Comment réduire les coûts d’exploitation des grilles de calcul ?

La maîtrise des coûts des grilles de calcul est possible grâce à une démarche de rationalisation à travers deux axes : la mutualisation des ressources et le renouvellement technologique.

Les technologies de grid computing sont utilisées depuis longtemps dans l’industrie pour répondre aux besoins sans cesse croissants en puissance de calcul. Dans les années 2000, elles ont été adoptées par les secteurs de la banque et de l’assurance afin de faire face à l’explosion des besoins de simulation numérique et d’analyse prédictive.

La mise en œuvre de ces technologies s'est souvent faite de manière opportuniste, sans stratégie globale de gestion des ressources de calcul.

Ceci se traduit aujourd'hui dans le SI des entreprises par des grilles de calcul morcelées, utilisées de manière sous-optimale et dont le coût d'exploitation est très élevé. La maîtrise de ces coûts est dès lors possible grâce à une démarche de rationalisation des parcs dédiés au calcul, à travers deux axes : la mutualisation des ressources et le renouvellement technologique.

La mutualisation des ressources poursuit l'objectif de rendre le même service de calcul aux utilisateurs avec moins de serveurs. Cette démarche part du constat que plusieurs grilles de calcul - dédiées chacune à un usage particulier - sont rarement sollicitées toutes en même temps. Par exemple, les grilles dédiées aux batchs de nuit et celles dédiées aux calculs "à la demande" sont exploitées pendant des créneaux horaires différents.

La mutualisation des serveurs de calcul consiste à réallouer les serveurs de l'une des grilles de calcul (sous-utilisée ou dont les traitements ne sont pas prioritaires), pour les affecter à une autre subissant une activité soutenue. Selon les cas, plusieurs schémas de mutualisation sont envisageables : entre environnements différents (développement, recette, production), entre grilles dédiées à différentes applications...
Afin de permettre de réelles économies d'échelle, la mutualisation nécessite de reconsidérer le modèle d'ownership des nœuds de calcul, et d'assurer - via la mise en œuvre de standards d'utilisation - la capacité technique de chacune des grilles à exploiter des ressources qui lui sont allouées de manière ponctuelle.

Des outils sont aujourd'hui proposés par les principaux éditeurs du domaine du Grid computing, afin de faciliter la mise en œuvre de la mutualisation.

Parallèlement, le renouvellement technologique permet de tirer parti des nouveaux matériels et technologies disponibles sur le marché.

Trois pistes peuvent être explorées :

1.  Les constructeurs proposent aujourd'hui des serveurs offrant une densité (en termes de cœurs) et une consommation électrique nettement supérieures à celles de matériels datant de seulement trois ou quatre ans. Les nouvelles générations de serveurs permettent donc d'abaisser significativement le coût total de possession des infrastructures de calcul.

2.  Avec l'arrivée à maturité des outils de virtualisation, il est devenu possible de multiplier le nombre de machines virtuelles sur les serveurs physiques dans le but d'optimiser l'exploitation des capacités de traitement.

3.   Enfin, l'émergence des offres de cloud computing permet de mieux dimensionner les datacenters en offrant la possibilité de recourir à des ressources "à la demande  pour les utilisations ponctuelles.

La mise en œuvre de la rationalisation des infrastructures de calcul passe par la conduite d'études en amont qui permettent de lancer les chantiers (étude d'opportunité, étude d'impact technologique), puis par la prise en charge de la maîtrise d'œuvre des chantiers de transformation du SI. Ces interventions se traduisent alors par une réduction significative des coûts d'exploitation des infrastructures de calcul.

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