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ACTUALITÉ
Mise à jour : la "prime à 1 000 euros" fait pschitt dans les SSII
Dernière mise à jour le 01/12/2011 - (Publié le 29/11/2011)
Imposée au printemps dernier par Nicolas Sarkozy et initialement présentée comme une prime de 1 000 euros, la "prime dividende" devait mieux partager les profits entre actionnaires et salariés. Après avoir recoupé plusieurs sources (en provenance des SSII et des syndicats), nous publions une mise à jour de cet article avec les primes actées par les 15 premières SSII en France.
Critères sélectifs d'éligibilité
Ce n'est donc pas le cas de Total, par exemple, première société du Cac 40 avec plus de 10 milliards de bénéfices nets l'année dernière, et dont le conseil d'administration a finalement décidé de ne pas augmenter le montant des dividendes reversés aux actionnaires. Précisions : dans le cas des filiales, c'est le montant des dividendes reversés par le groupe qui compte, sauf si la maison mère est à l'étranger, où ce sont alors les dividendes reversés par la filiale qui compte. Au final ces critères sélectifs d'éligibilité ont fait fondre le nombre de sociétés concernées. Le JDN a pu le constater en interrogeant les 15 premières SSII en France, selon la définition et le classement récemment établi par Pierre Audoin Consultants.
Compte tenu des conditions évoquées plus haut, la prime ne peut donc pas être reversée aux salariés français d'Accenture, car la maison mère a reversé en 2011 un montant de dividendes inférieur à la moyenne des dividendes versés en 2009 et 2010. Idem pour France Télécom-Orange, qui ne reversera donc pas de prime dividende aux salariés d'Orange Business Services. GFI, Sopra et Thalès ont également reversé des dividendes stables entre 2009 et 2010 : leurs salariés n'auront donc pas droit à la prime. Bull et Altran n'ont pas versé de dividende en 2011, comme les années précédentes, et ne sont donc pas concernées. La Poste, avec son statut de société anonyme à capitaux publics, ne reversera pas non plus de prime dividende à ses salariés de Docapost.
Des filiales pas toujours éligibles
Des raisons similaires s'appliquent pour les salariés d'HP : "HP est côté au New York Stock Exchange, et HP en France, soit HPF et HPCCF, paye des dividendes à sa maison mère... Cette prime dividende ne nous a donc pas concernés", regrette Guy Benoist, délégué syndical CFTC chez HP.
En revanche, chez Atos, la prime liée au dividende 2010 a bien été versée, sous forme de complément à la participation. Le montant de la prime est inversement proportionnel à la rémunération, avec un montant individuel compris entre 260 euros et 50 euros.
Des sociétés qui ne souhaitent pas répondre
Egalement interrogée, la CFDT indique de son côté "ne pas croire une seconde qu'IBM France acceptera de verser une prime, même modeste". Le syndicat explique également avoir demandé une négociation dès septembre dernier : "Nous nous basions sur le fait que des dividendes exceptionnels de 5,8 millions d'euros avaient été versés à l'actionnaire unique (le holding IBM-Europe aux Pays-Bas) alors qu'il n'y en avait pas eu l'année précédente." explique Jean-Michel Daire, délégué syndical CFD chez Big Blue.
Restent donc les salariés de deux SSII : ceux de Steria et de Capgemini. Aucune de ces société n'a voulu répondre à nos questions. Mais selon nos informations, le montant de la prime serait de 80 euros chez Steria.
"C'est honteux" pour le syndicat Alliance Sociale
Ainsi, 150 euros seront reversés à ceux qui ont un salaire annuel inférieur à 30 000 euros, 100 euros à ceux qui ont un salaire annuel situé entre 30 000 euros et 50 000 euros et, enfin, 50 euros sont destinés à ceux émargeant à plus de 50 000 euros annuels. Pour Alain Bénard, ces montants sont "vraiment décevants" : "Au regard des bénéfices réalisés par Cap, des salaires des dirigeants et des dividendes versés aux actionnaires. C'est honteux..."
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