Alignement stratégique du SI : les professionnels attendent un modèle de convergence

Vers un nouveau modèle d'alignement stratégique du SI à partir des attentes du monde professionnel.

La problématique de l'alignement stratégique du SI peut s'exprimer de manière simple : l'entreprise est une organisation qui bouge : elle modifie ses frontières (fusions, acquisitions, cessions, externalisations, ...), ses activités (transformations, nouvelles activités, disparitions d'autres), ses équipes (depuis le top management jusqu'aux équipes locales et opérationnelles).

Elle peut réaliser ses mouvements sous la pression de contraintes externes (actions des concurrents, demandes des clients, ruptures technologiques...) ou par des ruptures délibérées.

Que les dirigeants de l'entreprise décident de ces variations de trajectoire stratégiques selon des choix volontaristes ou sous la contrainte, la manoeuvre ne pourra se faire que dans le respect des obligations légales nationales et internationales : lois, réglementations, normes...

L'ensemble de ces mouvements peut se réaliser de manière purement réactive ou selon une stratégie plus construite dans la durée. Dans les deux cas, le SI doit au minimum suivre et ne pas trop freiner ou empêcher ces mouvements, dans le meilleur des cas le SI pourra les faciliter voire les provoquer positivement. Cette synchronisation dynamique (puisque permanente) du SI avec la trajectoire de l'organisation qu'il sert est le défi de l'alignement stratégique.


Les données qui étaient ce qui suit sont extraites d'une vaste enquête internationale que nous avons menée en 2006-2007 auprès de plus de 150 grandes et très grandes entreprises de 15 pays. Pour bien comprendre les informations que cette investigation nous fournit, il faut souligner qu'elle a été menée dans une autonomie et une liberté de conception et de financement totales.

Parmi les nombreux résultats que cette base de données permet de produire, nous nous intéresserons ici à ceux qui mettent en lumière le chemin qui reste à parcourir par les parties prenantes internes à l'entreprise et qui sont directement impliquées dans la conduite de la manoeuvre de l'alignement stratégique à savoir : les directions générales (DG), les directions des « métiers » ou « activités » (DM), la direction des systèmes d'information (DSI).


Le premier constat concerne les référentiels existants et leur contribution à la conception et à la réalisation de la manoeuvre d'alignement stratégique du SI. Le tableau ci-dessous montre l'intensité du taux d'utilisation des grands référentiels professionnels dans les entreprises.

Intensités comparées des recours aux différents référentiels [1]

Aucun référentiel : 32,9 %
ITIL : 53,4 %
CMMI : 21,2 %
ISO : 17,1 %
COBIT : 14,4 %
Autre : 6,8 %

En contradiction au moins partielle avec les promoteurs de ces référentiels, les entreprises utilisatrices en reconnaissent les apports (par exemple sur la professionnalisation de la délivrance de services pour ITIL), mais elles affirment massivement (à près des deux tiers) que ces référentiels bien connus ne constituent pas une aide à la conception et à la réalisation de la manoeuvre d'alignement.

Pour autant, ces entreprises réclament un tel modèle ne pas disposer d'un modèle d'alignement stratégique satisfaisant. Dans le même temps, les entreprises réclament un modèle centré sur cette manoeuvre.

Importance d'un référentiel commun aux différentes parties prenantes dédié à l'impératif d'alignement-synchronisation du SI

Très important : 22,6 %
Assez important : 37,7 %
Peu important : 30,8 %
Sans importance : 4,8 %
Ne se prononce pas : 4,1 %


Six entreprises sur dix estiment important de disposer d'un tel référentiel. Ces résultats légitiment la recherche et la construction d'un modèle dédié à l'alignement stratégique du SI, modèle conçu à partir des besoins des parties prenantes managériales qui sont en charge de cette manoeuvre qui est à mener en permanence dans l'entreprise... puisque c'est en permanence qu'agissent les facteurs du désalignement du SI.

Parmi les certitudes des professionnels expérimentés et notamment des DSI des entreprises sur cette question de l'alignement stratégique, nous en retiendrons trois qui font l'objet d'un consensus de très haut niveau :

Convictions des professionnels expérimentés

Taux de validation

Réaligner le SI de l'organisation est un défi majeur et permanent pour la DSI : 95,2 %

Réussir une opération d'alignement du SI demande plus de compétences humaines et organisationnelles que techniques : 93,8 %

Aligner les usages et les pratiques est plus complexe qu'aligner une décision d'investissement : 93,4 %


Le modèle DyGAM (Dynamic Global Alignment Model) est construit sur cette priorité donnée à une manoeuvre managériale plus que technique et qui doit être centrée sur l'alignement des usages et des pratiques. En effet, quelles que soient les décisions d'investissement et d'équipement, seuls les usages qui en sont faits produiront ou non la valeur espérée. 


[1] Les résultats sont exprimés en pourcentages par rapport à la totalité des entreprises de notre enquête internationale ; le total des réponses est supérieur à 100 puisque de nombreuses entreprises utilisent tout ou partie de plusieurs référentiels.

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