Nathalie Choux (Micropole ) "La solidarité fait partie de nos valeurs fondatrices"

Comment attirer les profils les plus recherchés ? Pourquoi proposer des formations gratuites pour les chômeurs ? La DRH de Micropole explique la démarche de la SSII, à l'heure d'un plan visant à recruter la moitié de son effectif.

JDN Solutions. A l'instar de la plupart des SSII françaises, Micropole a lancé un plan de recrutement pour 2011. Où en êtes-vous ?

 

Nathalie Choux. Micropole emploie aujourd'hui 1 300 personnes, et a annoncé 450 embauches pour 2011. C'est un chiffre historique. Nous n'avions jamais eu de tels objectifs. Le chiffre se situe d'habitude plutôt entre 250 et 300, voire moins les années difficiles. Mais c'est surtout lié à la croissance de Micropole, car ce ratio de nouvelles recrues sur l'effectif total a déjà été atteint.

Les recrutements concernent Paris et la Province, et cherchent à pourvoir des postes dans les unités Formation, Business Intelligence, ERP, Internet et nouvelles technologies.

La moitié de nos embauches pour 2011 concerneront des jeunes diplômés qui justifient de moins de deux ans d'expérience. A noter que pour notre activité ERP nous sommes plutôt à l'affut de profils plus expérimentés.

Aujourd'hui, après le premier semestre de 2011, nous avons déjà recruté 250 personnes. Notre croissance nous a donné une meilleure notoriété, ce qui nous aide à embaucher. Le recrutement, qui n'a jamais cessé chez Micropole, reste cependant difficile. Certains profils, comme les développeurs Java J2EE notamment, restent en tension.

 

Quels arguments pouvez-vous utiliser pour convaincre ces profils tant recherchés de venir travailler chez Micropole ? C'est le salaire qui vient faire la différence ?

Ce n'est pas qu'une question de salaire. D'ailleurs, la surenchère des rémunérations de certains profils n'est pas nouvelle, et Micropole refuse d'y participer. Certes, nous sommes prêts à payer des expertises, mais il faut aussi faire attention à ne pas casser le marché de l'emploi IT. Nous procédons à quelques ajustements mais pas à la flambée de certains salaires.

Par exemple, pour le développement en Java J2EE, un jeune diplômé qui a un peu d'expérience peut espérer une rémunération située autour de 35 000 euros annuels, et celui qui bénéficie de 2 ans d'expérience 40 000 euros.

C'est peu ou prou les mêmes salaires pour les profils dédiés à la Business Intelligence, pour laquelle nous recevons cependant un peu plus de candidatures. Le technique attire sans doute moins, alors que la rémunération est pourtant la même.

La moitié de nos recrutements se fait via cooptation.

Je précise également que Micropole recrute des potentiels, et pas selon pour ses missions, ce qui est très différent par rapport à d'autres SSII. Nous recherchons des têtes bien faites, des développeurs avec de la personnalité.

Au-delà des salaires proposés, Micropole a de quoi séduire. Nous portons notamment un soin particulier à l'accompagnement de nos salariés via des formations, du coaching, la définition des besoins individuels, des animations, etc. Une feuille de route est mise en place afin de coller le plus près possible à la fois à leurs attentes mais aussi aux besoins opérationnels. Le secteur évolue vite. Il faut constamment savoir se réinventer, et repenser son parcours tous les deux ans. Nous avons d'ailleurs la chance d'avoir notre établissement de formation : le Micropole Institut. Je remarque aussi que la jeune génération, parfois dite "des zappeurs", est en fait très désireuse de cette feuille de route personnalisée. Elle a également besoin de se projeter.

Enfin, je pense qu'il règne une bonne ambiance chez Micropole. Outre des formations, nous organisons aussi des rencontres plus ludiques. Nous venons par exemple d'organiser une garden party, avec jeu vidéo, dans notre agréable jardin. D'ailleurs, en général ceux qui viennent pour un entretien d'embauche dans nos locaux veulent ensuite nous rejoindre. Preuve que l'ambiance interne doit être bonne, près de la moitié de nos recrutements se fait via cooptation.

 

Micropole vient également d'organiser des formations gratuites pour les chômeurs. Quel était le but de cet événement ?

Cette initiative est née d'une idée de Franck Nabet, directeur de Micropole Institut. Ce dernier se demandait simplement "comment aider le monde ?". Il constatait également que d'un côté, il y avait moins de demandes pour les formations l'été, et de l'autre, des demandeurs d'emploi pouvaient avoir de grandes attentes en matière de formations, qui peuvent les aider à trouver un emploi ou évoluer de manière positive.

Ces journée découvertes proposaient d'initier une centaine de personnes à la Business Intelligence, au Web, aux infrastructures & réseaux, au développement personnel ou au e-learning. Elles se sont tenues début juillet. Cela fut un énorme succès. Nous avons reçu 600 candidatures, y compris de l'international.

Il faut cependant préciser qu'il s'agissait plus de sensibilisation que de formations réelles. Nous n'avions pas prévu de débouchés en interne. Cependant il n'est pas improbable que certains viennent ensuite postuler chez nous, et nous nous souviendrons qu'il sont d'abord passés chez nous...

Ce projet reflète l'engagement citoyen en vigueur chez Micropole. La solidarité fait partie de nos valeurs fondatrices.

 

 

Titulaire d'un Magistère en Sciences Sociales, Nathalie Choux débute sa carrière chez Peugeot avant de rejoindre un cabinet de recrutement comme consultante. Début 1997, elle entre chez Micropole au poste de responsable des ressources humaines. Deux ans plus tard, elle est nommée directeur des ressources humaines du groupe Micropole, fonction qu'elle occupe aujourd'hui.

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