Société Générale : la banque d'investissement passe au cloud 2.0

Après un proof of concept, la Banque de Grande Clientèle et Solutions Investisseurs de la Société Générale a décidé de se lancer dans la création d'un cloud privé orienté Docker.

La Société Générale était présente à la DockerCon Europe à Barcelone les 16 et 17 novembre. Sponsor de cette deuxième édition de l'événement client de Docker sur le Vieux Continent, la banque était d'ailleurs le seul acteur hors secteur informatique à y tenir un stand - aux côtés de nombreux partenaires de l'éditeur américain. Une manière pour le groupe français de bien mettre en avant son intérêt pour les innovations portées par Docker en matière de cloud. Est-ce surprenant ? Pas tant que ça, quand on connait l'historique de cette banque sur le numérique, et sa politique d'ouverture sur l'écosystème digital depuis environ deux ans. Organisation de Hackathons, contributions actives à des meetups technologiques, implication dans plusieurs rendez-vous majeurs sur le numérique (Concours du Meilleur Dev de France, Devoxx, Cloud Computing World Expo)... La participation de la Société Générale à la DockerCon Europe est la dernière initiative d'une liste déjà longue.

Un Poc sur Docker qui se révèle concluant

Le stand de la Société Générale sur l'espace d'exposition de la DockerCon Europe 2015 qui se tenait les 16 et 17 novembre à Barcelone. © JDN

Mais derrière la présence de la Société Générale à la DockerCon Europe se cache aussi, bien évidemment, un intérêt du groupe, pour Docker. Voilà quelques mois, un projet de proof of concept (Poc) sur cette technologie a été initié au sein de sa branche Banque de Grande Clientèle et Solutions Investisseurs (GBIS). Aux côtés de la banque de détail, il s'agit de l'un des deux principaux pôles de la Société Générale. Il regroupe la banque de financement et d'investissement, la gestion d'actifs, la banque privée et les services aux investisseurs. "Notre Poc sur Docker a été concluant", confie Adrien Blind, DevOps coach & Disruptive agitator chez GBIS, que nous avons pu rencontrer à la DockerCon.

Lors de cette phase de Poc, trois cas d'utilisation de Docker ont été définis par la banque. D'abord, cette technologie est identifiée comme un levier pour optimiser le déploiement continu. Du fait de sa légèreté, le container permettrait en effet à GBIS de gérer plus rapidement ses mises en production qu'avec des VM classiques. Second cas d'usage dans la ligne de visée de GBIS : la gestion des montées en charge. De par sa capacité à provisionner des images presque à la volée, le container offre un niveau d'efficacité sur ce terrain, là encore, bien supérieur aux VM. "Dans un environnement métier comme les marchés financiers, certaines applications ont une charge de travail fluctuante ; le dimensionnement de leurs ressources informatiques doit donc pouvoir s'adapter dynamiquement tout au long de la journée ; les conteneurs facilitent la gestion de cette problématique", commente Adrien Blind. Dernière piste envisagée : utiliser les containers comme levier pour évoluer vers le cloud public, en exploitant notamment leur capacité de portabilité sur des IaaS différents.

Vers une première plateforme Docker en production

Dès lors, le prochain défi pour GBIS est de bâtir une plateforme Docker pour héberger en interne des applications en production. Pour construire un tel cloud privé, GBIS envisage de faire appel à l'une des technologies phares positionnées sur ce terrain. CloudFoundry et OpenShift (Red Hat) sont cités en exemple. Mais GBIS devra, aussi, composer avec son existant. Ce pôle de la Société Générale a en effet déployé un vaste cloud privé basé sur l'offre VMware.

Avec Docker, les équipes de production et de développement vont pouvoir parler le même langage

Parallèlement, les équipes de production et de développement de GBIS vont, également, devoir apprivoiser Docker pour en exploiter au mieux les avantages. Un petit défi en matière d'accompagnement du changement. "Ce serait précisément le rôle de coachs IT, et notamment des nos coachs DevOps, que de faire face à cet enjeu", poursuit Adrien Blind. "Avant d'être coachs, ils ont souvent acquis une expérience assez proches des professionnels qu'ils accompagnent désormais. Cela leur confère une légitimité, et leur permet de parler le même langage, en utilisant des exemples qui parlent aux équipes."

Pour finir, les containers pourraient bien contribuer à faire passer la démarche de déploiement continu de GBIS dans une nouvelle ère. La technologie Docker représente en effet un moyen de matérialiser une passerelle entre les activités de GBIS liées à la gestion de l'infrastructure IT et celles centrées sur le développement d'applications. Des missions actuellement attribuées à deux DSI bien distinctes. "Avec Docker, c'est un nouveau point de convergence qui se dessine", analyse Adrien Blind. Ainsi, la DSI en charge de l'infrastructure pourrait typiquement, à terme, fournir des images de base applicative, non plus sous la forme d'"artéfacts de code", mais de containers... Des containers sur lesquels les équipes de développement pourraient ensuite porter les applications métier.

SOCIÉTÉ GÉNÉRALE / Docker