Le cloud est-il assez mature pour les projets digitaux les plus avancés ?

Le cloud est-il assez mature pour les projets digitaux les plus avancés ? La question était au programme de la conférence inaugurale du salon Cloud Computing World Expo. Des représentants de Total et de la SNCF ont livré leur témoignage.

Les géants du cloud ne cessent de vanter la qualité de leurs services dans l'optique de motoriser les chantiers digitaux les plus ambitieux. Services web, big data, IoT, intelligence artificielle... A les écouter, ils seraient capables de répondre à tous les besoins, y compris les plus avancés. Mais qu'en est-il vraiment ? Leurs solutions pour la plupart très récentes sont-elles suffisamment mûres pour ces projets ? Le sujet était au programme de la keynote inaugurale de Cloud Computing World Expo, salon qui se tient ces 22 et 23 mars à Paris et dont le JDN est partenaire.

A la SNCF, le big data désormais éligible

Pour ce qui est des sites et autres applications web, le cloud est désormais considéré comme une solution pleinement adaptée. Déjà largement répandu, ce point de vue a été une nouvelle fois souligné par l'un des intervenants. "Nous avons choisi Amazon Web Services pour déployer notre web factory. Le cloud est plus que mature pour ce type de scénario", estime Joel Narigueta, architecte digital au sein du groupe pharmaceutique français Ipsen. "Cette approche nous permet d'accélérer le déploiement de nos site. La couverture mondiale d'AWS nous permet aussi de bénéficier de points d'hébergement presque partout dans le monde." Un vrai plus pour Ipsen sachant que ses produits sont commercialisés dans 115 pays.

Raphael Viard est le CTO d'e.SNCF : la direction en charge des systèmes d'information, des télécoms et de la stratégie digitale de la SNCF. © Cherche Midi Expo

En matière de big data, "les solutions sont désormais à la hauteur de ce que nous attendons", souligne de son côté Raphael Viard, CTO d'e.SNCF. "Nous avons jusqu'ici préféré opérer nos systèmes de big data en interne mais nous envisageons maintenant de recourir au cloud pour les mettre en œuvre." Même constat chez Ipsen, dont le data lake a été directement déployé sur un cloud public (là encore chez AWS). Joel Narigueta a cependant tenu à pondérer son point de vue : "l'offre cloud dans ce domaine est mature en termes d'infrastructure mais beaucoup moins en termes d'outillage. C'est un terrain qui reste à défricher".

Le HPC et l'IoT, deux pistes étudiées par Total

Autre question : qu'en est-il du calcul haute performance (HPC) en mode cloud, là encore un champ qu'investissent de plus en plus les grands fournisseurs IT ? Total, également représenté lors de la conférence, a étudié l'offre disponible. Il faut dire que le HPC est une brique stratégique pour le groupe pétrolier. Elle lui permet d'apprécier la morphologie des sols en vue de dénicher de nouveaux gisements. Jusqu'ici, Total mise dans ce domaine sur une infrastructure de traitement maison (elle est classée actuellement à la 16e place du classement Top500 des supercalculateurs les plus puissants). "Nous envisageons désormais de recourir à des services cloud de HPC en cas de besoin en ressources de calcul supplémentaires. Mais nous n'irons pas plus loin pour le moment. Les résultats de nos premiers tests sont en effet mitigés. Les solutions cloud de calcul haute performance reposent sur des technologies de commodité peu adaptées à des traitements verticaux", indique Emmanuel Gachet, directeur de la division IT Factory de Total.

Joel Narigueta est architecte digital au sein du groupe pharmaceutique français Ipsen. © Cherche Midi Expo

Enfin, la question de recourir au cloud pour piloter des flottes d'objets connectés a également été abordée lors de la keynote. Sur ce point, Raphael Viard a rappelé le choix fait par la SNCF d'utiliser la plateforme Watson IoT d'IBM. Une offre cloud que le groupe ferroviaire prévoit de mettre en œuvre pour recueillir des données en provenance de milliers de capteurs présents sur les voies, dans les trains ou dans les gares. L'un des principaux enjeux du projet pour la SNCF est de se doter d'une plateforme de maintenance à distance des équipements, permettant de détecter d'éventuelles pannes.

Chez Total, le recours au cloud dans le cadre de l'IoT est aussi d'actualité. "Nous envisageons d'installer des capteurs pour suivre l'état des vannes dans nos usines", indique Emmanuel Gachet. Sur le front du véhicule connecté, enfin, Total a aussi lancé en Allemagne une offre de voitures en libre-service (baptisée DriveNow), équivalente à l'Autolib parisien, avec à la clé une série de services associés opérés eux aussi en mode cloud. Un projet (lancé en partenariat avec BMW) également évoqué par Emmanuel Gachet. "Le véhicule règle par exemple lui-même la facture quand le client passe dans une station-service Total. Et en échange le client est crédité de 20 minutes gratuites de location. En arrière-plan, c'est le cloud qui se charge de gérer l'ensemble du process", précise le directeur de la division IT Factory du groupe. 

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