Albert Edwards (SocGen) : "Si j'ai raison, la bourse US chutera de 75%"

Pour l'économiste, l'économie américaine est au bord du précipice. Et le coupable de l'effondrement boursier à venir est tout trouvé.

Il y a les cyniques, les pessimistes, et il y a Albert Edwards, économiste à la Société Générale, unique en son genre.

Selon lui, si l'économie américaine entre en récession à cause d'une faible production manufacturière, les actions vaudront moins du quart de leur valeur actuelle.

C'est une prévision lourde de conséquences.

D'après Edwards, l'indice S&P 500 pourrait passer sous le seuil des 666 qu'il avait touché lors de la crise financière de 2008, et finir à 550 seulement.

Sa théorie repose sur le fait que les banques centrales ont gonflé les prix des actifs après la crise de 2008 et n'ont pas laissé les actions atteindre les points les plus bas qu'elles auraient dû toucher.

Les banques centrales ont également provoqué une énorme bulle de la dette qui s'est propagée dans les marchés émergents et en Chine, qui contraint aujourd'hui les monnaies des marchés émergents à la dévaluation, ce qui pourrait conduire à une spirale déflationniste et à la récession américaine.

Maintenant que les banques centrales n'ont plus de munitions pour soutenir les actions, les cours des actifs vont s'effondrer si le pays entre effectivement en récession. Les actions seront valorisées 7 fois les profits.

Edwards pense que les Etats-Unis sont au bord du précipice. Les faibles données manufacturières font office de canari dans la mine de charbon.

Quand une économie fonce droit vers une récession, c'est presque toujours le secteur manufacturier qui prend le secteur le moins volatile, celui des services, par la main et le conduit dans un monde souterrain de récession.

Voici le graphique :

 

Edwards poursuit son discours pessimiste, ajoutant :

Si j'ai raison et que nous venons d'assister à un cycle haussier dans un marché baissier à long terme, alors la prochaine récession aura de graves répercussions pour les investisseurs mal préparés pour la chute des cours boursiers à leur nouveau plancher. Chuter à un ratio Shiller PE de 7 entraînerait un effondrement du S&P aux alentours des 550 points.

Je réitère : si mes prévisions s'avèrent justes, le S&P tomberait à 550, soit une baisse de 75% par rapport à son récent plus haut de 2 100. Ce sera évidemment une catastrophe pour l'économie via l'effet de richesse et le travail acharné de la Fed à travers le déploiement de son quantitative easing n'aura servi à rien.

C'est pourquoi je pense que la Fed combattra le prochain marché baissier avec toutes les armes à sa disposition, y compris des taux directeurs négatifs en plus du quantitative easing. La politique de taux d'intérêt négatifs deviendra en effet chose commune.

Beaucoup pensent qu'un effondrement boursier de 75% est impossible. Ces mêmes personnes disaient quelque chose de similaire en 2008 avant la crise financière mondiale. Elles, la Fed comprise, n'ont pas réussi à anticiper la vulnérabilité de l'économie américaine qui tomberait dans une profonde récession bien avant que Lehmans fasse faillite en septembre 2008.

 

Article de Ben Moshinsky. Traduction de Soraya Bouznada, JDN.

Voir l'article original : Albert Edwards: If I am right, the US stock market will fall 75%

 

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Crise financière / SOCIÉTÉ GÉNÉRALE