Le crowdfunding et la générosité des jeunes, oui mais encore ?

Deux tiers des jeunes jugeraient la générosité importante et semblent plutôt bien informés sur l’univers du caritatif. Néanmoins ils perçoivent l’engagement comme quelque chose de froid et plombé par une impression de distance avec les associations. A l’heure où il est possible de réserver une voiture avec chauffeur de façon quasi-instantanée, en quelque clics, ils devraient pouvoir disposer de la même facilité sur un geste aussi important que celui du don.

Naissance du  “donateur centric”

Il y a 10 ans, Apple transformait le monde avec le lancement de l’iPhone. Le produit avait été pensé d’une manière unique et très novatrice pour un produit technologique à l’époque, replaçant l’ergonomie, le design et l’interface client au cœur de développement technique.

Aujourd’hui, cette révolution "par l’usage" dite “customer centric” est partout. Plus que jamais, le consommateur doit être au cœur de la réflexion stratégique, et le fil rouge de la transformation digitale. Dans ce sens, des marques comme AirBnB ou Uber ont déjà créé de nouveaux référentiels de service et de qualité.

Mais qu’en est-il quand il s’agit d’opérations impliquantes comme le don en ligne ?

Aujourd’hui, quelle est la "customer expérience" vécue par un donateur, jeune ou senior ? En 2017, un donateur reçoit de multiples demandes de dons à réaliser sur des supports tous différents, et souvent physiques. Bordereaux à remplir, courriers accompagnés de produits dérivés, sollicitations multiples, qui peuvent amener à réaliser par mégarde plusieurs fois une contribution (au mois de février et au mois de décembre par exemple). En fin d’année, le bilan de notre générosité reste bien incertain. Occupés que nous sommes à rechercher nos reçus fiscaux et nos contributions, le plaisir du don est rapidement remplacé par une grande lassitude administrative.

Pour le jeune donateur, ces méthodes sont en décalage avec ses repères. Ces supports statiques et dispersés ne vont pas lui ni offrir la souplesse dont il a l’habitude (mettre de côté pour reprendre plus tard, rechercher une précision sur Google avant de continuer, vérifier l’état de ses comptes sur l’appli de sa banque), ni le dynamisme qui stimule son action. Ce dynamisme, c’est ce qui crée de la rétention et provoque du plaisir, un véritable plaisir d’agir, et de créer l’impact. Comme tout ce qui se passe dans la vie de cette nouvelle génération, ce plaisir doit pouvoir se partager en un clic : chaque don est un souvenir riche et marquant. Il faut donner les moyens à ce nouveau comportement de s’exprimer pleinement.

Le   crowdfunding de don prend le relais de modalités de collectes plus classiques chez les jeunes car il répond à cette notion de plaisir et ce besoin d’information partagée. Il   donne   de   la   puissance    à   la   contribution,  car   le   don   compte    deux    fois : financièrement tout d’abord, mais aussi comme valeur de plébiscite déclenchant un effet d’entrainement. Mais cela ne suffit pas, il faut aller encore plus loin : développer des outils de contribution et de mise à disposition des données en transparence, et surtout adaptées à cette cible agile.

C’est toute la valeur ajoutée du portefeuille philanthropique par exemple : elle met en scène l’approche customer centric initiée par Apple et évoquée plus haut. Ici on parlera aisément du "donateur centric". Il s’agit de proposer au jeune donateur le pouvoir sur son action. Il pourra ainsi piloter en direct un budget de don qu’il aura alloué mensuellement ou annuellement autour d’une expérience personnalisée et de qualité : monitoring, suivi d’impact, reçus fiscaux. Sans oublier les fondamentaux : simplicité, zero papier. Il répond aux besoins de simplifier au maximum l’acte de don, son suivi, sa gestion, et de mettre en avant des données agrégées et personnalisées qui développeront la fierté de chaque contributeur, et lui donneront envie de participer, de continuer, et de le diffuser.

Le don est un outil idéal pour créer du bien commun, car contrairement à l’impôt il est libre et choisi, il responsabilise chacune des parties, le donateur et le receveur. Il permet de s’approprier les sujets, de sensibiliser beaucoup plus largement car on peut les vivre de l’intérieur et le partager avec ses proches.

Les jeunes donateurs l’ont compris et ont intégré que la somme de leurs gestes, même modeste, a un impact qui peut contribuer à changer positivement le monde. C’est ce que j’appelle l’intelligence de la foule, et c’est une intelligence collective qui s’exprime alors naturellement parce qu’on la débride. A nous de les aider à la débrider plus et plus vite !

(1) Etude sur les Jeunes et la générosité, octobre 2012 1500 français âgés de 18 à 29 ans enrichie d’une étude qualitative auprès de 15 d’entre eux.

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