Rénovation énergétique : un moteur pour relancer le BTP ?

Le prêt à taux zéro comme booster de l’emploi dans le BTP, personne n’y pensait réellement. Pourtant, étendu à toute la France, celui-ci a relancé l’achat dans l’ancien. Or qui dit achat dans l’ancien dit également bien souvent travaux de rénovation. Alors quand en plus la rénovation énergétique devient obligatoire...

Depuis le 30 mai 2016, c’est officiel : les propriétaires de biens immobiliers anciens qui entreprendront des travaux "lourds" de rénovation (plus de la moitié de la surface à rénover) devront, à compter du 1er janvier 2017, effectuer les travaux de rénovation énergétique inhérents. Les professionnels du BTP espèrent voir, sous l’influence de ce nouveau décret, une relance du secteur.

A qui pourra profiter la relance ?

Les corps d’états architecturaux et techniques de la branche "second œuvre" du BTP pourront être sollicités dans le cadre de travaux de rénovation et de mise aux normes de bâtiments anciens.

Dans un premier temps, les entreprises intervenant sur l’enveloppe du bâtiment (façade, couverture, étanchéité, bardage…) devraient profiter de cette aubaine.

On remarque d’ailleurs d’ores et déjà une augmentation significative de la demande en main d’œuvre dans ce secteur (+16% par rapport à l’année dernière). Sont concernés les chefs de chantier, conducteurs de Travaux, ingénieurs travaux et directeurs travaux/directeurs d’agence, notamment, qui contribuent de manière significative à la rénovation des bâtiments car ils pilotent, coordonnent et encadrent les équipes opérationnelles sur toutes les phases de l’acte de construction : de la préparation à la livraison (levée des réserves).
 
Les fonctions les plus "pénuriques" restent celles liées aux études : économistes, projeteurs, techniciens/ingénieurs études de prix. Ces fonctions interviennent à la fois en amont du chantier dans le cadre de la définition des contraintes techniques et financières des projets (phase de "conception") et dans la phase d’exécution.

Dans un second temps, on devrait constater une augmentation de la demande au niveau des corps d’états techniques du bâtiment, aussi appelés "fluides" (climatisation, ventilation, chauffage et électricité courants forts/courants faibles).

Les métiers qui s’y rattachent représentent une bonne partie de la demande de recrutement, de plus en plus sur des postes en CDI. Parmi les profils les plus demandés : les chargés d’affaires CVC, conducteurs de travaux CVC et les chefs de chantier CFO/CFA.

Un retour de l’emploi mais des rémunérations stables

Malgré une hausse de la demande et des profils parfois difficiles à trouver, on ne constate pas réellement d’envolée des salaires. Les rémunérations tendent à une certaine stabilité. Seule exception à la règle : les fonctions impliquant la détention d’un diplôme d’ingénieur. Les entreprises s’arrachent les meilleurs ingénieurs travaux, ingénieurs thermiciens/efficacité énergétique et BIM managers à des salaires qui peuvent atteindre les 36/38 000 euros bruts annuels à l’embauche, avec une expérience significative de 2 à 3 ans, en alternance par exemple.

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