La SVOD a séduit à peine un quart des consommateurs français de TV et films online en 2014

VOD France selon Xerfi Si l'arrivée de Netflix doit permettre de donner un coup de boost au marché, la France est largement à la traîne par rapport aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni.

Marqué par l'arrivée de Netflix en septembre, 2014 sera sans doute considéré à terme comme une année charnière dans l'histoire de la VOD française. Après un exercice 2013 en baisse (-4,7%), les recettes issues de la vidéo à la demande ont nettement rebondi en 2014 (+10% en valeur), rapporte Xerfi dans son étude "La production et la diffusion de programmes télévisés", publiée en févier dernier. 

Il faut dire que l'arrivée du géant américain de la SVOD a permis de remettre en question la chronologie des médias qui sclérosait le marché et a obligé les acteurs en place à revoir une stratégie jusque là minimaliste. La demande est pourtant présente. Ainsi les recettes issues de la vidéo à la demande (vidéo payante à l'acte et par abonnement) ont été multipliées par 9 entre 2007 et 2014. Confrontés à la baisse relative de leurs revenus traditionnels (avec notamment un chiffre d'affaires publicitaire qui s'érode), la plupart des éditeurs de chaînes de télévision ont ainsi lancé leur propre service de vidéo à la demande ces dernières années.

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Evolution des recettes du marché de la VOD. © Xerfi

Mais le marché reste toutefois anecdotique au regard des performances globales du secteur, avec moins de 300 millions d'euros de chiffre d'affaires en France en 2013. Si l'arrivée de Netflix permettra sans doute de rebattre les cartes, le segment de la vidéo à la demande payante à l'acte constitue le modèle dominant, concentrant près de 90% des revenus au cours de l'année."Trois profils d'acteurs proposent ce type d'offres, explique Xerfi. Les spécialistes des ventes de contenus en ligne (Apple, Google, Sony), les éditeurs (TF1, France Télévisions, Canal+, Arte) et distributeurs de chaînes de télévision (Orange, SFR)."

Avec seulement 12% du marché en valeur de la vidéo dématérialisée en 2013, le segment de la SVOD en France était donc à la traîne. Selon une étude de l'Ofcom, 26% des consommateurs français de télévision ou de films sur Internet ont utilisé ce type de service en 2014, contre 63% aux Etats-Unis et 42% en Grande-Bretagne. Un retard que Xerfi attribue à la conjonction de plusieurs facteurs : "une chronologie des médias très contraignante sur le territoire (36 mois avant qu'un film ne soit disponible en SVOD), un relatif manque d'exposition de la plupart des plateformes déjà existantes et un recours important au piratage". Ici encore, Xerfi pense que l'arrivée de Netflix et les dommages collatéraux qu'elle occasionne devrait permettre de mettre un coup de pied dans la fourmilière. 

Quelle est la situation fin 2014 ?  Avec près de 600 000 abonnés payants à sa plateforme CanalPlay, Canal+ faisait office de leader indiscuté parmi les éditeurs de SVOD dans l'Hexagone. "Mais la multiplication des éditeurs présents sur ce segment (Netflix, Orange, Wuaki, etc.) risque d'entraîner une reconfiguration du jeu concurrentiel à court ou moyen terme", prévient Xerfi. Canal+ a toutefois anticipé un tel phénomène en élargissant son offre au mobile avec le lancement en avril 2014 d'une application consacrée à CanalPlay.

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Les principales plateformes de SVOD fin 2014. © Xerfi

Source

L'étude "La production et la diffusion de programmes télévisés" est publiée par Xerfi, éditeur indépendant d'études économiques sectorielles.


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