Firefox fête ses 10 ans

10 ans de Firefox Les innovations apportées à Firefox depuis la sortie de sa version 1 en 2004 sont nombreuses. Mais depuis 2012, sa part de marché ne cesse de s'effriter... au profit de Chrome.

Lancé le 23 septembre 2002 en version 0.1, le navigateur Web Phoenix est l'ancêtre de Firefox. Portant son appellation officielle depuis novembre 2004 - date du lancement de sa première version (le 9 novembre 2004 précisément) - Firefox a marqué de son empreinte le monde des navigateurs Web qui était jusqu'alors dominé par Internet Explorer. Conçu sur des standards libres, Firefox a su séduire les utilisateurs grâce à ses nombreuses innovations techniques et fonctionnelles apparues tout au long de son développement. Par exemple, en novembre 2004, Firefox 1.0 s'est ouvert aux flux RSS / Atom avant de supporter, un an plus tard, les standards SVG, Canvas, JavaScript 1.6, CSS 2 et 3.

Certaine du potentiel de son navigateur Web, la fondation Mozilla a lancé en début 2005 une offensive vers une nouvelle cible de choix : les entreprises. Jusqu'alors chasse gardée de Microsoft, le combat s'annonçait difficile. Il l'est d'ailleurs toujours aujourd'hui.

La Gendarmerie Nationale, Pôle Emploi, EDF ou IBM ont misé sur Firefox

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En septembre 2014, Firefox arrive en troisième position sur le marché des navigateurs en  termes de taux de pénétration. © Capture / StatCounter

Car si Firefox a su marquer des points dans le secteur public notamment avec de belles références avec la Gendarmerie Nationale (parc de 70 000 postes), EDF (140 000 postes) ou encore Pôle Emploi (50 000 postes), les entreprises ont de leur côté un peu traîné les pieds, à l'exception notable d'IBM (près de 500 000 postes).

Pourtant, les innovations n'ont pas manqué. Parmi elles, citons : le filtre anti-hameçonnage en octobre 2006 (Firefox 2.0), la nouvelle bibliothèque graphique Cairo, et le passage du test Acid2 test dès 2008 (Firefox 3.0). Mais également le support des nouvelles spécifications DOM et HTML5 dès janvier 2010 (Firefox 3.6) et l'optimisation du moteur JavaScript, avec TraceMonkey, un an après (Firefox 4.0). C'est aussi en 2010 qu'est lancé Firefox Mobile (nom de code : Fennec).

En 2011, l'accélération du cycle de développement de Firefox (avec plus que six semaines entre chaque mise à jour) prend de nombreuses entreprises de court. En agissant de la sorte, Mozilla fait le choix de calquer son processus de R&D sur celui d'un certain Google Chrome. Pris en étau entre un IE qui peut compter sur sa grande facilité de déploiement et d'administration en entreprise, et un Chrome agressif sur le terrain du grand public, Firefox se devait dès lors de répondre aux craintes des professionnels. C'est chose faite en janvier 2012 avec le lancement d'une version ESR (Extended Support Release) lors de la sortie de Firefox 10. Elle garantit aux entreprises un support allongé de 10 mois, pour leur laisser le temps de préparer la montée vers de prochaines versions.

Firefox largement distancé par Chrome

Depuis, Mozilla a redoublé d'efforts pour éviter de ce faire trop distancer par Chrome. Un nouveau processus de développement a été défini, avec la création de Nightly puis Aurora - pour permettre aux développeurs de tester ses dernières avancées, avant la sortie des versions finales. La fondation a aussi beaucoup travaillé sur les fonctionnalités utilisateurs de son navigateur. Elle a ainsi introduit des innovations marquantes : le WebRTC et plus récemment le support d'OpenH264 pour introduire les communications audio/vidéo, la synchronisation des données/sessions utilisateurs entre différents terminaux, mais aussi l'orientation vers une logique de desktop dans le navigateurs pour gérer les extensions. Les moteurs de rendu comme JavaScript ont été beaucoup améliorés, avec notamment l'initiative OdinMonkey en 2013. De nombreuses autres évolutions, moins visibles, ont aussi été apportés pour booster les performances - dont la dernière en date concerne la gestion de thread (OMTC).

Cette optimisation des performances reste le nerf de la guerre face à un Chrome qui a tout misé sur cet élément depuis son lancement. Mais Mozilla a-t-il les moyens de faire le poids ? La part de marché de Firefox ne cesse de s'effriter depuis mai 2012. Selon StatCounter, elle tombe à 18% en septembre 2014 au niveau mondial. Le navigateur se classe derrière Chrome (près de 44%) et même IE (23%). En France, son taux de pénétration serait à peu près équivalent, selon nos derniers chiffres. La suite dira si les dernières améliorations apportées au navigateurs sur le plan des performances lui permettront de rattraper IE et surtout Chrome... Mais derrière ces rapports de force se cache le financement de Firefox, qui repose à 90% sur Google, et le contrat qui le lie au moteur de recherche suite à l'intégration de ce dernier au navigateur. Google va-t-il reconduire ce contrat, renégocié en ce moment entre les deux parties ? A suivre... En tous cas, la fondation a préparé le terrain, et lancé un chantier visant à diversifier ses sources de financement.

Firefox a fêté ses 10 ans lors l'Open World Forum 2014 le 31 octobre

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