Test du Cloud Desktop : la nouvelle offre de Desktop as a Service d’OVH

Lancée il y a quelques jours en version finale, "Cloud Desktop" permet d'accéder à un bureau Windows à distance, dans le cloud d'OVH. Test, et comparaison avec les services similaires proposés par Amazon et Microsoft.

Il y a quelques semaines, l'offre de Desktop as a Service d'OVH (aussi appelée DaaS ou DeskaaS ou encore Cloud Desktop) sortait de bêta, et rejoignait le catalogue d'offres du groupe roubaisien. Pour rappel, cette solution propose de louer, au mois, l'utilisation d'un bureau Windows hébergé chez OVH et accessible depuis n'importe quel terminal.

Le système proposé repose sur Windows Server 2012 R, et il est localisé à Roubaix : il n'y pas d'autres options. L'utilisateur pourra tout de même choisir entre plusieurs offres, allant de 10 à 40 euros HT, avec plus ou moins de processeurs, de RAM ou de stockage.

Trois offres de Cloud Desktop sont proposées par OVH, et une quatrième, très musclée, avec GPU, doit être "bientôt" ajoutée.  © OVH

Nous avons testé l'offre Cloud Desktop 2. Il n'y a aucun paramétrages à réaliser : juste quelques clics à réaliser et un numéro de CB à donner, puis OVH envoie rapidement par mail une URL (celle d'où sera accessible le bureau virtuel), un nom d'utilisateur et un mot de passe. Une documentation succincte est aussi transmise : suffisante pour un usage basique, elle se limite à expliquer comment réaliser des copier-coller ou modifier les préférences de langue. Le démarrage est donc rapide, et surtout, le bureau virtuel va pouvoir être accessible depuis n'importe quel terminal – puisqu'une URL suffit pour accéder au service. 

Démarrage, et premières impressions

Le fait que le démarrage soit rapide est une bonne nouvelle, même si cela peut aussi être un inconvénient. Car si aucun paramétrage ne peut être effectué en amont, cela veut dire que certains administrateurs devront réaliser des réglages en aval - ils pourront aussi s'orienter vers l'offre, "Horizon View as a service" d'OVH, mieux pensée pour gérer une série de bureaux virtuels (une offre encore en bêta, mais sur le point de sortir en version finale).

La machine est immédiatement fonctionnelle

Plusieurs applications sont préinstallées sur le "Cloud Desktop", comme Firefox, LibreOffice, Adobe Reader, ou VLC. La machine est donc immédiatement fonctionnelle pour une utilisation bureautique. Des logiciels complémentaires peuvent être rapidement téléchargés, permettant au Bureau de vite pouvoir répondre aux besoins des différents cas d'usage listés sur le page officielle de l'offre : rendez-vous commerciaux, missions à durée limitée, travail en mobilité, et développement logiciel.

Un bureau virtuel réellement tout terrain

En fait, le système repose sur Horizon de VMware. C'est ce qui va permettre au bureau virtuel d'être accessible depuis les navigateurs, mais aussi depuis de nombreux clients, pour Mac, iOS, Windows Android, et même Linux.  La technologie de VMware, Horizon, a déjà fait ses preuves, et fonctionne bien sur les terminaux. Il n'y a aucun ralentissement ou problème susceptible d'empêcher de travailler convenablement sur la machine virtuelle (ce qui n'avait pas été le cas, rappelons-le, lors du test de l'offre d'Amazon, WorkSpaces).

L'app Horizon de VMware donne accès au bureau virtuel d'OVH. Elle fonctionne bien, même sur une ancienne tablette Android. Les menus gris, à gauche, en bas et en haut, peuvent disparaître. © Capture

Sur mobile, l'app gère assez bien le tactile, en laissant plusieurs options possibles. Les utilisateurs l'ont assez bien notée (4/5 sur le PlayStore, 4,5/5 chez Apple). Il y a aussi l'accès web, même si les clients téléchargés offrent plus de possibilité, avec des menus de paramétrage plus riches. Enfin, saluons la possibilité d'accéder au bureau Windows depuis un terminal Linux, ce que ni Microsoft, ni Amazon ne propose. OVH marque ici clairement un point, car il s'agit actuellement de la fonctionnalité la plus demandée à Microsoft… 

Quelques critiques

La documentation fournie aurait pu être plus complète

L'interface comporte toutefois un Server Manager que l'utilisateur lambda aura bien du mal à comprendre et à utiliser. Heureusement, cela ne l'empêchera pas d'effectuer les tâches basiques. Mais la documentation fournie aurait pu au moins aborder ce Server Manager, bien visible sur le bureau.

Autre petite remarque, sous forme d'avertissement : nous avons dû réaliser les mises à jour de Windows sur ce bureau virtuel, alors que pour certains, ce type de solutions Cloud doit justement les décharger, par défaut, de toute maintenance...

L'offre de DaaS la plus convaincante

Le bureau virtuel depuis un smartphone Android. © capture

Cloud Desktop d'OVH n'en reste pas moins l'offre de DaaS la plus convaincante essayée, par rapport aux deux autres services du même genre testés (c'est-à-dire celui de Microsoft, Azure RemoteApp, et celui d'Amazon, WorkSpaces). L'offre d'OVH a pu gommer des défauts constatés chez la concurrence : elle ne souffre pas des bugs rencontrés chez Amazon, et l'installation d'applications est plus simple qu'avec l'Azure RemoteApp, ce qui rend le bureau d'OVH nettement plus facilement personnalisable.

Les tarifs d'OVH sont aussi compétitifs. A titre de comparaison, une machine moyenne, comme celle testée (2 CPU, 4 Go de RAM et 50 Go de stockage) est facturée 19 euros HT par mois chez OVH, contre 37 dollars par mois (soit 33 euros) chez Amazon. C'est certes moins cher chez Microsoft (15 euros par mois maximum) mais l'utilisateur devra par défaut se contenter des apps Microsoft (Office, donc, notamment), à moins de se lancer dans un processus de personnalisation qui restera trop complexe pour le plus grand nombre. 

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