Votre boîte à outils pour l’Internet des objets Quelle plateforme hardware pour un objet connecté ?

Si les industriels de l’Internet des objets conçoivent eux-mêmes leurs cartes électroniques et vont piocher dans les catalogues de composants et de capteurs en fonction de leurs exigences fonctionnelles et contraintes de prix, il existe plusieurs kits qui permettent de prototyper rapidement un objet connecté, éventuellement produire de petites séries.

Les solutions des makers : des outils de prototypage

Un module prêt à l’emploi conçu par le français Telecom Design pour le marché IoT. © Telecom Design

Dans les fablabs, les "makers" utilisent bien souvent des cartes de type Arduino, Rapsberry Pi et autres Beaglebone afin de créer des produits en tous genres. "Pour moi, tout ce qui est Arduino, Raspberry, et équivalents ne sont pas des plateformes IoT. Ce ne sont pas du tout des solutions industrialisables. Ces solutions sont pertinentes que pour faire du prototypage, de petits projets, tester les capteurs", note Emmanuel Torchy, concepteur d’objets connectés pour le marché B2B et fondateur d’iSwip. "Quand on travaille sur de l’industrialisation d’objets connectés à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires, ce n’est pas envisageable de le faire avec Arduino." Ces solutions consomment, aussi, beaucoup d’énergie. Elles nécessitent une alimentation électrique, et ne peuvent donc être utilisées pour servir de base à des objets connectés amenés à être autonomes.

Les professionnels des objets connectés préfèrent se tourner vers des kits qui permettent  de se connecter simplement et rapidement à un réseau radiofréquence. Les français de Telecom Design ont conçu des modules prêts à l’emploi de même qu’Atmel, Libelium, etc. "Il suffit d’y connecter une partie alimentation, le capteur si nécessaire, charger le programme et c’est tout !", souligne Emmanuel Torchy qui ajoute : "Ceci dit, ces modules sont relativement chers, ce qui fait grimper le prix de l’objet. On peut aller très vite et grâce à cela un produit peut être conçu en moins de deux mois. Silicon Labs, Maxim, Vishey, Intersil produisent de leur côté des capteurs faciles à mettre en œuvre." La puce Cloud-on-Chip de Telecom Design permet de concevoir un objet connecté très rapidement. Le produit est doté d'un module qui fait microcontrôleur, d'un modem radiofréquence Sigfox, d'un accéléromètre et GPS, le tout dans une seule et unique puce. Son prix ? 30 euros. Donc si on ajoute l’électronique et le boitier, difficile de produire un objet connecté à moins de 100 euros avec un tel composant.

Des outils qui peuvent avoir des limites

Damien Philippon, associé chez Magellan Consulting, privilégie ARM nano. "C’est une plateforme qui dispose d'un modem M2M, et sa programmation en langage C est assez simple. Sur cette plateforme, il n’y a pas d’OS embarqué, les objets seront moins chers mais ne pourront répondre qu’à des besoins simples, essentiellement remonter la valeur d’un capteur sur un déclencheur simple. Sur ARM-nano, on peut concevoir un objet connecté entre 100 et 200 euros tandis qu’un objet à base de Raspberry ou équivalent coûtera de l’ordre de 800 euros."

Si les start-up peuvent s’appuyer sur de telles solutions pour concevoir rapidement leurs premières générations d’objets connectés, il faut rapidement créer ses propres circuits électroniques pour casser les coûts et espérer réaliser une marge sur la vente de produits connectés.

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