Neil Armstrong : après la Lune, l'informatique

Décédé le 25 août à l'âge de 82 ans, le premier homme à marcher sur le Lune a présidé pendant 20 ans une société d'informatique ciblant le secteur de l'aéronautique.

Ce n'est pas vraiment grâce à l'informatique que l'équipage d'Apollo 11 est parvenu à alunir. Pour se poser dans la mer de la Tranquillité, Neil Armstrong a en effet été obligé de débrayer la fonction de pilotage automatique de l'ordinateur de bord du module lunaire Eagle, puis d'effectuer une suite de manœuvres très délicates pour se poser.

Suite à un défaut de conception, l'ordinateur recevait en effet un nombre trop important de signaux en provenance d'un des deux radars du LEM, précisément celui conçu pour gérer le retour vers le vaisseau resté en orbite avec Michael Collins à son bord. Le 20 juillet 1969 à 20h18, temps universel, Neil Armstrong parvient à poser Eagle. Il prononce alors la fameuse phrase : "Houston, ici la base de la Tranquillité. L'Aigle a atterri".

Il faut dire que l'ordinateur en question disposait de capacités de mémoire vive de 2 048 mots (en 16 bits), et de mémoire morte de 36 864 mots. Le tout pour une puissance CPU de 1 MHz. Baptisé AGC (Apollo Guidance Computer), ce système a été conçu par un laboratoire du MIT (Massachusetts Institute of Technology) et construit par les entreprises Raytheon et AC Delco.

Pour le manipuler, les astronautes disposaient d'une interface, appelée DSKY, soit DiSplay/KeYboard. L'AGC avait été conçu pour être multitâches. Il utilisait en effet un système d'exploitation nommé EXEC, qui permettait d'exécuter huit taches en même temps.

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Le 20 juillet 1969, Neil Armstrong fait ses premiers pas sur la Lune, et prononce la phrase historique : "C'est un petit pas pour l'homme mais un bond de géant de l'humanité". © Nasa

Une reconversion... dans l'informatique

Titulaire d'une licence de Science en ingénierie aéronautique à l'université de Purdue et d'un master de Science en ingénierie aéronautique à l'université de Caroline du Sud, Neil Armstrong décide de ne pas attendre la fin du programme Apollo (en 1972) pour se reconvertir. De 1971 à 1979, il est professeur d'ingénierie aéronautique à l'université de Cincinnati.

C'est en 1982 qu'il débute sa carrière dans l'informatique. Il devient président du conseil d'administration de Computing Technologies for Aviation, Inc (CTA). Cette petite société basée à Charlottesville en Virginie édite des logiciels de contrôle des opérations de vol, avec notamment à la clé des systèmes de planification (combinant données météo, état du trafic aérien, informations sur l'état de l'avion, des réservoirs...). Elle cible à la fois les centres de contrôle des compagnies aériennes, mais aussi ceux des gouvernements.

En 1992, à l'âge de 62 ans, Neil Armstrong prend sa retraite, et abandonne sa fonction de président. CTA est vendu en janvier 2011 à Rockwell, un spécialiste américain de l'électronique et des systèmes d'aviation embarqués. Nul doute que Neil Armstrong ait apporté à Computing Technologies for Aviation son expérience de pilote d'essai dans la Nasa, et surtout de capitaine d'équipage sur la mission Apollo 11 qui reste à ce jour l'une des plus importantes missions spatiales habitées jamais lancées par l'Homme.



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