Quel business model pour la presse en ligne ? Presse traditionnelle : vers un modèle mixte généralisé

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Philippe Jannet, président du Groupement des éditeurs de services en ligne et directeur du Monde Interactif © S. de P. Le Monde Interactif / Miguel Medina/AFP

Pour Philippe Jannet, "le modèle mixte du Monde semble plus performant car il permet non seulement de générer des revenus tout en valorisant un fort inventaire publicitaire".


Mais pour monétiser son audience, la presse traditionnelle doit être en mesure de proposer des services supplémentaires comme chez Liberation.fr qui comptait 17 000 abonnés payants en 2009 "dont la majorité est concentrée sur l'offre à 15 euros par mois qui permet d'obtenir Libération en avant-première dès 20h, alors que le journal papier est en cours de montage " précise Ludovic Blecher, directeur des nouveaux médias et rédacteur en chef de Liberation.fr. Mais toutes ces initiatives ne sont pas rentables, au contraire puisque "nous avons par exemple arrêté les éditions Ville de Liberation.fr en dehors de celles de Toulouse, Lyon et Marseille où nous avons encore des correspondants", concède-t-il.


La presse traditionnelle a pour avantage de bénéficier de son audience papier pour la convertir au numérique : "Le Monde compte entre 110 000 et 120 000 abonnés en presse papier et un peu plus de la moitié d'entre eux a déclenché des abonnements numérique " indique Philippe Jannet. Le site compte désormais 40 000 abonnés qui ont opté pour le "tout numérique" et 22 000 pour la formule premium qui comprend l'édition tous supports confondus. "Il y a un an, ils étaient 10 000" se félicite Philippe Jannet. "Les grands comptes jouent également un rôle dans la diversification de nos revenus puisque nous comptons autour de 25 000 abonnés professionnels", poursuit-il.

 

A la conquête des thématiques verticales

Les médias traditionnels s'accordent à concéder une place importante au développement de thématiques verticales, constituant un réel vivier d'audience. A ce titre, le Monde Interactif souhaite intensifier sa diversification sur les thématiques économiques, "où nous étions jusque-là un peu faible" reconnaît Philippe Jannet ainsi que sur le "lifestyle", thématique qui inclut luxe, mode et haut de gamme. Une stratégie dont l'objectif est de répondre aux attentes des annonceurs.


pierre conte, président de figaromédias et directeur adjoint du groupe figaro
Pierre Conte, président de FigaroMédias et directeur adjoint du Groupe Figaro © S. de P. Le Figaro

Mais c'est au Figaro que cette stratégie de diversification verticale atteint son paroxysme. Le site du Figaro générait 110 millions d'euros à fin 2010, soit 20% du chiffre d'affaires du groupe, dont 60% générés par le portail de petites annonces Figaro Classifieds. "Nous allons investir 10 millions d'euros d'ici à fin 2012 dans la création d'écosystèmes verticaux " indique Pierre Conte, président de FigaroMédias et directeur adjoint du Groupe Figaro. Le groupe a racheté Vodeo.tv fin septembre et Isaveurs.com début novembre. Le site se renforce ainsi de répertoires de vidéos à la demande grâce à Vodeo.tv ou de base de données culinaire avec iSaveurs.com qui lui permet de conquérir 600 000 visiteurs uniques supplémentaires en dédupliqué pour Le Figaro.


Le Figaro a également signé un accord de partenariat avec CRM Company afin de lancer la rubrique Figaro Santé qui propose également des programmes de coaching qui seront prochainement lancés. Fin septembre, Pierre Conte annonçait que "Vodeo.tv nous permettra de disposer d'un catalogue de 5 000 documentaires haut de gamme à la demande et donc de diversifier nos activités e-commerce". L'e-commerce vertical est donc un nouveau levier de génération de revenus pour les grands groupes médias.

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