Avec sa nouvelle formule, le site du Parisien généralise le paywall

Navigation par tag, pub moins intrusive et mise en avant de la vidéo... Eric Leclerc, le directeur du numérique du quotidien, dévoile les ingrédients majeurs de sa nouvelle mouture Web.

Le site du Parisien a fait peau neuve le 14 juin. Il s'offre une nouvelle interface épurée qui se veut en ligne avec des comportements de consommation de l'information qui ont bien évolué en l'espace de quatre ans, date de la dernière refonte.

Clé de voûte de la nouvelle expérience utilisateur, un système de navigation par tag et par thème fait son apparition. "Faire disparaître la sacro-sainte barre de navigation par rubriques n'a pas été une mince affaire mais c'était nécessaire pour encourager à la découverte et l'exploration", défend le directeur du numérique du quotidien francilien, Eric Leclerc.

Une volonté conséquence de la volatilité de l'audience du site, qui provient à 80% des réseaux sociaux et de Google, atterrit directement sur les pages articles… et repart quasiment aussi tôt. "On veut mieux valoriser l'énorme travail fourni par nos 340 journalistes auprès d'une audience qui ne connait pas toujours bien Le Parisien et picore des articles sur notre site", confie Eric Leclerc.

Première en Europe, le site embarque une carte de la circulation en temps réel en Ile-de-France, générée par la filiale de Google, Waze

 

Média de proximité, Le Parisien veut également jouer la carte du "serviciel". Première en Europe, le site embarque une carte de la circulation en temps réel en Ile de France, générée par la filiale de Google, Waze.

Plus clair et plus ergonomique, le site aux 6 millions de lecteurs sur desktop se veut également moins intrusif côté publicité. "C'était l'autre gros chantier, à l'heure des adblockers. Les publicités sont aussi nombreuses que dans l'ancienne version mais mieux intégrées, dans le fil des articles notamment", précise Eric Leclerc. Exit le format un peu vieillot du pavé "300 par 250" situé à droite des articles. De quoi rendre l'ensemble plus aéré.

Le site envisage également de renouveler l'expérience d'anti-adblocking menée par le Geste en avril dernier. "Nous allons sans doute lancer une deuxième vague à la fin du mois." Eric Leclerc pourra s'appuyer dans cette perspective sur les conseils de ses homologues des Echos (autre filiale de LVMH) qui vient d'annoncer qu'il allait pérenniser le système de filtre pour les utilisateurs d'un adblocker. "Nous échangeons régulièrement et aimerions harmoniser le message que nous leur adressons."

Le quotidien s'aligne également sur le système de "metered paywall" des Echos, qui devrait être opérationnel d'ici la fin de la semaine. "Passé le cinquième article, on vous invite à vous inscrire. A partir du huitième, on vous demande de vous abonner." Pas encore de "paywall intelligent" comme c'est le cas sur l'application Android. "Nous ne nous l'interdisons pas mais ce n'est pas à l'ordre du jour. Les usages sont différents."

Le projet, qui a mobilisé une équipe de trente personnes pendant un an, concrétise également la mise en avant du format vidéo "qui remonte en tête des articles, plutôt que d'être relégué tout en bas". Un partenariat a été noué avec un partenaire dont la technologie lui permet d'assembler les éléments rich media d'un article pour en faire une petite animation vidéo que Le Parisien pourra monétiser, pré-roll à l'appui.

De quoi booster sensiblement le chiffre d'affaires numérique du Parisien ? Celui-ci reste relativement confidentiel, de l'ordre de 6% du chiffre total du groupe en 2016. "Cela peut paraître peu au regard des ratios de groupes comme Le Figaro – CCM Benchmark ou Prisma Media qui ont diversifié leur activité numérique. Mais c'est une belle performance en matière de monétisation des contenus éditos. D'autant que nous sommes à l'équilibre."

 

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