Comment la Société Générale prépare sa révolution numérique

Le cloud computing à la Société Générale La banque est s'équipée d'un cloud interne basé sur les technologies VMware. C'est un véritable IaaS interne, mais qui ne s'arrête pas là, puisqu'il intègre aussi un PaaS.

La Société Générale a commencé à basculer ses data centers vers la virtualisation de serveurs il y a déjà plusieurs années. Sans surprise, la technologie VMware avait alors été retenue, étant à l'époque la seule à offrir la maturité nécessaire à ce gigantesque projet. Une première étape qui avait déjà permis au groupe de réduire le temps de déploiement moyen de ses applications de quelques semaines à quelques jours.

Il y a un an et demi, la banque décide de passer à la vitesse supérieure avec la mise en place d'un processus de livraison continue des applications. But : se doter de l'agilité nécessaire pour accompagner et accélérer la transformation numérique globale du groupe.

Des déploiements en moins d'une heure

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Laurent Hinschberger, responsable adjoint de l'architecture des systèmes d'information pour les activités GBIS, et Pierre Haslee, responsable adjoint de l'architecture et des technologies à la Société Générale, ont été invités par VMware à témoigner à l'occasion de son VMware vForum 2014, à Paris - La Défense le 5 juin. © JDN / Antoine Crochet-Damais

A la virtualisation, la Société Générale a ajouté une couche d'automatisation à ses fermes de serveurs. Avec un portail de provisioning et de suivi de la consommation des ressources, qui est désormais proposé aux responsables de système pour leur permettre d'activer ou déactiver des instances. Objectif : leur offrir un mode de déploiement encore plus rapide, ainsi que la possibilité de monter et démonter en quelques clics un environnement de test.

Pour l'heure, le nouvel outillage, qui repose sur la pile vCloud de VMware, a été mis en place sur plusieurs data centers du groupe, notamment à Paris, Luxembourg et New York. "Grâce à cette logique de cloud privé, nous sommes désormais capables de réduire le temps de déploiement en dessous de l'heure", se félicite Pierre Haslee, responsable adjoint de l'architecture et des technologies à la Société Générale.

Un socle en vue du déploiement massif de tablettes tactiles

Mais ce n'est pas tout. Car la banque est allée jusqu'à adjoindre à son cloud une couche d'API. Elle permet aux différentes entités du groupe de décrire de façon programmatique les machines virtuelles dont elles ont besoin (sous Linux ou Windows), en termes de ressources machines, de stockage... pour ensuite installer leurs applications dessus. A cela s'ajoute une usine de test mise à la disposition des entités pour éprouver leur code, en tirant partie des dernières meilleures bonnes pratiques. "Il s'agit d'automatiser des tâches parfois complexes, en vue de réduire les risques", explique Laurent Hinschberger, responsable adjoint de l'architecture des systèmes d'information au sein de la GBIS (la banque d'investissement de la Société Générale).

Le Big Data également en ligne de mire

Bref, le cloud de la Société Générale passe à un niveau supérieur. Au-delà de la pure gestion de l'infrastructure (IaaS), le cloud de la banque s'oriente en effet vers des services de plateforme (PaaS). Un environnement qui offre à la fois aux équipes de développement une plus grande agilité et finesse de paramétrage des serveurs virtuels, mais aussi la possibilité d'automatiser les tests et ainsi aboutir au Graal du déploiement continu des applications. "Plus de la moitié des projets IT de la Banque d'investissement, initiatrice du projet, sont gérés dans ce mode de relation agile entre product owner et équipes de développement", explique Laurent Hinschberger. Désormais, l'objectif de la Société Générale est de parvenir d'ici 2015 à gérer la moitié de son parc applicatif en continuous delivery, toutes entités confondues.

Pour la suite, les deux responsables que nous avons pu interrogés ne s'en cachent pas : "l'idée est bien d'utiliser ce cloud privé comme socle pour accompagner la transformation numérique du groupe", soulignent-ils de concert. Et sur ce terrain, plusieurs axes commencent à se dessiner assez clairement. En premier lieu, celui de la mobilité, avec notamment un déploiement massif de tablettes tactiles. Ensuite, le Big Data qui devrait tout naturellement se nicher dans tout nouveau cloud privé. Enfin, des réflexions autour des notions de portail de services et d'app store d'entreprise sont également lancées.

Serveurs / SOCIÉTÉ GÉNÉRALE