Atlassian, l'éditeur qui fait un carton auprès des équipes agiles

A la veille de son introduction en Bourse, le point sur la stratégie de ce spécialiste australien de la collaboration, connu pour ses produits phares : Jira, HipChat ou Bitbucket.

Ce n'est plus une start-up. Depuis sa création à Sidney, en 2002, Atlassian avait levé 210 millions de dollars au cours de deux tours de table. Cet éditeur australien, spécialiste du collaboratif et de la gestion de projet, s'est introduit au Nasdaq le 10 décembre 2015. Il a pu lever pour l'occasion 462 millions de dollars. Un niveau qui lui a permis de hisser sa valorisation à 5,8 milliards de dollars.

51 000 entreprises clientes revendiquées

Fondé par deux étudiants, Scott Farquhar et Mike Cannon-Brookes, aujourd'hui trentenaires, Atlassian emploie plus de 1 300 personnes et compte quelque 51 000 entreprises clientes. Dont de belles références en France avec Alstom, Peugeot, Michelin, Airbus, Safran, Crédit Agricole, Axa, France Télévisions, Voyages-sncf.com ou Criteo. Leur point commun : le recours aux méthodes agiles. C'est, en effet, sur Jira, sa solution historique de gestion de projet dédiée aux équipes agiles, qu'Atlassian a bâti son offre. Une offre enrichie depuis par des outils de développement logiciel (Bitbucket, Bamboo) et de collaboration (HipChat, Confluence).

La gestion de projet agile pour les métiers

La version 7 de Jira - contraction de Gojira, le terme japonais de Godzilla – comprend trois modules. Le plus connu, Jira Software, est dévolu aux équipes de développement rompues à Scrum ou Kanban. Cet outil permet de créer des "user stories", de planifier des itérations puis d'affecter des tâches aux différents développeurs d'un projet. Dans ce registre, les concurrents les plus connus sont Rally et VersionOne.

En aval du développement, Jira Service Desk s'adresse, lui, aux équipes de production. Il gère les tickets d'incident, les engagements de service qualité (SLA). Enfin, dernier né de la famille Jira, Jira Core se destine à la gestion de projet agile mais, cette fois, pour les équipes métiers (marketing, finance, qualité, RH…).

Jira permet de piloter des projets impliquant plusieurs développeurs. © Capture JDN

"Atlassian avait observé que de plus en plus de sociétés utilisaient Jira pour des projets autres que le développement logiciel", note François Dussurget, président de Valiantys, société partenaire de l'éditeur depuis 2006. Gérant avant tout des processus, la solution peut s'appliquer à différents besoins métiers comme la gestion de demandes d'accès, l'intégration de nouveaux collaborateurs (onboarding) ou le circuit de publication d'un média. On découvre de nouveaux cas d'utilisation tous les jours."

Chat et wiki d'entreprise

En complément de Jira, Atlassian a créé des outils de développement logiciel. Le plus connu, Bitbucket est une surcouche des logiciels de gestion de version Git et Mercurial. Cette solution SaaS de développement d'applications est en concurrence avec GitHub. Outil d'intégration continue prenant en compte la qualité du code, Bamboo est, lui, rival de Jenkins.

Interface utilisateur de Bitbucket. © Capture / JDN

Atlassian a ensuite développé les plateformes de collaboration qui vont avec. Technologie rachetée il y a trois ans, HipChat se positionne sur le même créneau que Skype for Business (ex Lync) de Microsoft mais aussi des solutions SaaS comme Slack ou Asana. Chat d'entreprise, HipChat permet aux salariés d'émettre des appels vidéo, d'échanger des messages, de partager des fichiers ou leurs écrans, en limitant ainsi l'usage du mail.

HipChat est considéré comme le principal concurrent de Slack.© Capture / JDN

Confluence est, lui, un wiki d'entreprise. Cet outil de gestion de contenu permet de créer des espaces collaboratifs, d'alimenter une base de connaissances. Comparé à tort à SharePoint de Microsoft, qui n'est pas un wiki mais davantage un réseau social d'entreprise ou une solution de GED, il faut plutôt se tourner vers le monde open source, avec MediaWiki ou XWiki, pour trouver des équivalences.

Confluence est un outil de gestion collaborative orienté wiki. © Capture JDN

Une place de marché avec plus de 2 000 add-ons

Pour François Dussurget, Atlassian tire sa force de la modularité et l'interopérabilité de son offre. "Je peux partir du gestionnaire de de tâches Jira et, en cas de problème, ouvrir un fil de discussion dans HipChat et ainsi de suite", explique-t-il. L'autre atout de l'éditeur australien, c'est son modèle économique, plutôt atypique. Pas de représentation commerciale dans les pays où il implanté ou de service marketing, Atlassian s'appuie sur un réseau de partenaires pour l'accompagnement et la formation - dont Valiantys et Netapsys dans l'Hexagone.

Ses produits sont téléchargeables directement sur son site avec des tarifs transparents affichés par utilisateur. Pour rassurer les DSI qui pourraient voir d'un mauvais œil toutes ces solutions SaaS pulluler dans son dos, Atlassian propose une offre "Enterprise" pour les grands comptes. La plateforme peut-être hébergée dans l'entreprise, et elle bénéficie d'un support 24/7. Enfin, Atlassian dispose d'une place de marché où plus de 2 000 add-ons viennent enrichir ses solutions. Valiantys commerciale des extensions sur cette app store. La société basée à Toulouse propre aussi, Azanda, un outil gestion des processus Itil (ITSM) basé sur les technologies d'Atlassian.

Gestion de projet / Introduction en Bourse