Référentiels multiples et interopérabilité des systèmes d’information : les maîtres mots de la mise en œuvre du pilier 3 de Solvabilité II !

Le troisième pilier de la réforme Solvabilité II a pour objet l'information financière tant vis-à-vis des Autorités de Contrôle, ou superviseurs, qu'à destination du public : assurés, actionnaires et analystes.

Les mesures d'application du pilier 3 de la réforme Solvabilité II ne sont pas encore définitives, mais une première liste d'états qui seront réclamés par le superviseur a été publiée courant 2009 dans les Consultation Papers (CP58).

Les principales idées à retenir sont les suivantes :

Solvabilité II apporte une dimension réglementaire supplémentaire en complément des obligations actuelles. En d'autres termes, la réforme va réclamer plus d'éléments aux sociétés d'assurance et le  niveau de détail attendu sera encore plus approfondi. A titre d'exemple, on sait d'ores et déjà que la vision "société" actuellement présentée dans les reportings ne suffira plus. Il faudra être en mesure de consolider les informations au niveau groupe.

La liste des états réclamés ne cesse de plus de s'alourdir : d'une quarantaine prévue au départ il semblerait qu'on se dirige au final vers une soixantaine d'états à produire trimestriellement et annuellement. Si certains existent déjà dans la réglementation actuelle (même s'ils devront être enrichis dans le cadre de Solvabilité II), d'autres au contraire semblent totalement inédits.
Ces états décrits dans les Consultation Papers peuvent être découpés en différentes familles : bilan, actif, provisions, réassurance, MCR, SCR... De ce fait, leur conception nécessitera le recours à différentes sources de données, ce qui implique qu'il faudra s'appuyer sur plusieurs outils (comptabilité, actuariat, réassurance, technique, etc.). L'interopérabilité des systèmes d'information sera donc aussi un critère déterminant.

Autre nouveauté : la nécessité d'intégrer un référentiel supplémentaire. Ceci se justifie pour faire face à des contraintes diverses comme la multiplicité des plans de comptes (Statutaire, IFRS, Solvabilité II), le maintien de plusieurs liasses d'états (Actionnaires, ANC, Etat - DGFiP -, ACP et/ou Solvabilité II), les différentes comptabilités (sociale, technique)...
De plus, la transition ne sera pas instantanée et les habitudes perdureront un temps. Il faudra donc faire cohabiter l'ancien et le nouveau système pour satisfaire à la fois les exigences réglementaires et les attentes des directions générales. "Tables de correspondance" et "permanence de lecture" seront dès lors des notions de la plus haute importance !

Au regard des ces impératifs, on peut dès à présent conclure qu'un simple datawarehouse, même paramétré, ne suffira pas pour automatiser la génération des états réglementaires. Le recours à un véritable logiciel dédié et centralisé serait beaucoup plus judicieux, si tant est que les fonctionnalités suivantes y soient intégrées :

- Collecte des informations (balance comptable, pièce jointes, justificatif de calculs, liasse fiscale...),
- Proposition d'indicateurs de management et de pilotage,
- Calcul des éléments préparatoires au MCR et au SCR (formule standard),
- Traçabilité des informations constituant la liasse des états réglementaires,
- Piste d'audit,
- Réalisation des arrêtés de comptes trimestriels dans des délais courts (Fast-close).

Constitution des liasses complètes :
-Edition statutaire (Bilan, Compte de résultat, annexes, liasse fiscale),
- Liasse "pilier 3 de Solvabilité II" (nouveau dossier annuel ACP).

De l'aveu même de nombreux directeurs comptables du top 20 de l'assurance en France, depuis l'annonce de la réforme Solvabilité II, les efforts se sont trop focalisés sur le premier pilier. Il est grand temps de prendre conscience des difficultés liées à la mise en œuvre du pilier 3 et de réfléchir sérieusement au moyen de s'y préparer efficacement.

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