Slack, les raisons d'un succès fulgurant

Slack, les raisons d'un succès fulgurant Tour d'horizon des points forts de l'outil de team messaging et de son environnement concurrentiel. Une analyse tirée de la 4e édition du benchmark du cabinet Spectrum Groupe.

Spectrum Groupe va profiter du salon Intranet - RSE & collaboratif, qui se tient cette semaine à Paris, pour dévoiler la 4e édition de son benchmark annuel des applications de travail collaboratif. Le JDN a pu avoir accès au document en amont de sa publication. A l'occasion de cette nouvelle édition, le cabinet de conseil en transformation digitale a réalisé pour la première fois une analyse de l'offre star du team messaging, alias Slack. Ses consultants ont notamment cherché à mesurer les principaux points forts fonctionnels et techniques de la solution (voir le graphique ci-dessous).

Slack revendique plus de 4 millions d'utilisateurs actifs

"Slack s'est démarqué par une stratégie de pénétration très efficace du marché du ChatOps. Il surfe sur les thèmes de la productivité, sur le zéro mail et l'optimisation des échanges en mode synchrone, et en quasi-temps réel", constate Ali Ouni, président et cofondateur de Spectrum Groupe. Une stratégie qui se traduit par une version freemium "bien garnie", avec "une cible historique d'early adopters composée de start-up et d'entreprises technologiques". C'est-à-dire une cible souvent jeune, dynamique, éclatée et prête à adopter de nouveaux modes de collaboration.

Et le résultat est là : trois ans après sa création, Slack revendique plus de 4 millions d'utilisateurs actifs quotidiens, dont 1,25 million d'abonnés à son offre payante. 

© Spectrum

"Mais Slack fait désormais face à un environnement concurrentiel sérieux", pointe Ali Ouni. Ces derniers mois, Microsoft et Google ont tous deux dévoilé des alternatives à l'application de la start-up. Le premier a lancé Teams - qui vient enrichir Office 365. Quant au second, il propose une offre (actuellement en beta privée) basée sur sa messagerie instantanée Hangouts, baptisée Hangouts Chat. Parallèlement, Google s'est aussi rapproché de Slack en vue d'intégrer G Suite (ex-Google Apps) à l'offre de ce dernier. "Microsoft et Google ne sont pas les seuls à se positionner face à Slack. C'est aussi le cas d'Atlassian avec Hipchat ou encore du Français TalkSpirit", analyse Ali Ouni.

"Slack fait désormais face à un environnement concurrentiel sérieux"

Confronté à cette nouvelle concurrence, Slack peut aussi mettre en avant les quelque 750 applications intégrées à son offre, là où HipChat en affiche seulement 130 et Microsoft Teams moins de 150. Pour certains utilisateurs, l'argument pourrait se révéler déterminant. Pourquoi ? Car la qualité d'un outil de messagerie d'équipe se jauge en grande partie par sa capacité à intégrer les processus métier. "Les réseaux sociaux d'entreprise ont échoué sur ce terrain. A l'instar de Slack, les ChatOps proposent un environnement plus propice pour relever le défi de la socialisation des processus. Cela s'explique par leur simplicité et surtout leur mode de communication instantanée qui répond mieux qu'un réseau social à la logique synchrone du processus", souligne Jean de Laulanié, directeur technique et cofondateur de Spectrum Groupe. Sur ce point, Slack aurait donc clairement l'avantage, du moins pour le moment.

Mais Ali Ouni tient à nuancer : "les entreprises ayant fait le choix d'Office 365 auront tendance à privilégier Microsoft Teams malgré tout, car c'est un bon produit, et celles qui ont retenu G Suite se tourneront sans doute plus facilement vers Hangouts Chat. Car n'oublions pas que le choix d'un outil de collaboration dépend aussi des environnements de productivité déjà déployés."

Méthodologie : Spectrum Groupe a évalué Slack selon près de 170 critères. Ils se répartissent en trois domaines : techniques (capacités d'intégration au SI de l'entreprise, flexibilité de la solution, et maintenabilté), fonctionnels (fonctions sociales, aspect collaboratif, "socialisation" de processus métier, gestion de contenus, ergonomie globale et gouvernance au sein de la plateforme) et d'usage (connaissances personnelles, réseau et expertise, communautés et conversations, productivité, entraide, veille collaborative, engagement client, gestion de projet et socialisation de processus métier).

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