Relever les nouveaux défis du e-commerce grâce au Cloud Computing

Les e-marchands se trouvent confrontés à de nouveaux enjeux : le développement de leur stratégie commerciale les conduit à étoffer et décliner leur site marchand sur davantage de canaux et de matériels.

Boutiques spécialisées, sites événementiels, nouvelles lignes de produits, soldes, ventes flash, lancement sur de nouvelles zones géographiques, sur le Web, smartphones, bornes tactiles et tablettes tactiles... Les E-Marchands innovent sans cesse pour se démarquer et créent de nouveaux sites ou de nouvelles offres qui doivent être mis en ligne très rapidement, avec les meilleures performances pour supporter les pics de trafic sur des périodes d’activité soutenues.

Dans ce contexte, pour disposer de serveurs toujours prêts, le choix du Cloud est une alternative à examiner avec attention, d'autant qu'il soulève encore des questions d'ordre technique, financier ou juridique.

Les enjeux d'exploitation du commerce connecté
Les enjeux d'exploitation que nous constatons chez les e-Marchands sont de plusieurs ordres :

- Time to Market : comment obtenir rapidement l'infrastructure nécessaire pour mettre en ligne de nouveaux sites ?
- Disponibilité et performance : comment faire face à l'accroissement des volumes du catalogue des transactions et de la fréquentation des sites ? Comment garantir les performances sur des zones géographiques éloignées ?
- Sécurité : quelle sécurité contre les attaques de plus en plus fréquentes et sophistiquées ?
- ROI : comment calculer le ROI des différentes solutions (Cloud, hébergeur externe, hébergement interne) notamment dans le cas de sites ponctuels ? Quel prix pour quelle solution ? Quelle indépendance vis-à-vis de son prestataire ?

La mise en place de l'infrastructure d'exploitation (serveurs, réseau, logiciels de base...) ne doit pas être un frein à l'innovation : la mise sur le marché de nouvelles offres permet aux e-Marchands de se démarquer et de conquérir de nouvelles parts de marché. Mais, il leur faut pour cela être réactif et maîtriser le ROI des solutions choisies.

Relever les défis du e-commerce
Selon Fabien Deneuville de Presales& Solutions Manager chez NTT Communications, pour répondre aux défis actuels du e-commerce, notamment pour les micro-sites, les problématiques de saisonnalité, et pour mieux gérer la complexité, il faut associer plusieurs composantes : un bon opérateur d'infrastructure télécom d'hébergement, un CDN pour améliorer les temps de réponse et le référencement, et une solution de Cloud.
Les besoins varient selon les projets. Ouvrir un pays, lancer une nouvelle marque ou une nouvelle fonctionnalité innovante impactent directement le site Web, mais de manière variable. Le niveau de complexité peut devenir paralysant pour l'e-marchand.

Les bénéfices du cloud pour les e-marchands
Le Cloud Computing est utilisé par de plus en plus d'éditeurs de logiciels qui ont choisi de proposer à leurs clients une solution en mode SaaS. Le SaaS (Software as a Service) est une solution clé en main dans laquelle les clients n'ont pas à se soucier de l'exploitation et de la maintenance de l'infrastructure et des machines.
Les solutions de Cloud proposent d'autres attraits : un pricing orienté business qui abstrait la technologie et la "consommation de ressources", une diminution significative du coût de possession (TCO), des garanties de service (taux de disponibilité, etc.), une réelle flexibilité et une forte réactivité pour adapter la puissance à la saisonnalité des activités des e-marchands, une couverture internationale et une minoration des coûts de gestion et d'exploitation.

Cloud Computing : rêve ou cauchemar de juriste ?

L'étendue du champ couvert par le Cloud, associé à la complexité due au nombre de modèles, rend la problématique juridique complexe. "Elle est similaire à celle d'une externalisation classique mais avec une acuité renforcée, en particulier à cause des risques liés à la localisation des données et à la perte de la maîtrise de son système d'information", explique Denise Lebeau-Marianna, avocate à la cour, cabinet Baker & McKenzie. Le prestataire peut en effet utiliser lui-même une chaîne de sous-traitants dont le client n'a pas connaissance.


Un encadrement contractuel des offres de services Cloud Computing est donc nécessaire. Il faut tout d'abord bien définir le périmètre: cartographie des traitements, sensibilité des données, applications couvertes. Avec l'explosion des offres d'acteurs comme Google, Microsoft, Salesforce ou Amazon, on constate l'émergence de contrats standards de services, qui répondent justement à la promesse de réactivité du Cloud. Mais pour les projets complexes, des contrats sur mesure sont recommandés.
Parmi les clauses juridiques incontournables on trouve : le niveau de service et la continuité, la sécurité et la confidentialité, les conditions financières, la responsabilité et la réversibilité du contrat.

Concernant la problématique des données, c'est une protection à négocier fermement. Selon la sensibilité des données (ex : données personnelles, bancaires, de santé), une juridiction spécifique peut s'appliquer. Le bon réflexe juridique est la mise en place des garanties suffisantes de sécurité et de confidentialité (sécurité organisationnelle et physique: respect de politique d'accès du personnel, logiciels, mesures de protection spécifiques pour les données sensibles).

