Packet, un fournisseur de cloud bare metal optimisé pour Docker

Packet, un fournisseur de cloud bare metal optimisé pour Docker Lancé en 2014, ce fournisseur IT américain allie les avantages du cloud public aux performances des serveurs dédiés. Sans compter la prise en charge des containers virtuels.

Encore peu connu de ce côté-ci de l'Atlantique, Packet commence à faire entendre sa voix dans le monde du cloud. Le positionnement de ce fournisseur, né à New-York en juin 2014 est atypique. Il propose des services de cloud orientés bare metal sans machine virtuelle ni d'hyperviseur. Chaque utilisateur dispose de son propre serveur physique. Un moyen d'allier la flexibilité du cloud public tout en bénéficiant d'une infrastructure dédiée.

Cette association peut séduire des entreprises en quête de performances élevées et souhaitant travailler dans un environnement isolé pour faire tourner, par exemple, des containers Docker. Un élément que met aussi en avant Packet. Le paiement se fait à l'heure, de 5 cents à 1,75 dollar en fonction de la configuration du serveur (de 4 à 96 cœurs de processeur).

Un "cloud 2.0"

Dans sa profession de foi, Packet se présente ni plus ni moins comme "le leader du cloud 2.0" reléguant Amazon Web Services (AWS) au statut de cloud 1.0. En soit, la tendance des serveurs en bare metal n'est pas nouvelle. Rackspace et IBM (avec SoftLayer) proposaient déjà ce type d'offre. C'est également le cas en France d'OVH et d'Online.net à ceci près que ces deux hébergeurs facturent au mois.

Pour son PDG, Zachary Smith, Packet se destine à la nouvelle génération de développeurs adeptes des technologies de containerisation, cette plateforme étant optimisée pour accueillir des orchestrateurs de containers comme Rancher ou Docker Swarm. Une API permet à ces outils de s'interfacer avec le service. Elle pourra, par exemple, faire appel à Rancher pour créer un hôte sur une machine bare metal.

Capture d'écran de la console de pilotage de Packet. © JDN / Capture

Lancé en août 2015, Packet a séduit plus de 3 000 utilisateurs dès la première année. Parmi ses références clients, on relève beaucoup d'entreprises high-tech comme Ripple, Quay.io, Baremetrics ou Grafana. Le fournisseur s'appuie sur quatre data centers. Deux sont basés aux Etats-Unis (dans le New Jersey et en Californie), un en Europe (à Amsterdam) et un en Asie (à Tokyo).

SoftBank, un investisseur clé

Parti avec un financement initial de 1,75 million de dollars, Packet a levé 9,4 millions de dollars en août 2016, avec pour principal investisseur le géant des télécoms japonais SoftBank. Un groupe qui s'est illustré l'an dernier en rachetant ARM Holdings, le spécialiste britannique des processeurs du même nom, pour 32 milliards de dollars. Dans la foulée de ce tour de table, Packet a d'ailleurs annoncé une configuration de serveur bare metal basée sur l'ARM v8.

Que pensent les experts DevOps de Packet ? Les avis sont partagés. Spécialiste DevOps en freelance, Maxime Guerreiro qui a plusieurs clients en production sur la plateforme se montre enthousiaste (retrouvez son test dans ce billet de blog). Il salue notamment la simplicité d'utilisation et la qualité du service. "La promesse affichée est tenue. En 8 minutes, le serveur est prêt. Quant au support (uniquement en anglais, ndlr), il est extrêmement réactif", constate le consultant. Maxime Guerreiro se dit rassuré par le paiement à l'heure. "Si une machine est défectueuse, on la remplace. On n'est pas obligé de la garder un mois comme chez d'autres providers cloud", souligne-t-il.

Côté technologie, Maxime Guerreiro apprécie la prise en charge par Packet du protocole Border Gateway Protocol (BGP) qui permet de rediriger du trafic vers d'autres fournisseurs de cloud. Il juge aussi utile le recours à la solution de cryptage TPM (pour Trusted Platform Module). "Cela assure que les containers tournent sans être modifiés ou qu'ils n'exécutent pas de programme non prévu", indique l'intéressé. Un bon point, selon lui, la sécurité de Docker étant régulièrement questionnée.

Un positionnement hybride qui dessert

Consultant DevOps au sein de l'ESN Xebia, Alexis Horgix Chotard est plus sceptique. "Le fait pour un client d'être seul sur une machine peut être un avantage si les contraintes réglementaires l'exigent. Ceci dit AWS propose aussi des hôtes dédiés (via Amazon EC2 Dedicated Host ndlr) moyennant un surcoût", précise Alexis Horgix Chotard. Et si le bare metal présente, sur le papier, des performances plus élevées, il faut, selon lui, regarder ce que l'on peut obtenir pour le même prix dans une configuration cloud plus classique. "Allouer deux instances EC2 sur AWS peut revenir moins cher. Et le tarif peut encore baisser si on passe par les instances Spot d'AWS dont le prix varie en fonction de l'offre et de la demande. Il est aussi possible de mixer les approches, utiliser Packet pour les flux de production et AWS EC2 pour les pics de charge", poursuit Alexis Horgix Chotard.

L'intégration d'outils open source de gestion d'infrastructure

Notre expert salue à cet égard l'effort de Packet pour s'insérer aux outils open source de gestion d'infrastructure comme Terraform. Pour mémoire, Terraform permet de créer et gérer des ressources cloud de différents fournisseurs.

Mais pour Alexis Horgix Chotard, le positionnement hybride de Packet le dessert. "Il n'a pas l'élasticité qu'offre AWS et la tarification à l'heure le pénalise pour certaines tâches limitées dans le temps", pointe le spécialiste. "En cas de montée en charge, vous pourrez rajouter des machines, mais si après le trafic redescend, que faire alors des machines supplémentaires ? Je les ai payées une heure alors que je ne les ai utilisées qu'à 30% de leurs capacités. Packet convient donc aux tâches relativement longues mais dans ce cas OVH et Online.net, en facturant au mois, peuvent se révéler plus rentables."

Alors que le consultant dit avoir du mal à convaincre les entreprises de s'orienter vers les cloud AWS, Google Cloud Platform ou Microsoft Azure, des providers éprouvés et mondialement connus, la jeunesse et le manque de notoriété de Packet peuvent être perçus comme des handicaps. Par ailleurs, Packet ne fournit, à ses yeux, que de la machine bare metal et rien d'autre à l'inverse d'un AWS qui va embarquer sur la machine virtuelle tous les outils et APIs qui vont avec. "Il faut manuellement assurer la distribution des clés API. Avec le risque de mal gérer et de potentiellement laisser des failles de sécurité. Pourquoi se rajouter cette gestion ? Si on va sur le cloud c'est justement pour s'en dispenser", rappelle pour finir Alexis Horgix Chotard.

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