Présidentielle 2017 : comment BVA passe à l'ère de l'institut de sondage digital

Dans la perspective des présidentielles, BVA se dote d'un outil d'analyse de tendance sur les réseaux sociaux. Pour mieux comprendre l'influence du Web sur les votes, il va aussi animer sa propre communauté de citoyens.

En vue des élections présidentielles françaises de 2017, l'institut de sondage BVA a souhaité se doter d'un dispositif de suivi de l'opinion sur le web. "Aux côtés des médias et des prises de parole des leaders d'opinion, ce qui se passe sur la toile, en termes conversationnels autour des hommes politiques, de leur programme, des échanges entre citoyens... contribue à cristalliser les intentions de vote. C'est pour mieux comprendre l'incidence de ces mouvements que nous avons décidé de nous outiller", explique Gérard Lopez, président de BVA.

Radian6 : l'outil Analytics de Salesforce sous le capot

L'institut de sondage s'est orienté vers l'application Analytics Radian6 de Salesforce. Un environnement (en mode cloud) qui est conçu pour suivre 650 millions de sources à travers le web (Twitter, Facebook, YouTube, blogs, sites d'actualité...). Grâce à cet outil, rien ne devrait plus échapper à BVA. Ses équipes pourront détecter immédiatement un emballement d'Internet autour d'un candidat ou d'une question politique particulière. L'idée étant, aussi, de mettre le doigt sur des signaux faibles susceptibles de préfigurer des signaux forts éventuellement décisifs sur le résultat final.

Une plateforme communautaire pour mieux comprendre l'opinion

Reste à saisir le fonds de ce qui est échangé dans le flot de messages analysés par Radian6. Dans ce but, BVA a déployé POP2017. Un site web communautaire sur lequel l'institut va animer des débats citoyens et faire intervenir des personnalités politiques en chat. "Il sera ouvert à tous, et chacun pourra proposer des thèmes de discussion. Tous ces échanges vont nous permettre de cerner l'étendu et la richesse des opinions, et mieux comprendre pourquoi le Web s'est enflammé sur tel ou tel sujet", poursuit Gérard Lopez. Là encore, c'est la technologie de Salesforce qui entre en action - et, ici, sa solution de gestion de communauté notamment (Community Cloud).

POP2017 est un site communautaire lancé par BVA autour de la présidentielle. Son objectif : proposer des débats citoyens et des chats avec les hommes politiques pour mieux comprendre la manière dont se forgent les intentions de vote. © Capture JDN

Pour faire connaitre le site POP2017, et fédérer une communauté de plusieurs milliers de citoyens autour (c'est l'objectif), BVA a signé un partenariat avec Syndicat de la Presse Quotidienne Régionale. Dans le cadre de cet accord, ses quelque 30 journaux membres vont relayer l'initiative POP2017 sur leur site web (par le biais de widget sociaux, de contenu...).  Orange intégrera aussi la plateforme citoyenne de BVA à son portail en marque blanche.

L'ensemble du dispositif doit être déployé d'ici la fin du mois de septembre.

Cerner l'impact d'un buzz sur les intentions de vote

En aval, les sondages d'intention de vote réalisés par BVA permettront d'estimer l'impact réel des buzz détectés en corrélation avec les tendances d'opinion qu'ils colportent - tendances qui, elles, seront donc identifiées sur POP2017.

Prédire le comportement des abstentionnistes et des indécis

Au final, c'est donc un dispositif alliant analyses (et études) qualitatives et quantitatives qui est échafaudé par BVA. "On s'est rendu compte que certains débats autour de nouvelles lois, qui faisaient pourtant le buzz, pouvait n'avoir aucune incidence sur les intentions de vote. C'est également le cas d'informations relayées par la presse sur la vie privée des hommes politiques. La plupart du temps, il n'y a pas de conséquence non plus. Nous allons désormais avoir les moyens de mieux appréhender ces phénomènes", décrypte Gérard Lopez.

Mais ce qui intéresse le plus BVA avec son nouveau dispositif est de prédire le comportement des abstentionnistes, notamment des quelque 20 millions de français qui n'ont pas voté aux dernières élections intermédiaires (européennes et régionales), mais dont la moitié environ se déplacera pour les élections présidentielles. A ce premier groupe s'ajoutant les indécis qui prendront leur décision à la dernière minute, dans l'isoloir. Prédire ce qui est le moins imprévisible... Tout est là. Il s'agit bien de la quête du Graal des instituts de sondage, notamment lors de ce moment phare de la vie politique française qu'est la présidentielle.

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