Quel retour sur investissement pour les projets SaaS ?

Les fournisseurs de solutions en mode SaaS promettent un retour sur investissement rapide, dans un délai maximum de six mois. Toutefois, ne perdons pas de vue la finalité du SaaS.

Depuis quelques années, le retour sur investissement est devenu une expression à la mode dans le monde de l'informatique. Il est aujourd'hui considéré comme un indicateur de performance clé pour évaluer la rentabilité de l'investissement. Avant d'être lancés, les projets informatiques doivent presque systématiquement apporter la preuve d'un retour sur investissement avantageux, autrement dit, rapide.

Un retour sur investissement d'un an, autrement dit son amortissement en 12 mois, est aujourd'hui considéré comme un minimum. Un retour sur investissement de six mois est encore mieux. Si vous investissez en janvier, vous commencerez à en bénéficier en juillet et cela aura un impact positif sur vos chiffres de fin d'année.

Le retour sur investissement en tant qu'indicateur de performance clé est encore plus important lorsque l'on sait que l'informatique est déconsidérée dans de nombreuses entreprises et souvent perçue comme un gouffre financier permanent que la société peine à justifier par des résultats concrets. Un retour sur investissement rapide permet aux services informatiques de prouver, chiffres à l'appui, qu'ils ne gaspillent pas l'argent investi et que les premiers bénéfices se ressentiront dès le mois de juillet.

Les fournisseurs de nouveaux concepts informatiques tels que les SaaS s'engouffrent dans la brèche pour promettre un "retour sur investissement rapide", dans un délai "maximum de six mois". Certains projets de SaaS ont même été annoncés avec un retour sur investissement inférieur à six semaines. Toutefois, ne perdons pas de vue la finalité des SaaS.
 
Les SaaS sont un nouveau concept informatique d'hébergement des applications par un fournisseur plutôt que dans l'infocentre du client. Ce fournisseur offre également des services connexes tels que l'installation, la configuration, la maintenance, la formation, l'assistance utilisateurs, les mises à jour/sauvegardes et même le développement de programmes. Les utilisateurs des SaaS n'ont absolument pas d'implication directe avec l'application : ils n'ont besoin ni de serveur, ni de licence logicielle, ni d'administration, ni de spécialiste de l'informatique. Il leur suffit d'utiliser les fonctionnalités de l'application via un navigateur Web ordinaire.
 
Les SaaS sont donc un service au sens propre du terme, qui ne peut que séduire les entreprises dans la mesure où ils ne nécessitent aucun investissement. Les solutions sont prêtes à l'emploi ; les utilisateurs peuvent élargir leur utilisation à tout moment et, si une société décide de changer d'orientation, elle peut résilier le contrat de service sans la contrainte de supprimer les ordinateurs redondants.
 
Qu'en est-il du retour sur investissement ? Si vous n'investissez pas, il est évident que vous n'aurez rien en retour. Cette caractéristique n'est pas propre aux SaaS, mais à la notion de service en général. Du point de vue de l'entreprise, ces notions impliquent de remplacer les investissements par des coûts de fonctionnement. C'est comme si une société décidait de se séparer de son parc de véhicules pour le remplacer par des véhicules de location ou des taxis. Elle n'aurait plus besoin d'investir dans ses véhicules ; le financement de toutes ses activités de transport serait considéré comme une dépense de fonctionnement.
 
Les avantages pour les sociétés sont la flexibilité et la liquidité, une évolutivité plus simple et, surtout, de ne pas avoir à se préoccuper de tâches telles que l'administration et la sauvegarde des données. Bien entendu, tout cela a un coût : les clients paient la redevance mensuelle des SaaS pendant toute la durée du contrat et savent donc quelles dépenses prévoir. Il n'est toutefois pas possible d'amortir des dépenses tant qu'on ne les a pas faites. Cela ne serait pas réaliste.
 
Bien entendu, les projets de SaaS nécessitent souvent des investissements préalables pour adapter l'environnement informatique de l'entreprise à ce nouveau concept. Cependant, ces investissements ne sont pas liés aux applications en tant que telles et ne peuvent donc pas servir à évaluer la rentabilité d'un projet. Pour ce faire, la seule manière de procéder consiste à comparer, par rapport à l'abonnement mensuel, la contribution d'une solution SaaS aux résultats de l'entreprise.
 
Tout fournisseur de SaaS vantant le délai extrêmement court du retour sur investissement de son offre s'expose ainsi, dans une certaine mesure, à une accusation de publicité mensongère. Après tout, si les investissements dans une nouvelle infrastructure sont minimes parce que les dépenses se présentent, pour l'essentiel, sous la forme de frais de fonctionnement, un retour sur investissement d'une semaine ne peut guère être considéré comme un exploit. Dans l'idéal, le retour sur investissement doit être proche de zéro.

Le retour sur investissement renvoie à une ancienne conception des projets informatiques qui exigeait la présence physique d'ordinateurs financés par les clients. Les SaaS constituent une rupture par rapport à ce modèle et représentent de ce fait une réelle évolution. D'autres critères, tels que le prix de revient total, par exemple, sont mieux adaptés pour évaluer la rentabilité d'une solution. Autrement dit, les SaaS n'ont pas besoin du retour sur investissement.

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