Classement : la webperf des ténors du web en France en février

Parmi les sites les plus visités en France, hors e-commerce, lesquels ont été les meilleurs en termes de rapidité d'affichage en février ? Décryptage avec notre partenaire Fasterize.

Parmi les sites les plus visités en France, e-commerçants exclus (car ils font l'objet d'un classement à part), lesquels brillent par leur rapidité d'affichage, ou le poids léger de leurs pages, et plus généralement par leurs bonnes pratiques en matière de ce qu'on appelle la "webperf" ? Quels sont les modèles à suivre concernant la performance web ?

Pour répondre à ces questions avec des mesures précises, un périmètre a dû être retenu : les 20 sites les plus visités en France. Outre les e-commerçants, nous avons aussi dû exclure de la liste d'autres sites, certes très visités, mais dont l'analyse de la webperf était difficile ou sans grand intérêt (comme le site d'Outlook, les blogs de Free ou de Blogger, etc.). C'est en outre un classement à un moment donné qui a servi de base, et il a évidemment évolué depuis, mais ce n'est pas le premier intérêt de ce baromètre. Le reste de la méthodologie est exactement la même que pour le classement de la webperf des ténors du e-commerce (les détails sont expliqués en ligne).

En février, à cause d'un bug, la carte de Mappy ne se chargeait pas sur IE10, ce qui a trop impacté les mesures pour pouvoir faire figurer ce site dans le classement. 

Un classement basé sur le Speed Index

Pour rappel, le Speed Index mesure la vitesse à laquelle le contenu s'affiche. Mais si le temps de chargement indique le temps qu'il faut pour qu'une page se charge entièrement, le Speed Index s'intéresse à la dynamique, et à la bonne progression de ce chargement au-dessus de la ligne de flottaison. Plus le Speed Index est petit, plus la page s'affiche à bon rythme. C'est cet indicateur, essentiel, que nous retenons pour établir le classement. Une définition plus complète, et plus visuelle, du Speed Index est consultable sur le blog de Fasterize.

Classement de la webperf des ténors du web en France en février

Classement - Site (évolution mensuelle) Speed Index (moyenne) Temps de chargement moyen des pages (millisecondes) Poids moyen des 3 pages analysées (octets) Nombre moyen de requêtes
1er- Wikipedia (=) 1632 4036 548836 34
2- Météo France (=) 2154 5338 976864 63
3- Facebook (=) 2225 3936 598225 38
4- Google (=) 2503 7390 1134157 30
5- Le Bon Coin (=)  2911 7414 627277 124
6- PagesJaunes (=) 3635 4588 555315 41
7- Le Monde (+3) 5612 15694 2862148 409
8- L'internaute (=)  6121 14858 2284843 142
9- Télé Loisirs (=) 6559 26032 5360029 664
10- MYTF1 (+1) 6635 10893 3272169 212
11- Au féminin (-4) 6861 5315 2339146 386
12- CommentCaMarche (+1) 7151 15289 2300918 134
13- Doctissimo (-1) 7913 23150 3225257 285
14- Le Figaro (=)  8491 16847 2140790 204
15- Youtube (+1) 9438 5446 4341481 82
16-Marmiton (-1)  9819 21506 2805408 356
17- Dailymotion (+2) 11574 16333 5348174 180
18- AlloCiné (+2) 14101 18911 3197160 232
19- France Télévisions (-1) 14760 24209 4179173 181

Wikipedia est donc à nouveau premier. Certes, son absence de publicité, et son contenu principalement basé sur du texte l'aident considérablement à percer dans le classement. Wikipedia n'obtient pas seulement les meilleures performances en Speed Index, mais aussi en poids moyen et en nombre de requêtes comptées en moyenne. Facebook fait toutefois mieux en matière de temps de chargement complet, mais c'est le seul site à réussir à obtenir de meilleures performances dans ce domaine que l'encyclopédie en ligne le mois dernier.

Wikipedia, le HTTPS, SPDY et HTTP/2

Passé au HTTPS l'été dernier, sans voir sa webperf se dégrader, Wikipedia utilise actuellement le protocole SPDY (3.1), qui, comme son nom l'indique, permet d'accélérer le chargement des pages. SPDY se sert notamment du multiplexage, qui permet de regrouper les requêtes : "les connexions se font en parallèle", rappelle Stéphane Rios, de Fasterize, "et cela se voit bien sur un waterfall de la page d'accueil de Wikipedia", reproduit ci-dessous. 

A gauche, avec Chrome qui supporte SPDY, et à droite avec IE 10, qui ne le supporte pas. A gauche, le waterfall montre bien comment plusieurs requêtes se font en même temps, en ligne droite. © WebPageTest

Développé notamment par Google, SPDY était un protocole expérimental. Il va être abandonné, et Chrome ne le supportera plus à partir de mai prochain. Mais il a servi de base au HTTP/2 qui va le remplacer, et qui utilise également le multiplexage. Wikipedia ne supporte pas encore HTTP/2.

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