Pourquoi l'informatique attire les ingénieurs

Les informaticiens ont bien moins souffert du chômage que d'autres ingénieurs. Pourtant, quelques bémols sont à noter selon l'Observatoire des ingénieurs d'Ingénieurs et Scientifiques de France.

Les ingénieurs spécialisés dans l'informatique ne sont pas les moins bien lotis. C'est du moins l'une des conclusions saillantes de la 22e enquête socio-professionnelle sur la situation des ingénieurs réalisée cette année par l'Observatoire des ingénieurs d'Ingénieurs et Scientifiques de France (CNISF).

Selon cette étude, les "services informatiques et services d'information" ont représenté 16,2% des ingénieurs recrutés en 2010, et les "Activités d'ingénierie, de contrôle et d'analyses techniques", 9,6%. Les ingénieurs se forment d'ailleurs massivement aux "STIC", les sciences et techniques de l'information et de la communication : 23% d'entre eux se sont spécialisés dans cette voie, ce qui représente 163 570 ingénieurs de moins de 65 ans sur un total de 722 400.


Premier emploi en maîtrise d'ouvrage

 

Ce sont les sociétés de services informatiques qui seront souvent les premiers recruteurs des ingénieurs récemment diplômés : fin 2010, 16,8% d'entre eux (promotion 2009-2010) ont trouvé leur premier emploi dans ces entreprises. Et cette proportion a beaucoup augmenté en un an, car ils étaient 10,7% en 2009.  

 

"La proportion de CDI a baissé en un an"

L'étude remarque par ailleurs une tendance forte au sein des SSII, qui emploient un nombre considérable d'ingénieurs : sur les 9 820 recrutements que ces sociétés ont réalisé en 2010 selon l'étude, 21% de leurs nouveaux employés ont été affectés aux "Etudes, recherche et conception". Soit 9 points de plus que l'année précédente, "ce qui donne à penser que les ingénieurs recrutés pourraient être davantage sollicités en maîtrise d'ouvrage", analyse l'étude.

 

Chômage en berne


30 870 ingénieurs étaient à la recherche d'un emploi en décembre 2010. Cela correspond à un taux de chômage de 4,5%, soit près de deux fois moins que la moyenne nationale actuelle. C'est aussi un point de moins que 12 mois plus tôt, une baisse bien plus marquée chez les ingénieurs que pour le reste de la population (9.2% de chômeurs en France il y a un an).

En outre, les informaticiens en particulier, qui représentent 17% des ingénieurs, semblent avoir été relativement épargnés par le chômage. Ils ne constituent en effet que 9% des ingénieurs à la recherche d'un emploi contre, par exemple, 32% des ingénieurs employés dans les "Études, recherche et conception".

 

Bémol et inquiétude

 

A noter également, que parmi tous les ingénieurs demandeurs d'emploi, près d'un quart (23%, soit 8 150 ingénieurs) sont à la recherche de leur premier emploi. Une situation qui a statistiquement moins de chance de durer aujourd'hui, car en un an  la proportion d'ingénieurs de moins de 30 ans sans activité professionnelle a  sensiblement baissé, passant de 7,1% à 4,9%.

Un bémol cependant : la part de CDI total chez les ingénieurs a baissé de 1,5 point en un an, tout en restant à un très haut niveau (87,9%).

D'ailleurs, le pourcentage d'ingénieurs craignant pour leur emploi est plus élevé en informatique (6,9% pour Services informatiques et services d'information) qu'ailleurs, en moyenne (6.1%). Dans le secteur de la fabrication de produits informatiques, l'inquiétude est plus prononcée et concerne 8,9% des ingénieurs.

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