Spotify lève 1 milliard de dollars de dette. Mais pour faire quoi ?

Le service de streaming musical s'engage à s'introduire en bourse d'ici deux ans à des conditions avantageuses pour ses prêteurs.

La plateforme de streaming basée en Suède a levé 1 milliard de dollars de dette convertible, révèle le Wall Street Journal. Y ont notamment souscrit les fonds TPG et Dragoneer Investment ainsi que des clients de Goldman Sachs. L'opération va permettre à la société, non rentable, de poursuivre sa course à la part de marché. Elle a toutefois été conclue à des conditions assez strictes.

Lorsque Spotify entrera en bourse, les obligations des prêteurs seront converties en actions avec un discount de pas moins de 20% qui, au bout d'un an, s'accroîtra encore de 2,5 points tous les six mois. De plus, Spotify est encouragé à s'introduire en bourse sans trop attendre : il paiera sur les montants empruntés des intérêts à un taux de 5% qui s'incrémentera d'un point tous les six mois jusqu'à son IPO (ou jusqu'à 10%), précise le quotidien.

Spotify rejoint donc les rangs des start-up tech qui optent pour de la dette convertible plutôt que pour une levée de fonds, les investisseurs rechignant à faire grimper les valorisations dans un contexte boursier volatile. Il y gagne donc un beau financement, mais n'aura pas la possibilité de fixer un prix d'action plus bas lors de son introduction en bourse, prévue d'ici deux ans.

Plusieurs façons de dépenser ce milliard

Spotify, qui avait déjà levé plus d'un milliard de dollars depuis sa création, conserve aujourd'hui la valorisation obtenue lors de dernier tour de table en juin 2015 : 8,5 milliards de dollars. Reste à savoir comment il va dépenser ce nouveau milliard. La société dépense des sommes colossales en royalties. Elle doit aussi faire face à un nouveau concurrent : le service de streaming sur abonnement lancé par Apple l'année dernière.

Il n'est pas impossible qu'elle envisage d'acheter un service rival, comme Pandora ou Soundcloud. Mais Pandora a beau être en déclin, elle vaut toujours plus de 2 milliards et Spotify n'aura vraisemblablement pas le temps de l'acquérir avant de s'introduire en bourse. Peut-être que le Suédois, qui n'a jamais été rentable et doit tout de même tenir jusqu'à son IPO, se contente simplement de faire des réserves pour tenir jusque là.

Dernière hypothèse : Spotify pourrait très bien se décider à se lancer dans la vidéo. La plateforme a toujours fait miroiter à ses investisseurs qu'elle s'y étendrait un jour. Elle compte déjà 30 millions de comptes payants et bien plus encore d'utilisateurs se connectant gratuitement. Pourquoi ne pas leur donner à voir également de la vidéo et, in fine, la monétiser aussi ? Ce qui aurait en outre pour avantage de réduire sa dépendance aux trois grandes maisons de disques américaines. Pour l'instant, Spotify n'y a plongé qu'un orteil timide et son catalogue vidéo reste bien modeste. Pour venir concurrencer les offres de Netflix et d'Amazon, un milliard de dollars ne serait pas de trop.

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