Pour une PME, il est plus simple de privilégier les solutions qui localisent les données en Europe, pour simplifier les contrats. Des zones d'ombres persistent en effet. La localisation des données est difficile à traiter, en particulier avec l'intervention de sous-traitants et la problématique de transfert des données, qui peut donner lieu à des failles de sécurité importantes.

Les différents modèles de Cloud
Pour mieux comprendre les apports du Cloud, il est important de classer les différents modèles offerts. Les Infrastructures as a Service (IaaS), Platform as a Service (PaaS) et Software as a Service (SaaS) correspondent aux différentes "couches" du système d'information auxquelles les entreprises peuvent désormais accéder via le Cloud. Ces modèles offrent tous les mêmes caractéristiques qui définissent le Cloud : service à la demande, accès à un réseau à large bande, accès à des ressources multiples, élasticité et rapidité, services mesurés, flexibles et adaptables à la demande.

Concernant l'offre d'IaaS, NTT distingue quatre types de Cloud, qui présentent comme intérêt un environnement dédié, élastique, avec une politique de sécurité sur-mesure et raccordable au système d'information et au réseau de l'entreprise. Car tous les services ne sont pas virtualisables : pour certains types de bases de données ou d'applications, il faut pouvoir déployer ses propres serveurs dédiés.

L'intérêt du Cloud réside en grande partie dans sa flexibilité. L'utilisateur peut rester maître de ses ressources et de leur affectation. Il peut aussi créer des machines virtuelles "à la volée" et les adapter, si la solution le permet, aux besoins de ses applications, en termes de puissance et de stockage par exemple. Il peut aussi en ordonnancer l'utilisation selon les événements prévisibles (par exemple une publicité télévisée qui déclenche un pic de trafic). L'important est de pouvoir maîtriser la continuité de l'activité en passant d'un Cloud à un autre. Pour cela, il faut s'appuyer sur des normes de confidentialité des données, et de gestion des processus, comme par exemple la norme ISO IEC 20 000.

Exemple de déploiement international

Arkadin commercialise en ligne des solutions de conférence Web qui nécessitent une infrastructure solide et souple. L'entreprise s'est développée très rapidement et propose aujourd'hui ses services dans le monde entier.


L'ambition d'Arkadin est de pouvoir offrir aux clients une infrastructure "follow the sun". En effet, le client exige le même niveau de service partout dans le monde.Déployer une infrastructure mondiale permet notamment d'optimiser l'utilisation des infrastructures. La loi d'Erlang par exemple est un modèle d'extrapolation qui montre que pendant 24h, dans le monde entier, pour une zone donnée, les ressources en serveur ne sont utilisées efficacement que pendant 6h.

Une infrastructure mondiale permet de déployer plus facilement dans les cas où les données doivent être localisées. La sécurité, quant à elle, doit être proposée de façon différenciée selon les zones géographiques, car elle ne répond pas forcément aux mêmes contraintes et aux mêmes menaces.

Dans de nombreux cas, il est important de disposer de plates-formes dupliquées à l'échelle mondiale, ainsi que d'un plan de reprise d'activité (PRA) et de normes de sécurité adaptées aux menaces de chaque zone géographique.

Nous conseillons une mise en œuvre progressive : zones de test, développement (nouvelles versions de sites), pré-production, nouveaux sites, puis extension sur les plates-formes traditionnelles. La montée en charge doit elle aussi se faire progressivement : plate-forme stressée avant la mise en production, formation et intégration prévues dans le cycle de développement.

L'avis des entreprises sur le Cloud
Une étude réalisée par Accenture démontre la valeur ajoutée du Cloud Computing, notamment à travers son adoption à un rythme soutenu dans le monde : 19% des entreprises utilisent déjà le Cloud pour leurs applications critiques. En France, elles sont même 33%, et 35% pour des applications non critiques.

Le Cloud transforme également les organisations. 60% des cadres interrogés lors de cette enquête sont persuadés que le Cloud Computing peut améliorer leur flexibilité et leur réactivité dans les cinq années à venir. 54% pensent qu'ils pourront réduire leurs coûts d'exploitation. 46% d'entre eux pensent que le Cloud permettra aussi de mettre en place de nouvelles méthodes de travail.
 
En synthèse
Les avantages du Cloud sont nombreux. En termes de maîtrise des coûts, la facturation est prévisible et budgétisable, un serveur virtuel non utilisé n'est pas facturé, et il est possible de disposer de modèles de sites en stock, prêts à être déployés. Le Cloud offre également la maîtrise de son infrastructure. Il permet de redémarrer un serveur sans délai en conservant les données dans l'état où elles étaient quand il s'est arrêté. C'est également un modèle qui évolue avec les besoins de votre projet, grâce à l'extension possible du modèle Hybride Cloud : un Cloud élastique, avec le choix de la localisation.

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