Songpop : pourquoi cette appli cartonne sur Facebook

Avec près de 18 millions d'utilisateurs actifs chaque mois, l'application musicale imaginée par deux Français surfe avec succès sur la vague de la convergence du mobile et du social.

Si vous êtes accro aux jeux sur Facebook et un minimum mélomane, vous avez sans doute déjà entendu parler de SongPop, cette application qui permet de défier ses amis avec des "blind tests" musicaux. Derrière le nouveau jeu à la mode se cachent deux frères entrepreneurs français, Mathieu et Romain Nouzareth, qui ont lancé ce service très simple mais diablement efficace en mai dernier. "Songpop se situe à la convergence du mobile et du social et s'appuie sur un thème aussi universel que populaire, la musique", explique Matthieu Nouzareth. Résultat, l'application a atteint les 13 millions d'utilisateurs actifs par mois en l'espace de quelques semaines (et plus de 18 millions aujourd'hui selon AppData), sans doute également aidée par le soutien d'un VRP inattendu, Mark Zuckerberg, dont le statut vantait les mérites de SongPop, le 21 juin dernier. 


zuckerberg
Un statut qui vaut toutes les publicités du monde... © Capture d'écran

L'application a opté pour un business model "freemium" avec une dizaine de playlists disponibles en version gratuites pour débuter, et une soixantaine d'autres en version payante, au tarif de 1,99 euro. "Le micro-paiement représente 70% de nos revenus contre 30% pour la publicité", confesse Matthieu Nouzareth. Un ratio qui laisse deviner un chiffre d'affaires encore balbutiant lorsque l'on apprend que pour l'instant, "entre 1 et 3% des utilisateurs ont opté pour une version payante." Ainsi, à l'instar de nombreuses applications rapidement érigées au rang de pépites du Web tels Instagram ou Draw Something, SongPop préfère pour l'instant se concentrer sur l'optimisation de l'environnement utilisateur. Ce qui n'empêche pas la société de réfléchir à d'autres pistes de revenus, comme la mise en place d'une solution d'affiliation pour pouvoir capitaliser sur les près de 200 000 clics que le jeu génère chaque jour vers iTunes, en proposant des liens vers les titres écoutés.


Au-delà du concept, la réussite de SongPop tient également à ce que le jeu exploite à plein les fonctionnalités de l'Open Graph Facebook en affichant sur la "timeline" et le "ticker" de l'utilisateur ses interactions avec le jeu, qu'il soit sur le Web ou utilisateur d'une application. Et les résultats observés ont de quoi rendre envieux les développeurs qui peinent à faire émerger leur application. "L'Open Graph a généré 32 millions de clics en juillet et grâce à ce dernier les utilisateurs de SongPop partagent sur Facebook 5 à 6 fois par minutes", rappelaient-on du côté de Facebook lors de la Gamescom. Un engouement et une transparence loin d'être anodins pour le réseau social, lequel voit en la réussite du Français la meilleure des motivations pour les développeurs d'applications. Et pour cause, réussir le virage du "mobile" et du "gaming" est devenu une priorité pour Facebook alors que le flou qui entoure encore toujours son business model suscite les inquiétudes des investisseurs.


songpop ter
La dimension sociale est au coeur d'une application qui nous incite à challenger nos amis. © Capture d'écran

"SongPop est l'un des tous premiers jeux à avoir procédé à un lancement simultané sur Facebook, iOS et Android, se félicite donc Julien Codorniou, aujourd'hui en charge du gaming pour l'Europe, avant de souligner les bonnes performances du nouvel espace d'applications du réseau social qui a drainé 160 millions de clic en août vers l'AppStore. Pour rappel, l'ouverture de l'App Center en juin dernier, qui recense toutes les applications liées au réseau social, qu'elles soient sur le Web ou sur des plateformes mobiles, procède de cette volonté de dynamiser le monde applicatif sur Facebook. "Les développeurs qui se privent de Facebook perdent en visibilité et en argent", prévient d'ailleurs Julien Codorniou avant de brandir l'exemple de 7 des applications les plus populaires de l'AppStore qui sont connectées à l'Open Graph dont la dernière version a introduit une multitude de nouvelles interactions "sans friction" pour l'utilisateur qui facilitent la viralisation.


Conscient que cette nouvelle colle multi-plateforme qu'est l'Open Graph ne suffirait peut-être pas, Facebook a multiplié les annonces à l'attention des développeurs ces derniers jours. A peine apprenait-on que le réseau social allait mettre au point une solution de paiement in-app, qu'il déclarait également qu'il comptait proposer des publicités renvoyant vers l'AppCenter au sein de son application. L'objectif ? Attirer les sociétés les plus innovantes en matière de développement et gaming mobile afin de s'affranchir de Zynga dont la moindre défaillance peut aujourd'hui encore affecter Facebook, en témoigne la chute de son cour d'action suite aux mauvaises performances de l'éditeur de jeu. "Actuellement, 5 des 10 meilleurs développeurs de Facebook viennent d'Europe, contre 1 sur 10 l'an dernier", se félicite d'ailleurs Julien Codorniou. "Un écosystème ouvert et diversifiés participe à la dynamique du monde applicatif sur Facebook", conclut-il. Ce n'est sans doute pas Matthieu Nouzaret qui le contredira, lui qui confesse déjà fourmiller de nouveaux projets d'applications.

Autour du même sujet