citation illustrée ou encore un livre blanc trouver enfin son audience grâce à la diffusion via Twitter de quelques infographies. Pratique éprouvée donc approuvée ? Pas si sûr…
Dans la majorité des cas, ce content snacking n’est en effet activé qu’une fois le contenu publié. Résultat ? Du temps et de l’argent perdus. Pas besoin d’être un as du content marketing pour comprendre que le content snacking est plus simple à mettre en œuvre et plus rentable s’il a été pensé en amont de la production et exécuté durant cette production.


Prenons l’exemple – basique - d’un témoignage vidéo. Pas toujours facile d’en extraire plusieurs citations clés ou résumés a posteriori. En revanche, si le content snacking est d’emblée inscrit au programme, des prises spécifiques pourront être opérées le jour du tournage. Dans un cas, du temps est consommé après le projet pour faire « entrer » un contenu dans un format non prévu initialement ; dans l’autre, du temps est consommé entre les lignes du projet pour préparer du contenu pour un format précis. Comme dirait un commentateur sportif, côté efficacité et rentabilité, « y’a pas photo ! ».

Et pourtant le malentendu persiste : le content snacking reste avant tout perçu comme une roue de secours alors qu’il propose une autre manière de penser la feuille de route. Quelques entreprises l’ont bien compris et ont défini un rôle de « content reshaper » au sein de leur organisation pour promouvoir et industrialiser ces pratiques. Des "early adopters" qui, nous en prenons le pari, seront bientôt cités comme des modèles.

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